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mardi, 31 mai 2022

REVEIL (Georges CHENNEVIERE 1884-1927)

Je n'ai pas ouvert les yeux,

Et je sens que le jour point.

Mon corps reste dans le lit,

Mais mon âme est déjà loin.

 

Elle goûte parmi l'aube

Un bonheur aérien,

Et revient de temps en temps

Me rappeler que j'existe.

 

La fenêtre est grande ouverte

Avec le store baissé.

Je suis baigné du même air

Que les feuilles et les nids...

 

On dirait que les oiseaux

Chantent tous dans le même arbre,

Et j'entends le bruit d'épingles

De leurs pattes sur les toits.

 

On n'a pas encor marché

Sur le sable des jardins,

Et toutes les rues sans hommes

Sont pareilles à des routes.

 

On arrose la chaussée ;

Mes draps me semblent plus frais.

Je sens l'odeur du savon

Qui est près de la cuvette.

 

Le fleuve s'est rajeuni

D'une eau qui a traversé

Les campagnes et la nuit.

Remorqueur, tu peux chanter.

 

Le canal n'a plus de rides :

Marinier, tu peux partir.

L'aube est pleine de voyages

Qui ne devraient pas finir...

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Chennevi%C3%A8re

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vendredi, 20 mai 2022

DOUCE PLAGE OU NAQUIT MON AME (Paul-Jean TOULET 1867-1920)

Douce plage où naquit mon âme ;

Et toi, savane en fleurs

Que l'Océan trempe de pleurs

Et le soleil de flamme ;

Douce aux ramiers, douce aux amants,

Toi de qui la ramure

Nous charmait d'ombre et de murmure,

Et de roucoulements ;

Où j'écoute frémir encore

Un aveu tendre et fier -

Tandis qu'au loin riait la mer

Sur le corail sonore.

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vendredi, 11 mars 2022

LE PRINTEMPS ET L'AUTOMNE (Pierre Jean de BERANGER - 1780-1857)

Deux saisons règlent toutes choses,
Pour qui sait vivre en s'amusant :
Au printemps nous avons les roses,
A l'automne un jus bienfaisant.
Les jours croissent, le cœur s'éveille ;
On fait le vin quand ils sont courts.
Au printemps, adieu la bouteille !
En automne, adieu les amours !

Mieux il vaudrait unir sans doute
Ces deux penchants faits pour charmer
Mais pour ma santé je redoute
De trop boire et de trop aimer.
Or, la sagesse me conseille
De partager ainsi mes jours :
Au printemps, adieu la bouteille !
En automne, adieu les amours !

Au mois de mai, j'ai vu Rosette,
Et mon cœur a subi ses lois.
Que de caprices la coquette
M'a fait essuyer en six mois !
Pour lui rendre enfin la pareille,
J'appelle octobre à mon secours.
Au printemps, adieu la bouteille !
En automne, adieu les amours !

Je prends, quitte et reprends Adèle,
Sans façons comme sans regrets.
Au revoir, un jour me dit-elle ;
Elle revient longtemps après.
J'étais à chanter sous la treille :
Ah ! dis-je l'année a son cours.
Au printemps, adieu la bouteille !
En automne, adieu les amours !

Mais il est une enchanteresse
Qui change à son gré mes plaisirs.
Du vin elle excite l'ivresse,
Et maîtrise jusqu'aux désirs.
Pour elle ce n'est pas merveille
De troubler l'ordre de mes jours,
Au printemps avec la bouteille,
En automne avec les amours.

PIERRE JEAN DE BERANGER.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre-Jean_de_B%C3%A9ranger

 

19:29 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (10)

dimanche, 27 février 2022

SOLEIL DE MARS (Jacques PREVERT)

à Cécile Miguel

Orange des orangers
citrons des citronniers
olives des oliviers
ronces des ronceraies
Mystères fastueux et journaliers

La vie est belle
je me tue à vous le dire
dit la fleur
et elle meurt

Sans répondre à la fleur
l’homme traverse le jardin
l’homme traverse la forêt
sans jamais adresser la parole à son chien
Survie verte

La grenade éclate pour la soif
la figue tombe
pour la faim
la fleur de l’artichaut
dans le ciel du matin
jette sa clameur mauve et dédaignée
Seulement pour la couleur
seulement pour la beauté

Secrets intacts
splendeur publique de l’histoire naturelle

Univers de Cécile Miguel
Elle était là présente
dans la lumière ardente
Le paysage s’est jeté sur elle
et lui a dit
qu’elle était amoureuse de lui

C’est vrai que je t’aime
a dit Cécile Miguel
et dans ses toiles
l’eau souterraine des Alpes-Maritimes
murmure qu’elle l’aime aussi.

PREVERT.jpg

mardi, 22 février 2022

LE PECHEUR A LA LIGNE (Tristan DEREME)

Vainement un peuple s'indigne

Du temps que perd,

Sous son chapeau doublé de vert,

Le mortel qui pêche à la ligne.

Au soleil ou dans la fraîcheur

Qu'un bois lui verse,

Il rit à l'ombre que traverse

L'éclair d'un bleu martin-pêcheur.

Il rêve, et rêve d'une sole

Ou d'un poisson aérien ;

Mais c'est un sage : il se console

S'il ne prend rien.

A son logis, il rentre, et dîne

D'une sardine

A l'huile. Il a le coeur tremblant,

Car devant la sardine, il songe...

Il voit la dorade et l'éponge,

Et sous ses yeux un requin plonge

Dans cette boîte de fer-blanc.

Il peut être loin de la grève :

Il suffit de faire un beau rêve...

(Philippe HUC, dit Tristan DEREME, ami de Paul-Jean TOULET et de Francis CARCO, est l'auteur de poèmes fantaisistes et brillants dont le désenchantement perce sous l'humour. Il publia également des chroniques mêlées de vers, L'escargot Bleu, l'Onagre Orangé).

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dimanche, 23 janvier 2022

PAUL VALERY (extrait de UNE CHAMBRE CONJECTURALE)

Le livre fermé, ivre de l'ivresse supérieure des imaginations rapides assimilées, je courus à travers la campagne en un torrent de pensées emporté. 

Et je ne voyais rien. Ma vie s'opposait à moi et je la regardais hors de moi comme un roman, lu dans mon cerveau.

Si bien que soudain réveillé par un coup de soleil entre des buissons, ou un sifflet de machine - qu'importe - Je vis ! et de suite, s'écrivit le paysage apparu, dans mon esprit.

"La ville", maintenant, brillait au loin - Suite réelle aux imaginaires chapitres déjà parcourus.

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mercredi, 01 décembre 2021

CHANSON GOTHIQUE (Gérard de Nerval)

Belle épousée,
J'aime tes pleurs !
C'est la rosée
Qui sied aux fleurs.

Les belles choses
N'ont qu'un printemps,
Semons de roses
Les pas du Temps !

Soit brune ou blonde
Faut-il choisir ?
Le Dieu du monde,
C'est le Plaisir.

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samedi, 23 octobre 2021

Raymond QUENEAU... un petit poème...

Quand les poètes s'ennuient alors il leur ar-

Rive de prendre une plume et d'écrire un po-

Eme on comprend dans ces conditions que ça bar-

Be un peu quelque fois la poésie la po-

Esie.

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lundi, 11 octobre 2021

UNE PEINTURE D'EUGENE DELACROIX : LE GIAOUR

Giaour : nom que les Turcs donnent aux chrétiens pour désigner les 'infidèles".

C'est en 1824 que Delacroix eut l'envie de représenter sur ses toiles l'un des poèmes de Lord Byron, Le Giaour, extrait d'un conte turc publié en 1813. Ce poème raconte le conflit entre le riche Hassan et le Giaour, un vénitien amoureux d'une des esclaves du harem d'Hassan.

http://musee-delacroix.fr/fr/actualites/expositions/un-du...

 


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mardi, 21 septembre 2021

LE RELAIS (Gérard de Nerval - recueil Odelettes 1853)

En voyage, on s'arrête, on descend de voiture ;
Puis entre deux maisons on passe à l'aventure,
Des chevaux, de la route et des fouets étourdi,
L'oeil fatigué de voir et le corps engourdi.

Et voici tout à coup, silencieuse et verte,
Une vallée humide et de lilas couverte,
Un ruisseau qui murmure entre les peupliers, —
Et la route et le bruit sont bien vite oubliés !

On se couche dans l'herbe et l'on s'écoute vivre,
De l'odeur du foin vert à loisir on s'enivre,
Et sans penser à rien on regarde les cieux...
Hélas ! une voix crie : « En voiture, messieurs ! »

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