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vendredi, 07 mars 2008

RENOUVEAU (Stéphane MALLARME)

Le printemps maladif à chassé tristement

L'hiver, saison de l'art serein, l'hiver lucide,

Et, dans mon être à qui le sang morne préside

L'impuissance s'étire en un long bâillement.

Des crépuscules blancs tiédissent sous mon crâne

Qu'un cercle de fer serre ainsi qu'un vieux tombeau

Et triste, j'erre après un rêve vague et beau,

Par les champs où la sève immense se pavane

Puis je tombe énervé de parfums d'arbres, las,

Et creusant de ma face une fosse à mon rêve,

Mordant la terre chaude où poussent les lilas,

J'attends, en m'abîmant que mon ennui s'élève...

- Cependant l'Azur rit sur la haie et l'éveil

De tant d'oiseaux en fleur gazouillant au soleil.

mercredi, 27 février 2008

ETRE SAOUL

Etre saoul, vous ne savez pas quelle victoire

C'est qu'on emporte sur la vie, et quel don c'est !

On oublie, on revoit, on ignore et l'on sait ;

C'est du mystère plein d'aperçus, c'est du rêve

Qui n'a jamais eu de naissance et ne s'achève

Pas, et ne se meut pas dans l'essence d'ici.

Paul Verlaine, Jadis et naguère.

vendredi, 01 février 2008

LES SOIRS, LE MOULIN

Le moulin tourne au fond du soir, très lentement,

Sur un ciel de tristesse et de mélancolie ;

Il tourne et tourne, et sa voile couleur de lie

Est triste et faible et lourde et lasse, infiniment.

(E. VERHAEREN)

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mercredi, 30 janvier 2008

TOUT DOIT TENDRE AU BON SENS

UN PETIT EXTRAIT D'UNE POESIE DU 17 SIECLE de  NICOLAS BOILEAU.

Tout doit tendre au bon sens ; mais, pour y parvenir,

Le chemin est glissant et pénible à tenir ;

Pour peu qu'on s'en écarte, aussitôt l'on se noie,

La raison pour marcher n'a souvent qu'une voie.

mardi, 11 décembre 2007

LE BONHEUR EST PARTOUT (Maurice CAREME)

Une table en bois blanc,

Une pomme et un couteau ;

A travers le carreau,

Un grand champ de froment.

Tu te tournes à droite,

Le bonheur est à droite ;

Tu te tournes à gauche,

Le bonheur est à gauche.

Inutile, je crois,

De demander pourquoi.

Pas plus que toi, l'horloge

Que le temps interroge

N'élève ici la voix.

samedi, 01 décembre 2007

POUR INGRID

Comment fait-elle pour tenir encore ?

Comme une bougie qui s'éteint lentement

Elle a froid dans tout son corps

Elle s'accroche à ses enfants

Comment était sa vie avant ?

Elle a le regard vide et lent.

Pourra-t-elle tenir encore longtemps ?

Vont-ils la garder encore longtemps ?

COMMENT ECRIRE UNE CHANSON, UN POEME ?

Pour composer une chanson ou un poème, chacun y va de sa recette.

DICK ANNEGARN, chanteur toujours en voyage, nous donne la sienne :

"J'écris davantage avec mes pieds qu'avec mes mains. Le voyage procure cette ivresse, cette intuition, qui donnent souvent naissance à une écriture adolescente mais ce n'est pas parce qu'on a de l'inspiration qu'on a une chanson. Neuf chansons sur dix passent à la trappe avant d'être achevées. C'est plus difficile que de réaliser un gros solo de guitare électrique ou de saxo. C'est bien plus que ça, une alchimie infâme, certaines chansons s'écrivent au fil des ans. Aujourd'hui, j'ai besoin de voyager pour écrire car cela ne me suffit plus de naviguer dans ma tête".

mardi, 06 novembre 2007

L'AME vue par quelques poètes

Votre âme est un paysage choisi

Que vont charmant masques et bergamasques

Jouant du luth et dansant et quasi

Tristes sous leurs déguisements fantasques

Paul Verlaine, Les fêtes galantes.

 

 

Mon âme est une infante en robe de parade,

Dont l'exil se reflète, éternel et royal,

Aux grands miroirs déserts d'un vieil Escurial,

Ainsi qu'une galère oubliée en la rade

Albert Samain, Au jardin de l'infante.

 

Mon âme, il faut partir. Ma vigueur est passée,

Mon dernier jour est dessus l'horizon.

Tu crains ta liberté. Quoi ! n'es-tu pas lassée

D'avoir souffert soixante ans en prison ?

François Maynard, Sonnets.

 

L'âme a la couleur du regard. L'âme bleue seule porte

en elle du rêve, elle a pris son azur aux flots et à l'espace.

Guy de Maupassant

samedi, 22 septembre 2007

L'AUTOMNE (vu par quelques poètes)

THEOPHILE GAUTIER, Emaux et Camées (1811 - 1872)

Déjà plus d'une feuille sèche

Parsème les gazons jaunis ;

Soir et matin, la brise est fraîche,

Hélas ! les beaux jours sont finis !

R. L. GEERAERT, Les sueurs de la joie (1925 - -, Belge)

Un reste de soleil sur le seuil de la brume,

Une glu chaude encore à la pente des nues

Et l'automne vous prend dans ses pattes-pelues,

Feuilles couleur de sang, de sang couleur de plumes.

MILLEVOYE Charles Hubert, Elégies, La chute des feuilles (1782 - 1816, Français)

De la dépouille de nos bois

L'automne avait jonché la terre :

Le bocage était sans mystère,

Le rossignol était sans voix.

Edouard MORIKE, Matin de Septembre (1804-1875, Allemand)

Brume : le monde y repose encore.

Bois et prairies rêvent encore.

Bientôt, quand tomberont les voiles,

Tu retrouveras le ciel bleu ;

Le monde atténué, qu'exaltera l'automne,

Ruissellera d'or chaleureux.

SARUMARU, Poèmes (VIIIè siècle, Japonais)

Au profond de la montagne,

Ecartant et foulant les feuilles d'érable

Le cerf brame ;

Et à l'entendre ainsi,

Ah ! que l'automne m'est lourdement triste !

lundi, 13 août 2007

PAYSAGE (E. VERHAEREN ( Les flammes hautes)

J'ai pour voisin et compagnon

Un vaste et puissant paysage

Qui change et luit comme un visage

Devant le seuil de ma maison.