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vendredi, 08 mai 2009

BONJOUR ( Paul GERALDY)

Comme un diable au fond de sa boite,

Le bourgeon s'est tenu caché...

Mais dans sa prison trop étroite

Il baille et voudrait respirer.

Il entend des chants, des bruits d'ailes,

Il a soif de grand jour et d'air...

Il voudrait savoir les nouvelles,

Il fait craquer son corset vert.

Puis d'un geste brusque, il déchire

Son habit étroit et trop court

"Enfin, se dit-il, je respire,

Je vis, je suis libre ... bonjour !".

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mardi, 14 avril 2009

ON VOIT BEAUCOUP MIEUX...

C'est dans l'ombre que les coeurs causent,

Et l'on voit beaucoup mieux les yeux

Quand on voit un peu moins les choses.

(Paul GERALDY - Toi et Moi 1885-1983)

http://lapoesiequejaime.net/geraldy.htm

vendredi, 10 avril 2009

VENT DU PRINTEMPS

Le vent du printemps est comme la jeunesse,

Il erre follement sans se fixer nulle part.

Il confond aujourd'hui et nagère

Il ne sait distinguer le nouveau et l'ancien.

(HO CHUNG - Poète Chinois né au XIVème siècle)

samedi, 04 avril 2009

VIVRE

Oh ! vivre et vivre et vivre et se sentir meilleur,

A mesure que bout plus fermement le coeur ;

Vivre plus clair, dès qu'on marche en conquête ;

Vivre plus haut encor dès que le sort s'entête

A dessécher la sève et la force des bras.

(Emile VERHAEREN, Les visages de la vie, l'action)

samedi, 14 mars 2009

AINSI FONT

Les chiffons font le papier

Le papier fait la monnaie

La monnaie fait les banques

Les banques font les emprunts

Les emprunts font les mendiants

Les mendiants font les chiffons

Les chiffons font le papier...

samedi, 28 février 2009

AU PRINTEMPS selon Jacques BREL

Au printemps au printemps

Et mon coeur et ton coeur sont repeints au vin blanc

Au printemps au printemps

Les amants vont prier Notre Dame du bon temps

Au printemps

Pour une fleur un sourire un serment pour l'ombre d'un regard

En riant toutes les filles vous donneront leurs baisers et puis tous leurs espoirs

Vois tous ces coeurs comme des artichauts

Qui s'effeuillent en battant pour s'offrir aux badauds

Vois tous ces coeurs comme de gentils mégots

Qui s'enflamment en riant pour les filles du métro

Vois tout Paris se change en pâturages

Pour troupeaux d'amoureux aux bergères peu sages

Vois tout Paris joue la fête au village

Pour bénir au soleil ces nouveaux mariages

Vois ce miracle car c'est bien le dernier

Qui s'offre encor à nous sans avoir à l'appeler

Vois ce miracle qui devait arriver

C'est la première chance la seule de l'année

Au printemps au printemps

Et mon coeur et ton coeur sont repeints en vin blanc

Au printemps au printemps

Les enfants vont prier Notre Dame du bon temps

Au printemps au printemps au printemps.

( Les Nouvelles Editions musicales Caravelle - Paris 1958)

vendredi, 23 janvier 2009

LE PARFUM DES ROSES

J'ai voulu ce matin te rapporter des roses ;

Mais j'en avais tant pris dans mes ceintures closes

Que les noeuds trop serrés n'ont pu les contenir. (...)

Ce soir, ma robe encore en est toute embaumée...

Respires-en sur moi l'odorant souvenir.

(Marceline DESBORDES-VALMORE, Les Roses de Saadi)

 

vendredi, 19 décembre 2008

PETITE HISTOIRE (pour enfants de 0 à 99 ans)

LA POESIE DE PETIT CHAT

"J'ai des rimes dans la tête, je suis un grand poète. Regarde Mouna, ça y est, je suis poète" écrit Petit Chat.

"Mais c'est vrai Petit Chat, il faut que tu donnes une représentation comme les grands artistes. Nous allons faire une fête avec un grand goûter, et tu déclameras ton oeuvre" répond Mouna après avoir lu les jolis vers.

Et le lendemain, Monsieur le Maire et les habitants du village dansaient dans le jardin de Mouna.

Mais Petit Chat, tout rouge, n'a pu prononcer un mot. Il a remis son texte à Arnaud qui, solennellement a lu : "J'ai des rimes dans la tête. Je suis un grand poète".

"Et vive la fête" à conclu Petit Chat sous les applaudissements.

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vendredi, 12 décembre 2008

Tout lieu est retraite

J'ai bâti ma maison parmi les humains

Mais nul bruit de cheval ou de voiture ne m'importune.

- Comment cela se peut-il ?

- A coeur distant, tout lieu est retraite.

(T'AO YUAN MING, Poèmes)

Cet auteur Chinois est né en 365 et il est décédé en 427.cheval.jpg

vendredi, 31 octobre 2008

SUR LE BORD D'UNE FONTAINE (Rémy BELLEAU - 1528 - 1577 Les Pierres précieuses)

C'était une belle brune

Filant au clair de lune,

Qui laissa choir son fuseau

Sur le bord d'une fontaine,

Mais courant après la laine

Plongea la tête dans l'eau

Et se noya la pauvrette

Car à sa voix trop faiblette

Nul son désastre sentit,

Puis assez loin ses compagnes

Parmi les vertes campagnes

Gardaient leur troupeau petit.

Ah ! trop cruelle aventure !

Ah ! mort trop fière et trop dure !

Et trop cruel le flambeau

Sacré pour son hyménée,

Qui l'attendant, l'a menée

Au lieu du lit, au tombeau.

Et vous, nymphes fontainières

Trop ingrates et trop fières,

Qui ne vintes au secours

De cette jeune bergère,

Qui faisait la ménagère

Noya le fil de ses jours.

Mais en souvenance bonne

De la bergère mignonne,

Emus de pitié, les dieux

En ces pierres blanchissantes

De larmes toujours coulantes

Changent l'émail de ses yeux.

Non plus yeux, mais deux fontaines,

Dont la source et dont les veines

Sourdent du profond du coeur ;

Non plus coeur, mais une roche

Qui lamente le reproche

D'Amour et de sa rigueur.

Pierre toujours larmoyante,

A petits flots ondoyante,

Sûr témoins de ses douleurs ;

Comme le marbre de Sipyle

Qui se fond et se distille

Goutte à goutte en chaudes pleurs.

Ô chose trop admirable,

Chose vraiment non croyable,

Voir rouler dessus les bords

Une eau vive qui ruisselle

Et qui de course éternelle

Va baignant ce petit corps !

Et pour le cours de cette onde

La pierre n'est moins féconde

Ni moins grosse, et vieillissant

Sa pesanteur ne s'altère :

Ains toujours demeure entière

Comme elle était en naissant.

Mais est-ce que de nature

Pour sa rare contexture

Elle attire l'air voisin,

Ou dans soi qu'elle recèle

Cette humeur qu'elle amoncelle

Pour en faire un magasin ?

Elle est de rondeur parfaite

D'une couleur blanche et nette

Agréable et belle à voir,

Pleine d'humeur qui ballotte

Au dedans, ainsi que flotte

La gloire en l'oeuf au mouvoir

Va, pleureuse, et te souvienne

Du sang de la plaie mienne

Qui coule et coule sans fin,

Et des plaintes épandues

Que je pousse dans les nues

Pour adoucir mon destin.

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