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samedi, 23 octobre 2021

Raymond QUENEAU... un petit poème...

Quand les poètes s'ennuient alors il leur ar-

Rive de prendre une plume et d'écrire un po-

Eme on comprend dans ces conditions que ça bar-

Be un peu quelque fois la poésie la po-

Esie.

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jeudi, 17 juin 2021

QUELQUES VERS (EXTRAITS)

Voici que vient l'été la saison violente

Et ma jeunesse est morte ainsi que le printemps

O Soleil c'est le temps de la Raison ardente.

Guillaume APOLLINAIRE

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Ses cheveux sont d'or on dirait

Un bel éclair qui durerait

Ou ces flammes qui se pavanent

Dans les roses-thé qui se fanent.

Guillaume APOLLINAIRE.

 

 

 

 

Anne qui se mélange au drap pâle et délaisse

Des cheveux endormis sur ses yeux mal ouverts

Mire ses bras lointains tournés avec mollesse

Sur la peau sans couleur du ventre découvert.

Paul VALERY.

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On a baptisé les étoiles sans penser

Qu'elles n'avaient pas besoin de nom et les nombres

Qui prouvent que les belles comètes dans l'ombre

Passeront, ne les forceront pas à passer.

Francis JAMMES.

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Que veut-il, que veut-il, ce coeur ? malgré la cendre

Du temps, malgré les maux,

Pense-t-il reverdir, comme tige tendre

Se couvre de rameaux ?

Jean MOREAS

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jeudi, 27 mai 2021

COMPLAINTE DE LA LUNE EN PROVINCE (Jules LAFORGUE)

Ah ! la belle pleine Lune,

Grosse comme une fortune !

 

La retraite sonne au loin,

Un passant, monsieur l’adjoint  ;

 

Un clavecin joue en face,

Un chat traverse la place :

 

La province qui s’endort !

Plaquant un dernier accord,

 

Le piano clôt sa fenêtre.

Quelle heure peut-il bien être ?

 

Calme Lune, quel exil !

Faut-il dire : ainsi soit-il ?

 

Lune, ô dilettante Lune,

À tous les climats commune,

 

Tu vis hier le Missouri,

Et les remparts de Paris,

 

Les fiords bleus de la Norvège,

Les pôles, les mers, que sais-je ?

 

Lune heureuse ! ainsi tu vois,

À cette heure, le convoi

 

De son voyage de noce !

Ils sont partis pour l’Écosse.

 

Quel panneau, si, cet hiver,

Elle eût pris au mot mes vers !

 

Lune, vagabonde Lune,

Faisons cause et mœurs communes ?

 

Ô riches nuits ! je me meurs,

La province dans le cœur !

 

Et la lune a, bonne vieille,

Du coton dans les oreilles.

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jules_Laforgue

 

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mercredi, 12 mai 2021

LE COUCHER DU SOLEIL ROMANTIQUE (Charles BAUDELAIRE)

Que le soleil est beau quand tout frais il se lève,

Comme une explosion nous lançant son bonjour !

- Bienheureux celui-là qui peut avec amour

Saluer son coucher plus glorieux qu'un rêve !

 

Je me souviens !... J'ai vu tout, fleur, source, sillon,

Se pâmer sous son oeil comme un coeur qui palpite...

- Courons vers l'horizon, il est tard, courons vite,

Pour attraper au moins un oblique rayon !

(photo personnelle, en Auvergne)

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mardi, 20 avril 2021

Fernando PESSOA

Suis ta destinée,
Arrose les plantes,
Aime les roses.
Le reste est l’ombre
D’arbres étrangers.

La réalité
Est toujours plus ou moins
Que ce que nous voulons.
Nous seuls sommes toujours
Égaux à nous-mêmes.

Vivre seul est doux,
Vivre simplement,
Toujours, est noble et grand,
Sur les autels, en ex-voto
Pour les dieux, laisse la douleur.

Regarde la vie de loin.
Ne l’interroge jamais.
Elle ne peut rien
Te dire. La réponse
Est au-delà des dieux.

Mais sereinement
Imite l’Olympe
Au fond de ton coeur.
Les dieux sont dieux
Parce qu’ils ne se pensent pas.

6 juillet 1935

Je ne pense à rien,
et cette chose centrale, qui n’est rien,
m’est agréable comme l’air de la nuit,
frais en contraste avec le jour caniculaire.

Je ne pense à rien, et que c’est bon !

Ne penser à rien,
c’est avoir une âme à soi et intégrale.
Ne penser à rien,
c’est vivre intimement
le flux et le reflux de la vie…
Je ne pense à rien.

C’est comme si je m’étais appuyé
dans une fausse posture.
Un mal aux reins, ou d’un côté des reins,
mon âme a la bouche amère :
c’est que, tout bien compté,
je ne pense à rien,
mais vraiment à rien,
à rien…

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fernando_Pessoa

 

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vendredi, 09 avril 2021

CHANCE (Paul GERALDY)

Et pourtant, nous pouvions ne jamais nous connaître !

Mon amour, imaginez-vous

tout ce que le Sort dut permettre

pour qu’on soit là, qu’on s’aime et pour que ce soit nous ?

 

Tu dis : << Nous étions nés l'un pour l'autre. >> Mais pense

à ce qu’il dut falloir de chances, de concours,

de causes, de coïncidences,

pour réaliser ça, simplement, notre amour !

 

Songe qu’avant d’unir nos têtes vagabondes

nous avons vécu seuls, séparés, égarés,

et que c’est long, le temps, et que c’est grand, le monde,

et que nous aurions pu ne pas nous rencontrer.

 

As-tu jamais pensé, ma jolie aventure,

aux dangers que courut notre pauvre bonheur

quand l’un vers l’autre, au fond de l’infinie nature,

mystérieusement gravitaient nos deux coeurs ?

 

Sais-tu que cette course était bien incertaine

qui vers un soir nous conduisait,

et qu’un caprice, une migraine

pouvaient nous écarter l’un de l’autre à jamais ?

 

Je ne t’ai jamais dit cette chose inouïe :

lorsque je t’aperçus pour la première fois,

je ne vis pas d’abord que tu étais jolie.

Je pris à peine garde à toi.

 

Ton amie m’occupait bien plus, avec son rire.

C’est tard, très tard, que nos regards se sont croisés.

Songe, nous aurions pu ne pas savoir y lire,

et toi ne pas comprendre, et moi ne pas oser.

 

Où serions-nous ce soir si, ce soir-là, ta mère

t’avait reprise un peu plus tôt ?

Et si tu n’avais pas rougi, sous les lumières,

quand je voulus t’aider à remettre ton manteau ?

 

Car, souviens-toi, ce furent là toutes les causes.

Un retard, un empêchement,

et rien n’aurait été du cher enivrement,

de l’exquise métamorphose !

 

Notre amour aurait pu ne jamais advenir !

Tu pourrais aujourd’hui n’être pas dans ma vie !…

 

Mon petit coeur, mon coeur, ma petite chérie,

je pense à cette maladie

dont vous avez failli mourir… 

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_G%C3%A9raldy

 

paul géraldy.jpg

 

vendredi, 02 avril 2021

FILS DE LA VIE

La vie se tricote

Et se détricote

Le bonheur se défile

Les soucis s'enfilent

Ils te piquent ton coeur

Tu dessines des fleurs

Au fil de tes toiles

Sur des échantillons

Des croix en médaillon

Gondolent les motifs

De tes soucis chétifs.

(Un de mes poèmes écrit le 24 août 2013 illustré par un de mes dessins)

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samedi, 20 février 2021

SONNET ASTRONOMIQUE de Charles CROS

Charles CROS
Recueil : "Le coffret de santal"

Alors que finissait la journée estivale,
Nous marchions, toi pendue à mon bras, moi rêvant
A ces mondes lointains dont je parle souvent.
Aussi regardais-tu chaque étoile en rivale.

Au retour, à l’endroit où la côte dévale,
Tes genoux ont fléchi sous le charme énervant
De la soirée et des senteurs qu’avait le vent.
Vénus, dans l’ouest doré, se baignait triomphale.

Puis, las d’amour, levant les yeux languissamment,
Nous avons eu tous deux un long tressaillement
Sous la sérénité du rayon planétaire.

Sans doute, à cet instant deux amants, dans Vénus,
Arrêtés en des bois aux parfums inconnus,
Ont, entre deux baisers, regardé notre terre.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Cros

 

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mercredi, 27 janvier 2021

POUR LES ENFANTS ET POUR LES RAFFINES (Max JACOB)

À Paris sur un cheval gris
À Nevers sur un cheval vert
À Issoire sur un cheval noir
Ah ! Qu'il est beau
Qu'il est beau
Ah ! Qu'il est beau
Qu'il est beau !
Tiou !
 
C'est la cloche qui sonne
Pour ma fille Yvonne
Qui est mort à Perpignan ?
C'est la femme du commandant !
Qui est mort à la Rochelle ?
C'est la mère au colonel !
Qui est mort à Épinal ?
C'est la femme du caporal !
Tiou !
 
Et à Paris, papa chéri
Fais à Paris
Qu'est-ce que tu me donnes à Paris ?
Je te donne pour ta fête
Un chapeau noisette
Un petit sac en satin
Pour le tenir à la main
Un parasol en soie blanche
Avec des glands sur le manche
Un habit doré sur tranche
Des souliers couleur orange
Ne les mets que le dimanche
Un collier des bijoux
Tiou !
 
C'est la cloche qui sonne
Pour ma fille Yvonne
C'est la cloche de Paris
Il est temps d'aller au lit
C'est la cloche de Nogent
Papa va en faire autant
C'est la cloche de Givet
Il est l'heure d'aller se coucher
Ah, non ! Pas encore ; dis
Achète-moi aussi
Une voiture en fer
Qui lève la poussière
Par-devant et par-derrière
Attention à vous
Mesdames les gardes-barrière
Voilà Yvonne et son p'tit père
Tiou !
 
 
 
 
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mardi, 31 mars 2020

FRANCOIS COPPEE : LA MORT DES OISEAUX

Le soir, au coin du feu, j'ai pensé bien des fois

A la mort d'un oiseau, quelque part, dans les bois,

Pendant les tristes jours de l'hiver monotone,

Les pauvres nids déserts, les nids qu'on abandonne,

Se balancent au vent sur le ciel gris de fer.

Oh ! comme les oiseaux doivent mourir l'hiver !

Pourtant, lorsque viendra le temps des violettes,

Nous ne trouverons pas leurs délicats squelettes

Dans le gazon d'avril, où nous irons courir.

Est-ce que les oiseaux se cachent pour mourir ?

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Copp%C3%A9e

 

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