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jeudi, 19 mai 2016

Extrait de UN DE BAUMUGNES, livre de Jean GIONO

De toute l'après-midi, bien sûr, il ne fallut pas penser à mettre la main sur Saturnin. Il était là-bas - je le voyais - dans le fin fond du verger à regarder dans la ramure des vieux arbres et, comme une fois je faisais mine d'y aller aussi, il s'écarta vers la saulaie en marchant comme les canards. Le grain, vous pensez bien, ça avait été trié et mesuré très vite, on avait à peine foulé un jour, et, quant à faire autre chose, il n'y fallait pas compter. A cette époque de l'année, toutes les heures c'est pour le blé ; alors je restai là, à regarder mon aire bien propre de goût d'artiste en fait d'aire, et souple au pied, et dure aux épis, et puis sa rondeur juste et l'air heureux qu'elle avait avec son poids de paille et de grain. C'était réussi. Je regardais aussi à quoi elle ressemblait dans le milieu de cette terre méchante : à un bouquet. Je regardais aussi la maison, la maison en pierre, les murs et les tuiles et le bois des volets, et le bois des portes, tout cela bien joint, bien fermé sur l'air noir du dedans et je ne pouvais pas arriver à comprendre pourquoi c'était si bien fermé, pourquoi on avait mis cet air du dedans à l'abri de nos mains et de notre oeil.

(Résumé : À la Buvette du Piémont, un vieux journalier est attiré par un grand gars qui paraît affreusement triste ; il provoque ses confidences : Albin vient de la montagne, de Baumugnes. Trois ans auparavant, il était tombé amoureux fou d’une fille qui s’est laissé séduire par le Louis, «un type de Marseille, un jeune tout creux comme un mauvais radis». Le Louis ne lui avait pas caché que son intention était de mettre la fille sur le trottoir. Depuis, Albin est inconsolable, traînant de ferme en ferme, sans se résoudre à remonter à Baumugnes. Alors le vieux, qui n’est que bonté, décide d’aider Albin.
Un de Baumugnes est le deuxième roman de la trilogie de Pan, les deux autres étant Colline et Regain.)

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dimanche, 15 mai 2016

QUELQUES FLEURS AU JARDIN, CE MATIN

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lundi, 09 mai 2016

AU VILLAGE

Les vieilles maisons grises

S'endorment

La lumière se brise

Sous l'orme

On dirait que tout se meurt

Lentement

Pierrot frissonne de peur

En passant

Au-dessus de la source

Ancienne

Il a peur pour sa bourse

La scène

Des vieux assis sur un banc

Rassure

Ils racontent triomphants

L'aventure

De leur ami le berger

Négligé

Parti dans les Cévennes

Pour Hélène

Pierrot pressé de rentrer

Regarde

Les vieux murs gris soupirer

Bavarde

Etait la rue cet été

Désertée

Même les chèvres sont rentrées

Fatiguées.

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jeudi, 05 mai 2016

BENEDICTE

Un jour sans téléphone

Elle a cru devenir folle

Ne plus parler à personne

Elle en a eu ras le bol

Elle s'appelle Bénédicte

Elle est complètement addict

A toutes sortes d'applications

A la communication

Elle n'a plus de vie privée

Elle ne cherche qu'à s'exposer

Elle ne pense pas au danger

De perdre sa liberté.

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lundi, 02 mai 2016

ICI

C'est ici 

Que le monde

Vit en rose

Et en bleu.

(Villeneuve les Maguelone - 34).

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vendredi, 29 avril 2016

ZOE VOYAGE

ZOE voyage en tramway avec son papa et sa maman. Comme une grande, elle porte un sac à main.

Maman l'a coiffée de longues tresses maintenues au-dessus de la tête, en chignon.

Zoé regarde autour d'elle, puis ouvre la fermeture éclair de son sac. Elle en sort des lunettes de soleil qu'elle garde dans la main.

Maman la regarde et lui demande :

- tu ne mets pas tes lunettes ?

- non...

- alors range-les.

- non...

- Il faut les mettre.

- non...

Zoé réfléchit un moment en regardant par la fenêtre puis remet ses lunettes dans son sac.

Elle regarde à nouveau autour d'elle et prend son téléphone portable bleu et blanc au fond de son sac.

Elle parle à sa maman puis cherche son papa qui se trouve debout, derrière elles.

Pensive, elle range son téléphone dans le sac et regarde de nouveau autour d'elle... Puis, au signal de papa, tous les trois descendent du tramway.

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dimanche, 24 avril 2016

Le JARDIN

Le jardin, en début de semaine, sous un soleil resplendissant. 

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vendredi, 22 avril 2016

John DOWLAND : The Frog Galliard


dimanche, 17 avril 2016

SOLITUDE

La solitude est sans attraits pour la plupart des hommes parce qu'elle ne leur fournit pas assez de pensées qui leur plaisent (Pierre NICOLE).

(Pierre Nicole était un théologien et un controversiste français, né le 19 octobre 1625 à Chartres, et décédé le 16 novembre 1695 à Paris. Il est considéré comme un des principaux auteurs jansénistes).

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La solitude est utile. Il faut parfois ne parler qu'avec soi-même. On entend alors de dures vérités ou d'agréables mensonges selon qu'on s'analyse ou qu'on s'imagine (Henri de REGNIER).

 

lundi, 11 avril 2016

QUI SONT CES COUPLES ?

Qui sont ces jeunes couples

Qui dansent en boucle

Qui croquent l'amour

Et parlent de toujours

Qui se croient beaux

Tel un tableau

S'envoient des fleurs

Parlent avec le coeur

De l'avenir à deux

Ne parlent que d'eux

Dévorent la vie

Se sont épris

Avant que la mort

Cruel sort

Ne songe à eux ?

La course des jours

Et de leur amour

Rend plus amoureux.

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