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samedi, 20 février 2021

SONNET ASTRONOMIQUE de Charles CROS

Charles CROS
Recueil : "Le coffret de santal"

Alors que finissait la journée estivale,
Nous marchions, toi pendue à mon bras, moi rêvant
A ces mondes lointains dont je parle souvent.
Aussi regardais-tu chaque étoile en rivale.

Au retour, à l’endroit où la côte dévale,
Tes genoux ont fléchi sous le charme énervant
De la soirée et des senteurs qu’avait le vent.
Vénus, dans l’ouest doré, se baignait triomphale.

Puis, las d’amour, levant les yeux languissamment,
Nous avons eu tous deux un long tressaillement
Sous la sérénité du rayon planétaire.

Sans doute, à cet instant deux amants, dans Vénus,
Arrêtés en des bois aux parfums inconnus,
Ont, entre deux baisers, regardé notre terre.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Cros

 

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mercredi, 27 janvier 2021

POUR LES ENFANTS ET POUR LES RAFFINES (Max JACOB)

À Paris sur un cheval gris
À Nevers sur un cheval vert
À Issoire sur un cheval noir
Ah ! Qu'il est beau
Qu'il est beau
Ah ! Qu'il est beau
Qu'il est beau !
Tiou !
 
C'est la cloche qui sonne
Pour ma fille Yvonne
Qui est mort à Perpignan ?
C'est la femme du commandant !
Qui est mort à la Rochelle ?
C'est la mère au colonel !
Qui est mort à Épinal ?
C'est la femme du caporal !
Tiou !
 
Et à Paris, papa chéri
Fais à Paris
Qu'est-ce que tu me donnes à Paris ?
Je te donne pour ta fête
Un chapeau noisette
Un petit sac en satin
Pour le tenir à la main
Un parasol en soie blanche
Avec des glands sur le manche
Un habit doré sur tranche
Des souliers couleur orange
Ne les mets que le dimanche
Un collier des bijoux
Tiou !
 
C'est la cloche qui sonne
Pour ma fille Yvonne
C'est la cloche de Paris
Il est temps d'aller au lit
C'est la cloche de Nogent
Papa va en faire autant
C'est la cloche de Givet
Il est l'heure d'aller se coucher
Ah, non ! Pas encore ; dis
Achète-moi aussi
Une voiture en fer
Qui lève la poussière
Par-devant et par-derrière
Attention à vous
Mesdames les gardes-barrière
Voilà Yvonne et son p'tit père
Tiou !
 
 
 
 
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samedi, 02 janvier 2021

ACTUALITES

Le Maître des Neiges

Préfère sans bruit

Passer dans le froid

Pour éviter la pluie.

Dans le Biterrois 

S'invite la neige

Mais aussi à Narbonne

Là elle se transforme

En pluie, pas bonne

Pour faire un bonhomme

Le lance-flamme fond

Les flocons du trottoir

Je demande à voir

C'est ni oui ni non

Pluie ou neige

Je gamberge.

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mercredi, 28 octobre 2020

EN VOYAGE

Je suis partie en voyage

Au fond de mon jardin

Sans la permission vu mon âge

D'un diablotin, d'un assassin

Dès un rayon de soleil

Pour y voir des merveilles

En chasseresse

Avec allégresse

Voir le banquet de la nature

Et entendre ses murmures.

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samedi, 29 août 2020

SEPTEMBRE

L'odeur chaude de l'été fume

Sur les murs de la maison

Quand la pluie tombe le soir

En rideau de gouttelettes

J'ouvre les fenêtres blanches

Prudemment et j'entends

Au loin le tonnerre gronder

Cette fois septembre

Frappe à ma porte.

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samedi, 08 août 2020

LE SOIR (un de mes poèmes écrit en 2008)

J'aimais m'asseoir sur la terrasse

Quand le soleil courait derrière

Les arbres et les maisons, le soir.

Avant que la nuit ne m'enlace,

Les chats sortaient de leur tanière

Pour goûter la fraîcheur dans le noir

Le monde semblait si tendre.

Le calme ne se faisait pas attendre

Le soir tout entier me promettait

De garder pour lui tous mes secrets.

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jeudi, 30 juillet 2020

Poème écrit en 2008 "TON ETE"

Sous ton chapeau

Tes yeux rieurs

La couleur de l'été

T'allait si bien

Tu n'en savais rien

Sous la chaleur

Le paysage baignait

Devant toi les bateaux

Voguaient à volonté

Le vendeur de beignets

Criait et repassait

Tes cheveux tressés

Résistaient au vent

Les vagues ondulaient

Tu attendais le moment

De t'y enrouler

Comme une sirène

La peau couleur ébène.

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mardi, 05 mai 2020

VASES COMMUNICANTS

Je republie ici un ancien poème écrit le 21 avril 2008.

 

Faire le vide des mots

Qui assaillent mon cerveau

Un besoin mais les vases

Communicants de la vie

A chaque nouvelle phrase

Se vident puis se remplissent

Comme les fleuves dans leur lit

Courent vers la mer et glissent

Sans jamais disparaître

Les mots ne font que renaître.

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mardi, 31 mars 2020

FRANCOIS COPPEE : LA MORT DES OISEAUX

Le soir, au coin du feu, j'ai pensé bien des fois

A la mort d'un oiseau, quelque part, dans les bois,

Pendant les tristes jours de l'hiver monotone,

Les pauvres nids déserts, les nids qu'on abandonne,

Se balancent au vent sur le ciel gris de fer.

Oh ! comme les oiseaux doivent mourir l'hiver !

Pourtant, lorsque viendra le temps des violettes,

Nous ne trouverons pas leurs délicats squelettes

Dans le gazon d'avril, où nous irons courir.

Est-ce que les oiseaux se cachent pour mourir ?

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Copp%C3%A9e

 

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samedi, 14 mars 2020

NICOLAS BOILEAU : A mon jardinier, Epître

Antoine, de nous deux, tu crois donc, je le voi,

Que le plus occupé dans ce jardin, c'est toi.

Oh ! que tu changerais d'avis et de langage,

Si, deux jours seulement, libre du jardinage,

Tout à coup devenu poète et bel esprit,

Tu t'allais engager à polir un écrit

Qui dît, sans s'avilir, les plus petites choses,

Fît des plus secs chardons des œillets et des roses,

Et sût même aux discours de la rusticité

Donner de l'élégance et de la dignité...

... Bientôt, de ce travail devenu sec et pâle,

Et le teint plus jauni que de vingt ans de hâle,

Tu dirais, reprenant ta pelle et ton râteau :

"J'aime mieux mettre encor cent arpents au niveau,

Que d'aller follement, égaré dans les nues,

Me lasser à chercher des visions cornues,

Et, pour lier des mots si mal s'entr'accordants,

Prendre dans ce jardin la lune avec les dents. »

Approche donc, et viens; qu'un paresseux t'apprenne,

Antoine, ce que c'est que fatigue et que peine.

L'homme ici-bas, toujours inquiet et gêné,

Est, dans le repos même, au travail condamné.

La fatigue l'y suit. C'est en vain qu'aux poètes

Les neuf trompeuses Sœurs, dans leurs douces retraites,

Promettent du repos sous leurs ombrages frais :

Dans ces tranquilles bois, pour eux plantés exprès,

La cadence aussitôt, la rime, la césure,

La riche expression, la nombreuse mesure,

Sorcières, dont l'amour sait d'abord les charmer,

De fatigues sans fin viennent les consumer.

Sans cesse, poursuivant ces fugitives fées,

On voit sous les lauriers haleter les Orphées.

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