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mercredi, 02 février 2011

VILLE

Du fond des brumes

Là-bas avec tous ses étages

Et ses grands escaliers, et leurs voyages

Jusques au ciel, vers de plus hauts étages

Comme d'un rêve, elle s'exhume (...)

La ville au loin s'étale et domine la plaine

Comme un nocturne et colossal espoir.

(Emile Verhaeren, Les Campagnes hallucinées).

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vendredi, 21 janvier 2011

PARIS AT NIGHT

Trois allumettes une à une allumées dans la nuit

La première pour voir ton corps tout entier

La seconde pour voir tes yeux

La dernière pour voir ta bouche

Et l'obscurité toute entière pour me rappeler tout cela

En te serrant dans mes bras.

Jacques PREVERT

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jeudi, 20 janvier 2011

ECRIS-MOIS

Ecris-moi, je le veux. Ce commerce enchanteur,

Aimable épanchement de l'esprit et du coeur,

Cet art de converser sans se voir, sans s'entendre,

Ce muet entretien si charmant et si tendre,

L'art d'écrire, Abeilard, fut sans doute inventé

Par l'amante captive et l'amant agité.

(C. P. COLARDEAU, Epître d'Héloise à Abeilard)

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11:49 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (7)

jeudi, 13 janvier 2011

Au cimetière Marin de SETE

Photo prise à SETE le 03 janvier 2011

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samedi, 01 janvier 2011

Poème de Georges SCHEHADE

Il y a des jardins qui n'ont plus de pays

Et qui sont seuls avec l'eau

Des colombes les traversent bleues et sans nids

Mais la lune est un cristal de bonheur

Et l'enfant se souvient d'un grand désordre clair.

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mardi, 21 décembre 2010

LES PATRES ONT FAIT UNE ASSEMBLEE (Nicolas SABOLY, Noëliste provençal)

Les pâtres

Ont fait une assemblée

Les pâtres

Ont tenu le bureau

Et là, chacun a fait sa relation

Il s'est conclu, la parole donnée,

D'aller

Vers le petit qui est né.

Tous ensemble

Ils se sont mis en campagne

Tous ensemble

Avec un fort mauvais temps

Il est bien vrai que les gens des montagnes

Sont faits à tout et ne craignent pas les intempéries

Ils s'en vont

Et laissent leurs cabans.

Comment feront-ils

Pour ne pas sentir la bise

Comment feront-ils

Il y en a peu qui périront

Tous leurs habits ne sont que toile grise

Ils sont tout troués, on leur voit la chemise,

Les trous

Tiennent pas guère chaud.

Quel froid il fait

Où est ma camisole

Quel froid il fait

Se dit le gros Gervais

Je sens déjà que le corps me tremble

Je suis tout gelé, je ne peux rien faire,

Le froid

Me fait souffler les doigts.

Nos pâtres

A trois heures sonnées

Nos pâtres

Arrivent dans l'étable

Le chapeau bas et la tête baissée

Vont tout courant saluer l'accouchée

Et font

L'accolade à l'enfant.

Ils laissent par terre

Deux ou trois bons fromages

Ils laissent par terre

Une douzaine d'oeufs

Joseph leur dit :"Faites qu'il soit sage,

Retournez-vous en et faites bon voyage

Bergers

Prenez votre congé".

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15:39 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (2)

jeudi, 16 décembre 2010

CLAIR HIVER (Pierre REVERDY)

Murviel sous la neige 080110.jpgL'espace d'or ridé où j'ai passé le temps

Dans le lit de décembre aux flammes descendantes

Les baies du ciel jetées sur les enceintes

Et les astres gelés dans l'air qui les éteint

Ma tête passe au vent du Nord

Et les couleurs déteintes

L'eau suivant le signal

Tous les corps retrouvés dans le champ des averses

Et les visages revenus

Devant les flammes bleues de l'âtre matinal

Autour de cette chaîne où les mains sonnent

Où les yeux brillent du feu des pleurs

Et que les ronds de coeurs couvrent d'une auréole

Les rayons durs brisés dans le soir qui descend.

 

dimanche, 12 décembre 2010

Jacques PREVERT, Pour toi mon amour...

A écouter...

http://www.youtube.com/watch?v=n1p4gMD5mw8&feature=re...

 

Charles BAUDELAIRE, Harmonie du soir.

A regarder et écouter....

http://www.youtube.com/watch?v=OPQ51tV3weI&feature=mf...

 

vendredi, 10 décembre 2010

L'HIVER QUI VIENT (Jules LAFORGUE)

Blocus sentimental ! Messageries du Levant !...

Oh, tombée de la pluie ! Oh ! tombée de la nuit,

Oh ! le vent !...

La Toussaint, la Noël, et la Nouvelle Année,

Oh ! dans les bruines, toutes mes cheminées !...

D'usines...

On ne peut s'asseoir, tous les bancs sont mouillés ;

Crois-moi, c'est bien fini jusqu'à l'année prochaine,

Tous les bancs sont mouillés, tant les bois sont rouillés,

Et tant les cors ont fait ton ton, ont fait ton taine!...

Ah ! nuées accourues des côtes de la Manche

Vous nous avez gâtés notre dernier dimanche.

Il bruine ;

Dans la forêt mouillée, les toiles d'araignées

Ploient sous les gouttes d'eau, et c'est leur ruine.

Soleils plénipotentiaires des travaux en blonds Pactoles

Des spectacles agricoles,

Ou êtes-vous ensevelis ?...

Ce soir un soleil fichu gît au haut du coteau,

Git sur le flanc, dans les genêts, sur son manteau.

Un soleil blanc comme un crachat d'estaminet

Sur une litière de jaunes genêts,

De jaune genêts d'automne.

Et les cors lui sonnent !

Qu'il revienne...

Qu'il revienne à lui !

Taïaut ! Taïaut ! et hallali !

O triste antienne, as-tu fini !...

Et font les fous !...

Et il gît là, comme une glande arrachée dans un cou,

Et il frissonne, sans personne !...

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