lundi, 14 juillet 2008
SAISIR
Saisir, saisir le soir, la pomme et la statue,
Saisir l'ombre et le mur et le bout de la rue.
Saisir le pied, le cou de la femme couchée
Et puis ouvrir les mains. Combien d'oiseaux lachés
Combien d'oiseaux perdus qui deviennent la rue,
L'ombre, le mur, le soir, la pomme et la statue !
(Jules SUPERVIELLE)
10:59 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : culture, littérature, écriture, poésie, poèmes
mercredi, 09 juillet 2008
FLEUR
Vous avez dit, tel soir, des paroles si belles
Que sans doute les fleurs qui se penchaient vers vous,
Soudain nous ont aimés et que l'une d'entre elles,
Pour nous toucher tous deux, tomba sur nos genoux.
(E. VERHAEREN, Heures d'après midi)
11:16 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : littérature, écriture, culture, poésie, poèmes
jeudi, 12 juin 2008
SI TU VEUX NOUS NOUS AIMERONS
Si tu veux nous nous aimerons
Avec tes lèvres sans le dire
Cette rose ne l'interromps
Qu'à verser un silence pire
Jamais de chants ne lancent prompts
Le scintillement du sourire
Si tu veux nous nous aimerons
Avec tes lèvres sans le dire
Muet muet entre les ronds
Sylphe dans la pourpre d'empire
Un baiser flambant se déchire
Jusqu'aux pointes des ailerons
Si tu veux nous nous aimerons
(Stéphane MALLARME - 1842 - 1898 - )
13:50 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : culture, littérature, écriture, poésie, poèmes
vendredi, 09 mai 2008
EXTRAIT de LE SOLEIL LEVANT (Marc-Antoine de SAINT AMANT)
L'abeille, pour boire des pleurs,
Sort de sa ruche aimée,
Et va sucer l'âme des fleurs
Dont la plaine est semée ;
Puis de cet aliment du ciel
Elle fait la cire et le miel.
Le gentil papillon la suit
D'une aile trémoussante,
Et, voyant le soleil qui luit,
Vole de plante en plante,
Pour les avertir que le jour
En ce climat est de retour.
Là, dans nos jardins embellis
De mainte rare chose,
Il porte de la part du lys
Un baiser à la rose,
Et semble, en messager discret,
Lui dire un amoureux secret.
Au même temps, il semble à voir
Qu'en éveillant ses charmes,
Cette belle lui fait savoir,
Le teint baigné de larmes,
Quel ennui la va consumant
D'être si loin de son amant.
17:32 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : littérature, écriture, nature, poèmes, poésie
samedi, 26 avril 2008
LES YEUX
Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,
Des yeux sans nombre ont vu l'aurore ;
Ils dorment au fond des tombeaux,
Et le soleil se lève encore.
Les nuits plus douces que les jours
Ont enchanté des yeux sans nombre ;
Les étoiles brillent toujours
Et les yeux se sont remplis d'ombre.
Oh ! qu'ils aient perdu le regard,
Non, non, cela n'est pas possible !
Ils se sont tournés quelque part
Vers ce qu'on nomme l'invisible ;
Et comme les astres penchants
Nous quittent, mais au ciel demeurent,
Les prunelles ont leurs couchants,
Mais il n'est pas vrai qu'elles meurent :
Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,
Ouverts à quelque immense aurore,
De l'autre côté des tombeaux
Les yeux qu'on ferme voient encore.
(Sully Prudhomme)
22:51 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : littérature, culture, écriture, poésie, poèmes
samedi, 29 mars 2008
QUELQUES REPONSES AUX DEUX QUESTIONS : Pourquoi des poètes ? Pourquoi la poésie ?
Le poète utilise davantage ses sens que son intellect.
Le poète s'efforce de réveiller le poète endormi en nous.
ELUARD dit que le poète est "un professeur des sens"
La poésie demande de montrer plutôt que de raconter.
La poésie fait appel aux images.
Elle permet de faire partager des émotions.
La poésie est un art à part entière.
La poésie est un jeu de langage.
Antonin ARTAUD disait :
"j'appelle poésie aujourd'hui connaissance de ce destin interne et dynamique de la pensée."
Elle sert à rétablir un juste équilibre entre les différentes forces psychiques qui nous tiraillent.
La poésie est le langage d'un coeur habillé par l'esprit.
Un poème est une pensée bohème.
Un poème c'est un peu comme un gant qui s'ajuste toujours aux circonstances du présent et permet de façonner sa propre histoire à tout moment.
18:02 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : littérature, culture, poésie, poèmes
vendredi, 28 mars 2008
DEUX PETITES QUESTIONS auxquelles vous pouvez répondre si vous le désirez

Pourquoi la POESIE ?
Pourquoi des POETES ?
Je vous laisse répondre si vous désirez engager un débat sur ce thème....
Je rajoute un extrait d'un poème de BOILEAU (A mon jardinier, Epître)
C'est en vain qu'aux poètes
Les neuf trompeuses Soeurs, dans leurs douces retraites,
Promettent du repos sous leurs ombrages frais :
Dans ces tranquilles bois, pour eux plantés exprès
La cadence aussitôt, la rime, la césure,
La riche expression, la nombreuse mesure,
Sorcières, dont l'amour sait d'abord les charmer,
De fatigues sans fin viennent les consumer.
14:58 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : littérature, culture, poésie, poèmes
mercredi, 19 mars 2008
POEME DE BLAISE CENDRARS (1887-1961)
COMPLET BLANC.
Je me promène sur le pont dans mon complet blanc acheté à Dakar
Aux pieds j'ai mes espadrilles achetées à Villa Garcia
Je tiens à la main mon bonnet basque rapporté de Biarritz
Mes poches sont pleines de Caporal Ordinaire
De temps en temps je flaire mon étui en bois de Russie
Je fais sonner des sous dans ma poche et une livre sterling en or
J'ai mon gros mouchoir calabrais et des allumettes de cire
De ces grosses que l'on ne trouve qu'à Londres
Je suis propre lavé frotté plus que le pont
Heureux comme un roi
Riche comme un milliardaire
Libre comme un homme
22:26 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : culture, littérature, poésie, poèmes, écriture
vendredi, 07 mars 2008
RENOUVEAU (Stéphane MALLARME)
Le printemps maladif à chassé tristement
L'hiver, saison de l'art serein, l'hiver lucide,
Et, dans mon être à qui le sang morne préside
L'impuissance s'étire en un long bâillement.
Des crépuscules blancs tiédissent sous mon crâne
Qu'un cercle de fer serre ainsi qu'un vieux tombeau
Et triste, j'erre après un rêve vague et beau,
Par les champs où la sève immense se pavane
Puis je tombe énervé de parfums d'arbres, las,
Et creusant de ma face une fosse à mon rêve,
Mordant la terre chaude où poussent les lilas,
J'attends, en m'abîmant que mon ennui s'élève...
- Cependant l'Azur rit sur la haie et l'éveil
De tant d'oiseaux en fleur gazouillant au soleil.
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mercredi, 27 février 2008
ETRE SAOUL
Etre saoul, vous ne savez pas quelle victoire
C'est qu'on emporte sur la vie, et quel don c'est !
On oublie, on revoit, on ignore et l'on sait ;
C'est du mystère plein d'aperçus, c'est du rêve
Qui n'a jamais eu de naissance et ne s'achève
Pas, et ne se meut pas dans l'essence d'ici.
Paul Verlaine, Jadis et naguère.
22:34 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : poésie, poèmes, culture, écriture, poètes