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samedi, 02 mai 2020

MAUVIETTE

Une personne faible et craintive est parfois appelée une "mauviette". Ce terme est apparu dans le courant du 17ème siècle et se réfère à un animal : le surnom de l'alouette, oiseau très présent dans les campagnes de l'époque.

N'ayant pas l'habitude de migrer avant l'hiver, la "mauviette" avait tendance à engraisser afin de pouvoir rester sur place et affronter les rigueurs du climat. On avait alors l'habitude de dire "gras comme une mauviette". Sa chair était particulièrement tendre et douce, au contraire des autres volatiles. A partir du 19ème siècle, on a commencé à comparer les personnes molles et peu coriaces à des "mauviettes". Avec le temps, ce sens péjoratif s'est étendu aux personnes au physique chétif aussi bien qu'à celles manquant de courage face au danger.

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jeudi, 23 avril 2020

COLETTE - La Maison de Claudine

"Il y eut un temps où avant de savoir lire, je me logeais en boule entre deux tomes du Larousse comme un chien dans sa niche. Labiche et Daudet se sont insinués tôt dans mon enfance heureuse, maîtres condescendants qui jouent avec un élève familier. Mérimée vint en même temps, séduisant et dur, et qui éblouit parfois mes huit ans d'une lumière inintelligible. Les Misérables aussi, oui, Les Misérables, malgré Gavroche ; mais je parle là d'une passion raisonneuse qui connut des froideurs et de longs détachements. Point d'amour entre Dumas et moi, sauf que Le Collier de la Reine rutila, quelques nuits, dans mes songes, au col condamné de Jeanne de la Motte. Ni l'enthousiasme fraternel, ni l'étonnement désapprobateur de mes parents n'obtinrent que je prisse de l'intérêt aux Mousquetaires..."

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samedi, 14 mars 2020

NICOLAS BOILEAU : A mon jardinier, Epître

Antoine, de nous deux, tu crois donc, je le voi,

Que le plus occupé dans ce jardin, c'est toi.

Oh ! que tu changerais d'avis et de langage,

Si, deux jours seulement, libre du jardinage,

Tout à coup devenu poète et bel esprit,

Tu t'allais engager à polir un écrit

Qui dît, sans s'avilir, les plus petites choses,

Fît des plus secs chardons des œillets et des roses,

Et sût même aux discours de la rusticité

Donner de l'élégance et de la dignité...

... Bientôt, de ce travail devenu sec et pâle,

Et le teint plus jauni que de vingt ans de hâle,

Tu dirais, reprenant ta pelle et ton râteau :

"J'aime mieux mettre encor cent arpents au niveau,

Que d'aller follement, égaré dans les nues,

Me lasser à chercher des visions cornues,

Et, pour lier des mots si mal s'entr'accordants,

Prendre dans ce jardin la lune avec les dents. »

Approche donc, et viens; qu'un paresseux t'apprenne,

Antoine, ce que c'est que fatigue et que peine.

L'homme ici-bas, toujours inquiet et gêné,

Est, dans le repos même, au travail condamné.

La fatigue l'y suit. C'est en vain qu'aux poètes

Les neuf trompeuses Sœurs, dans leurs douces retraites,

Promettent du repos sous leurs ombrages frais :

Dans ces tranquilles bois, pour eux plantés exprès,

La cadence aussitôt, la rime, la césure,

La riche expression, la nombreuse mesure,

Sorcières, dont l'amour sait d'abord les charmer,

De fatigues sans fin viennent les consumer.

Sans cesse, poursuivant ces fugitives fées,

On voit sous les lauriers haleter les Orphées.

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mardi, 25 février 2020

DURER DES PLOMBES

Lorsqu'une activité risque de prendre beaucoup de temps, on dit parfois familièrement qu'elle va "durer des plombes", avant d'en voir la fin.

Cette expression est apparue dans le courant du 19ème siècle, elle vient au départ du monde de l'horlogerie. A cette époque, le plomb, métal gris et très lourd, était en effet souvent utilisé dans la conception des horloges et pendules, qui étaient beaucoup plus massives que celles que l'on fabrique aujourd'hui. C'était en particulier le cas des poids dont le mouvement entraînait celui des aiguilles. On a utilisait alors le verbe "plomber" qui était synonyme de "sonner l'heure". Par extension, en argot, on a fini par associer "une plombe" et une heure. Une personne qui attend très longtemps dans une file d'attente entend donc plusieurs fois les cloches sonner.

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samedi, 22 février 2020

PETITS TRESORS

Au fond des armoires

Des petits trésors

Que l'on a oubliés

Nous attendent.

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vendredi, 31 janvier 2020

FONTAINE, EAU

Il ne faut pas dire : Fontaine, je ne boirai pas de ton eau.

Il ne faut pas assurer qu'on n'aura pas besoin d'une telle personne ou telle chose. Allusion à l'aventure d'un ivrogne qui jurait sans cesse qu'il ne boirait jamais d'eau et qui se noya dans le bassin d'une fontaine.

Un homme qui ne boit que de l'eau à un secret à cacher à ses semblables (Charles BAUDELAIRE).

L'eau fait pleurer, le vin chanter.

L'eau fait pourrir la barque.

Il n'est pire eau que l'eau qui dort.

L'eau trouble est le gain du pêcheur.

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vendredi, 24 janvier 2020

TIRER A PILE OU FACE

L'origine de cette expression date du Moyen Age. Au XIIème siècle, la pile désignait l'outil destiné à graver, à "piler" la valeur de la pièce. Il s'agissait d'une sorte de petite enclume arborant les motifs désirés que l'on pressait fortement sur la pièce. 

Le mot "face" faisait référence au portrait du souverain frappé sur l'autre côté. Une tradition qui existait depuis l'Antiquité, et seulement interrompue au Moyen Age car le clergé les avait fait remplacer par une croix, symbole de l'Eglise. On jouait d'ailleurs à cette époque à "croix et pile". Les portraits des monarques sont réapparus en France en 1548, sous Henry II. Ils ont fini par être remplacés, après la Révolution, par des symboles, comme Marianne ou la Semeuse.

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lundi, 20 janvier 2020

En lecture, LES CHASSEURS DE PAPILLONS de Gilbert BORDES

Depuis qu'il a surpris sa maman en train de faire des bêtises avec le jeune homme qui se cache dans la ferme voisine, Claude, 12 ans, sent qu'il faut faire quelque chose. En ce printemps 1944, son père, dont il s'est fait un héros, est toujours prisonnier en Allemagne. Alors c'est décidé, “Il faut aller chercher papa.”
Muni de cartes et armé d'une boussole, son petit frère trottinant derrière lui, le gamin s'engage sur les chemins de Corrèze, vers quelque incertaine Poméranie. Et si on nous interroge ? On dira qu'on est juifs. Et si on nous rattrape ? On dira qu'on allait à la chasse aux papillons.

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samedi, 19 octobre 2019

LE PLUS LONGTEMPS POSSIBLE

Les vagues frôlent le quai

On remonte au port

Sous un ciel de nuages

Et de doux paysages.

Il me dit : vis le plus

Longtemps possible

Je voudrais oui, mais

Le corps décide

Et sans volonté

De moi, des autres

Tout s'épuise un jour.

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mardi, 08 octobre 2019

MI-FIGUE, MI-RAISIN

Lorsqu'une personne a un avis mitigé sur un sujet, elle peut le définir comme mi-figue, mi-raisin, c'est à dire aussi bon que mauvais. Cette expression apparue au début du Moyen Age est issue de la popularité des deux aliments qui faisaient partie des fruits secs le plus souvent consommés par les chrétiens lors du carême. Toutefois, le raisin était considéré comme un mets raffiné, et donc très apprécié, tandis que la figue était beaucoup moins courante et bon marché, sa forme était souvent comparée à celle d'un excrément d'animal. Il arrivait même que les marchands ajoutent des morceaux de figues, lourds et peu chers, dans les raisins secs qu'ils vendaient pour duper les clients. On disait donc qu'une situation était "moitié-figue, moitié-raisin". Puis le terme "moitié" a été simplifié en "mi" au 18ème siècle.

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