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jeudi, 23 avril 2020

COLETTE - La Maison de Claudine

"Il y eut un temps où avant de savoir lire, je me logeais en boule entre deux tomes du Larousse comme un chien dans sa niche. Labiche et Daudet se sont insinués tôt dans mon enfance heureuse, maîtres condescendants qui jouent avec un élève familier. Mérimée vint en même temps, séduisant et dur, et qui éblouit parfois mes huit ans d'une lumière inintelligible. Les Misérables aussi, oui, Les Misérables, malgré Gavroche ; mais je parle là d'une passion raisonneuse qui connut des froideurs et de longs détachements. Point d'amour entre Dumas et moi, sauf que Le Collier de la Reine rutila, quelques nuits, dans mes songes, au col condamné de Jeanne de la Motte. Ni l'enthousiasme fraternel, ni l'étonnement désapprobateur de mes parents n'obtinrent que je prisse de l'intérêt aux Mousquetaires..."

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vendredi, 20 mars 2020

JOURNAL de Anne Frank (extraits)

Dimanche 11 juillet 1943 : les gens libres ne pourraient jamais concevoir ce que les livres représentent pour les gens cachés. Des livres, encore des livres, et la radio - c'est toute notre distraction.
Mercredi 17 novembre 1943 : il y a une épidémie dans la maison d'Elli ; elle est en quarantaine et ne pourra donc venir chez nous pendant six semaines. C'est très embarrassant, car elle est responsable de notre ravitaillement et des courses ; puis, elle nous remonte le moral et elle nous manque terriblement.
Samedi 12 février 1944 : le soleil brille, le ciel est d'un bleu intense, le vent est alléchant, et j'ai une envie folle - une envie folle - de tout... De bavardages, de liberté, d'amis, de solitude.
Mercredi 23 février 1944 : beaucoup de choses nous manquent ici, beaucoup et depuis longtemps, et j'en suis privée autant que toi. Je ne veux pas dire physiquement, nous avons ce qu'il nous faut. Non, je parle des choses qui se passent en nous, tels les pensées et les sentiments. J'ai la nostalgie autant que toi de l'air, de la liberté. Mais je me suis mise à croire que nous avons une compensation énorme à toutes ces privations. Je m'en suis rendu compte tout à coup, ce matin, devant la fenêtre ouverte. Je veux dire une compensation de l'âme. En regardant au-dehors, donc Dieu, et en embrassant d'un regard droit et profond la nature, j'étais heureuse, rien d'autre qu'heureuse.

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mercredi, 05 février 2020

En lecture, HARRICANA de Bernard CLAVEL

RESUME :

A la fin du 19ème siècle, la famille Robillard vit sur des terres arides au Canada. Raoul vient annoncer à sa famille qu'il a trouvé un endroit plus intéressant se trouvant à 20 jours de marche, de canotage et de portage, dans une nature vierge et sauvage. La famille composée du père, de la mère, soeur de Raoul, de leur fils aîné, Stéphane, 12 ans, d'un autre fils et d'une fille, se rend dès le lendemain sur le chemin découvert par Raoul. Leur acharnement finit par payer, ils arrivent sur le tracé de la voie ferrée en construction qui reliera l'atlantique au pacifique.

Ce livre est le tome 1 d'une série romanesque en 6 volumes que Bernard CLAVEL a écrite de 1983 à 1989. Le récit se passe au Canada, dans la province du Québec où l'écrivain a résidé.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Royaume_du_Nord

 

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lundi, 20 janvier 2020

En lecture, LES CHASSEURS DE PAPILLONS de Gilbert BORDES

Depuis qu'il a surpris sa maman en train de faire des bêtises avec le jeune homme qui se cache dans la ferme voisine, Claude, 12 ans, sent qu'il faut faire quelque chose. En ce printemps 1944, son père, dont il s'est fait un héros, est toujours prisonnier en Allemagne. Alors c'est décidé, “Il faut aller chercher papa.”
Muni de cartes et armé d'une boussole, son petit frère trottinant derrière lui, le gamin s'engage sur les chemins de Corrèze, vers quelque incertaine Poméranie. Et si on nous interroge ? On dira qu'on est juifs. Et si on nous rattrape ? On dira qu'on allait à la chasse aux papillons.

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samedi, 14 septembre 2019

BELLA (Jean Giraudoux)

BELLA est l'histoire de deux familles sous la 3ème République. Deux familles ennemies et puissantes que la politique oppose. Au milieu de ces familles, Bella et Philippe qui s'aiment et désirent se marier. Ce livre a été publié en 1926.

Extrait : La seule table vide était près de la nôtre. Bella eut une hésitation dans sa marche ; je sentais qu'elle se demandait si elle aurait le courage de se placer face à moi, pour m'éviter la vue de son beau-père. Mais Rebendart déjà s'installait, et je la voyais de dos. Elle était ployée, elle m'offrait le fermoir de son collier, le laçage de sa robe, le noeud de ses cheveux, les boutons de sa tunique, car elle aimait être boutonnée par-derrière, jamais par-devant ou par côté. Elle sentait mes regards sur elle, elle sentait que tous ses sentiments, toute sa résistance avaient leur fermoir derrière elle, j'avais sous les yeux tout ce qui pouvait la rendre nue et défaillante. Rien de plus lourd que le chagrin sur des épaules de femme ; cet affaissement de champion qui lève cent vingt kilos, l'idée de ma présence le provoquait sur Bella. Ah ! comme le record en poids de la mélancolie était battu ! Ah ! que les épinards renommés furent les bienvenus ! Elle se laissa aller dès qu'ils furent servis, elle se courba sur eux comme sur une prairie. Par-devant elle bavardait, elle riait, mais ses épaules et ses reins succombaient. Parfois d'une main qui semblait venir d'une amie elle tâtait le fermoir du collier, le premier bouton de la blouse, le peigne. Puis la main, sentant mon regard, disparaissait. On eût dit une main de voleuse, mais elle partait toujours vide. Que la peine est belle sur un être beau ! Bella était plus forte, plus épanouie que lorsqu'elle m'avait quitté. Notre rupture lui avait valu ce que cause aux autres femmes un enfant. Le souci avait arrondi ses épaules, donné à son dos ce beau volume, gonflé un peu ses bras, chassé les muscles de son cou, la renfermant toute dans une gaine. Jamais plus je n'étreindrais ce corps léger et remuant, il était cousu dans une peau plus charnue et veloutée. Je ne pourrais plus que le sentir se débattre au sein de cette autre femme, qui le retenait par une couture sans marque, que la main surgissant à nouveau semblait chercher. Elle était à peu près immobile. Elle savait que si elle s'inclinait d'un côté ou de l'autre, elle me dévoilait la tête de Rebendart...

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Giraudoux

 

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samedi, 24 août 2019

LE PETIT CHOSE

J'avais envie de relire LE PETIT CHOSE d'Alphonse Daudet que j'avais acheté pour mes 16 ans, en collection Livre de Poche, et qui m'a suivi dans mes divers déménagements. A l'époque (1968), je ne me doutais pas que 7 ans après j'allais m'installer près de Nimes et des Cévennes. Ce roman est en grande partie autobiographique, il parle de sa ville natale du Languedoc où on trouve beaucoup de soleil et de la fabrique du père. Malheureusement, la fabrique est vendue et la famille Eyssette doit partir pour Lyon. A la suite de la faillite du père, Le Petit Chose trouve une place de surveillant au Collège d'Alès (Sarlande dans le livre), petite ville des Cévennes. Pour la première fois il est confronté aux humiliations et sarcasmes.

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samedi, 23 février 2019

JE LIS

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samedi, 03 novembre 2018

L'OISEAU BAGUE (Jean GIONO)

Quand on attend violemment quelque chose, toujours, toujours, il faut être très équilibré pour ne pas devenir fou, et, à la fin, prendre en soi-même la force de ne plus attendre.

L'oiseau bagué GIONO.jpg

lundi, 15 octobre 2018

L'AVERTISSEUR (Les Fleurs du Mal - Charles BAUDELAIRE)

Tout homme digne de ce nom

A dans le coeur un Serpent jaune,

Installé comme sur un trône,

Qui, s'il dit : "Je veux !" répond : "Non !"

Plonge tes yeux dans les yeux fixes

Des Satyresses ou des Nixes,

La Dent dit : "Pense à ton devoir !"

Fais des enfants, plante des arbres,

Polis des vers, sculpte des marbres,

La Dent dit : "Vivras-tu ce soir ?"

Quoi qu'il ébauche ou qu'il espère

L'homme ne vit pas un moment

Sans subir l'avertissement

De l'insupportable Vipère.

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mercredi, 26 septembre 2018

LES CONTES DU CHAT PERCHE, MARCEL AYME, Contes pour les enfants de quatre à soixante quinze ans

Je relis Les contes du chat perché de Marcel Aymé, ce sont des contes, comme le dit l'auteur, pour les enfants de 4 à 75 ans...

Voici un extrait du chapitre Les Boeufs.

"Delphine soupirait : 

- Dire que nous avons deux mois de vacances, deux mois qui pourraient être si utilement employés. Mais quoi ? Il n'y a personne.

Dans l'étable de leurs parents, il y avait deux boeufs de la même taille et du même âge, l'un tacheté de roux, l'autre blanc et sans tache. Les boeufs sont comme les souliers, ils vont presque toujours par deux. C'est pourquoi l'on dit "une paire de boeufs". Marinette alla d'abord au boeuf roux et lui dit en lui caressant le front : 

- Boeuf, est-ce que tu ne veux pas apprendre à lire ?

D'abord, le grand boeuf roux ne répondit pas. Il croyait que c'était pour rire.

- L'instruction est une belle chose ! appuya Delphine. Il n'y a rien de plus agréable, tu verras, quand tu sauras lire.

Le grand roux rumina encore un moment avant de répondre, mais au fond, il avait déjà son opinion.

- Apprendre à lire, pour quoi faire ? Est-ce que la charrue en sera moins lourde à tirer ? Est-ce que j'aurai davantage à manger ? Certainement non. Je me fatiguerais donc sans résultat ? Merci bien, je ne suis pas si bête que vous croyez, petites. Non, je n'apprendrai pas à lire, ma foi non.

- Voyons, boeuf, protesta Delphine, tu ne parles pas raisonnablement, et tu ne penses pas à ce que tu perds? Réfléchis un peu.

- C'est tout réfléchi, mes belles, je refuse. Ah ! si encore il s'agissait d'apprendre à jouer, je ne dis pas.

Marinette, qui était un peu plus blonde que sa soeur, mais plus vive aussi, déclara que c'était tant pis pour lui, qu'on allait le laisser à son ignorance et qu'il resterait toute sa vie un mauvais boeuf".

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