vendredi, 09 mai 2008

EXTRAIT de LE SOLEIL LEVANT (Marc-Antoine de SAINT AMANT)

L'abeille, pour boire des pleurs,

Sort de sa ruche aimée,

Et va sucer l'âme des fleurs

Dont la plaine est semée ;

Puis de cet aliment du ciel

Elle fait la cire et le miel.

Le gentil papillon la suit

D'une aile trémoussante,

Et, voyant le soleil qui luit,

Vole de plante en plante,

Pour les avertir que le jour

En ce climat est de retour.

Là, dans nos jardins embellis

De mainte rare chose,

Il porte de la part du lys

Un baiser à la rose,

Et semble, en messager discret,

Lui dire un amoureux secret.

Au même temps, il semble à voir

Qu'en éveillant ses charmes,

Cette belle lui fait savoir,

Le teint baigné de larmes,

Quel ennui la va consumant

D'être si loin de son amant.

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vendredi, 02 mai 2008

LES MOTS APRES LES AUTRES

Des mots glissaient sur le papier glacé

D'autres dans les airs se prélassaient

Attendant que les enfants les dévorent

Comme les friandises qu'ils adorent

La maîtresse au tableau écrivait

Certains suivaient, d'autres rêvaient

Sa voix monotone dictait

Les mots après les autres et chantait

Dans le silence de la classe

Elle allait et venait avec grâce

Regardant ce que chacun griffonne

En attendant que la cloche sonne

Il fallait les tenir ces enfants

Pour qu'ils puissent devenir grands

Les mots glissaient sur le tableau

D'autres restaient bien au chaud

Attendant que les enfants les dévorent

Comme les friandises qu'ils adorent.

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samedi, 26 avril 2008

LES YEUX

Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,

Des yeux sans nombre ont vu l'aurore ;

Ils dorment au fond des tombeaux,

Et le soleil se lève encore.

Les nuits plus douces que les jours

Ont enchanté des yeux sans nombre ;

Les étoiles brillent toujours

Et les yeux se sont remplis d'ombre.

Oh ! qu'ils aient perdu le regard,

Non, non, cela n'est pas possible !

Ils se sont tournés quelque part

Vers ce qu'on nomme l'invisible ;

Et comme les astres penchants

Nous quittent, mais au ciel demeurent,

Les prunelles ont leurs couchants,

Mais il n'est pas vrai qu'elles meurent :

Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,

Ouverts à quelque immense aurore,

De l'autre côté des tombeaux

Les yeux qu'on ferme voient encore.

(Sully Prudhomme)

mardi, 22 avril 2008

VASES COMMUNIQUANTS

Faire le vide des mots

Qui assaillent mon cerveau,

Un besoin mais les vases

Communiquants de la vie

A chaque nouvelle phrase

Se vident puis se remplissent

Comme les fleuves dans leur lit

Courent vers la mer et glissent

Sans jamais disparaître

Les mots ne font que renaître.

jeudi, 03 avril 2008

LE MATIN

Se lever de bonne heure le matin

Se préparer une tartine de pain

Regarder le soleil se montrer

Sur la ligne d'horizon

Choisir sa tenue, s'habiller

Regarder en rêvant l'horizon

Pour commencer la journée.

Ecouter les moteurs tourner

Des voitures voisines

Regarder quelques vitrines

Aux couleurs des vacances

Et arriver, quelle chance

A l'heure au bureau.

Les vacances c'est bientôt

La journée pleine de couleurs

Commence dans la bonne humeur.1957335763.jpg

samedi, 29 mars 2008

QUELQUES REPONSES AUX DEUX QUESTIONS : Pourquoi des poètes ? Pourquoi la poésie ?

Le poète utilise davantage ses sens que son intellect.

Le poète s'efforce de réveiller le poète endormi en nous.

ELUARD dit que le poète est "un professeur des sens"

La poésie demande de montrer plutôt que de raconter.

La poésie fait appel aux images.

Elle permet de faire partager des émotions.

La poésie est un art à part entière.

La poésie est un jeu de langage.

Antonin ARTAUD disait :

"j'appelle poésie aujourd'hui connaissance de ce destin interne et dynamique de la pensée."

Elle sert à rétablir un juste équilibre entre les différentes forces psychiques qui nous tiraillent.

La poésie est le langage d'un coeur habillé par l'esprit.

Un poème est une pensée bohème.

Un poème c'est un peu comme un gant qui s'ajuste toujours aux circonstances du présent et permet de façonner sa propre histoire à tout moment.

vendredi, 28 mars 2008

DEUX PETITES QUESTIONS auxquelles vous pouvez répondre si vous le désirez

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Pourquoi la POESIE ?

Pourquoi des POETES ?

Je vous laisse répondre si vous désirez engager un débat sur ce thème....

 

Je rajoute un extrait d'un poème de BOILEAU (A mon jardinier, Epître)

C'est en vain qu'aux poètes

Les neuf trompeuses Soeurs, dans leurs douces retraites,

Promettent du repos sous leurs ombrages frais :

Dans ces tranquilles bois, pour eux plantés exprès

La cadence aussitôt, la rime, la césure,

La riche expression, la nombreuse mesure,

Sorcières, dont l'amour sait d'abord les charmer,

De fatigues sans fin viennent les consumer.

jeudi, 27 mars 2008

L'ENFANT BLOND

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Mais qu'en dira-t-on ?

Je lui ai dit des mots

Pour calmer ses sanglots

En poussant un cri

Sa peine il m'a dit

Ses larmes ont coulé

Contre moi s'est serré

Doucement je l'ai bercé

Ses sanglots ont cessé

Ses yeux se sont fermés

Dans un berceau je l'ai couché

Petit enfant blond

Dis, nous nous reverrons ?

Petit enfant blond

Bientôt moussaillon

Ton papa l'a juré !

La mer va te bercer

Un bateau au port t'attend

Ton papa et ta maman

L'ont choisi pour toi

Il n'attend plus que toi.

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mercredi, 19 mars 2008

POEME DE BLAISE CENDRARS (1887-1961)

 COMPLET BLANC.

342753.jpgJe me promène sur le pont dans mon complet blanc acheté à Dakar

Aux pieds j'ai mes espadrilles achetées à Villa Garcia

Je tiens à la main mon bonnet basque rapporté de Biarritz

Mes poches sont pleines de Caporal Ordinaire

De temps en temps je flaire mon étui en bois de Russie

Je fais sonner des sous dans ma poche et une livre sterling en or

J'ai mon gros mouchoir calabrais et des allumettes de cire

De ces grosses que l'on ne trouve qu'à Londres

Je suis propre lavé frotté plus que le pont

Heureux comme un roi

Riche comme un milliardaire

Libre comme un homme

jeudi, 13 mars 2008

DANS LA TETE DES MOTS

Dans sa tête bouillonnante

Par la peur obsédante

Elle cherchait juste des mots

Les mots les plus beaux

Qui ne sonneraient pas faux

Pour se les offrir en cadeau

Un besoin de solitude

Pour casser les habitudes

Se fit plus pressant

Dans ce monde glaçant

Pour briser la cadence

Des jours de souffrance

Dans sa tête apparaissait

Des images dépecées

Celles du bonheur

Que l'on dit parfait

Dans sa tête elle comptait

Les minutes et les heures.

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