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dimanche, 12 décembre 2010

Charles BAUDELAIRE, Harmonie du soir.

A regarder et écouter....

http://www.youtube.com/watch?v=OPQ51tV3weI&feature=mf...

 

vendredi, 10 décembre 2010

L'HIVER QUI VIENT (Jules LAFORGUE)

Blocus sentimental ! Messageries du Levant !...

Oh, tombée de la pluie ! Oh ! tombée de la nuit,

Oh ! le vent !...

La Toussaint, la Noël, et la Nouvelle Année,

Oh ! dans les bruines, toutes mes cheminées !...

D'usines...

On ne peut s'asseoir, tous les bancs sont mouillés ;

Crois-moi, c'est bien fini jusqu'à l'année prochaine,

Tous les bancs sont mouillés, tant les bois sont rouillés,

Et tant les cors ont fait ton ton, ont fait ton taine!...

Ah ! nuées accourues des côtes de la Manche

Vous nous avez gâtés notre dernier dimanche.

Il bruine ;

Dans la forêt mouillée, les toiles d'araignées

Ploient sous les gouttes d'eau, et c'est leur ruine.

Soleils plénipotentiaires des travaux en blonds Pactoles

Des spectacles agricoles,

Ou êtes-vous ensevelis ?...

Ce soir un soleil fichu gît au haut du coteau,

Git sur le flanc, dans les genêts, sur son manteau.

Un soleil blanc comme un crachat d'estaminet

Sur une litière de jaunes genêts,

De jaune genêts d'automne.

Et les cors lui sonnent !

Qu'il revienne...

Qu'il revienne à lui !

Taïaut ! Taïaut ! et hallali !

O triste antienne, as-tu fini !...

Et font les fous !...

Et il gît là, comme une glande arrachée dans un cou,

Et il frissonne, sans personne !...

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mardi, 07 décembre 2010

LA JEUNE FILLE

La jeune fille est blanche

Elle a des veines vertes

Aux poignets, dans ses manches

Ouvertes.

On ne sait pas pourquoi

Elle rit. Par moment

Elle crie et cela

Est perçant.

Est-ce qu'elle se doute

Qu'elle vous prend le coeur

En cueillant sur la route

Des fleurs ?

On dirait quelquefois

Qu'elle comprend des choses.

Pas toujours. Elle cause

Tout bas.

"Oh ! ma chère ! oh ! là là...

...Figure-toi... mardi

Je l'ai vu... j'ai ri" - Elle dit

Comme ça.

Quand un jeune homme souffre,

D'abord elle se tait :

Elle ne rit plus, tout

Etonnée.

Dans les petits chemins,

Elle remplit ses mains

De piquants de bruyères,

De fougères.

Elle est grande, elle est blanche,

Elle a des bras très doux.

Elle est très droite et penche

Le cou.

(Francis JAMMES)

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vendredi, 19 novembre 2010

UN CIEL RIANT ET PUR

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Je veux un ciel riant et pur

Réfléchi par un lac limpide,

Je veux un beau soleil qui luise dans l'azur,

Sans que jamais brouillard, vapeur, nuage obscur

Ne voilent son orbe splendide ;

Et pour bondir sous moi, je veux un cheval blanc,

Enfant léger de l'Arabie,

A la crinière longue, à l'oeil étincelant,

Et, comme l'hippogriffe, en une heure volant

De la Norvège à la Nubie.

Je veux un kiosque rouge, aux minarets dorés,

Aux minces colonnes d'albâtre,

Aux fantasques arceaux, d'oeufs pendants décorés,

Aux murs de mosaïque, aux vitraux colorés

Par où se glisse un jour bleuâtre ;

Et quand il fera chaud, je veux un bois mouvant

De sycomores et d'yeuses,

Qui me suive partout au souffle d'un doux vent,

Comme un grand éventail sans cesse soulevant

Ses masses de feuilles soyeuses.

Je veux une tartane avec ses matelots,

Ses cordages, ses blanches voiles

Et son corset de cuivre où se brisent les flots,

Qui me berce le long de verdoyants îlots

Aux molles lueurs des étoiles.

(Théophile GAUTIER)

 

 

dimanche, 17 octobre 2010

VA-T'EN ME DIT LA BISE...

Va-t'en, me dit la bise,

C'est mon tour de chanter,

Et, tremblante, surprise,

N'osant pas résister,

Fort décontenancée

Devant un Quos ego,

Ma chanson est chassée

Par cette virago.

Pluie. On me congédie

Partout, sur tous les tons.

Fin de la comédie.

Hirondelles, partons.

Grêle et vent. La ramée

Tord ses bras rabougris ;

Là-bas fuit la fumée,

Blanche sur le ciel gris.

Une pâle dorure

Jaunit les coteaux froids.

Le trou de ma serrure

Me souffle sur les doigts.

(Victor Hugo)

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mardi, 17 août 2010

UN JOUR MON BEAU SOLEIL

Un jour mon beau Soleil mirait sa tresse blonde

Aux rais du grand Soleil qui n'a point de pareil ;

Le grand Soleil aussi mirait son teint vermeil

Au rai de mon Soleil que nul rais ne seconde.

Mon Soleil au Soleil était Soleil et onde

Le grand Soleil était son onde et son Soleil ;

Le Soleil se disait le Soleil non pareil,

Mon Soleil se disait le seul Soleil du monde.

Soleils ardents, laissez ces bruits contentieux ;

L'un est Soleil en terre et l'autre luit aux Cieux ;

L'un est Soleil des corps, l'autre Soleil de l'âme.

Mais si vous débattez, Soleils, qui de vous deux

Est Soleil plus luisant et plus puissant de feux,

Soleil, tes jours sont nuits comparés à ma Dame.

(Abraham de VERMEIL - 1555-1620)

Originaire de BUGEY, Abraham de VERMEIL fut un poète protégé par Henri IV, pour lequel il s'était battu pendant les guerres civiles. Poète apprécié en son époque, il écrivit une Histoire de Saint Louis, aujourd'hui perdue, et de nombreux sonnets d'inspiration "pétrarquiste".

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14:34 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (10)

jeudi, 12 août 2010

MON AME

Mon âme est une infante en robe de parade,

Dont l'exil se reflète, éternel et royal,

Aux grands miroirs déserts d'un vieil Escurial,

Ainsi qu'une galère oubliée en la rade.

Albert SAMAIN, Au Jardin de l'infante

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mercredi, 14 juillet 2010

ERRANCE (Arthur RIMBAUD)

Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers,

Picoté par les blés, fouler l'herbe menue :

Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.

Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

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lundi, 21 juin 2010

ICI-BAS (Sully Prud'homme)

Ici-bas tous les lilas meurent,

Tous les chants des oiseaux sont courts,

Je rêve aux étés qui demeurent

Toujours...

Ici-bas les lèvres effleurent,

Sans rien laisser voir de leur velours,

Je rêve aux baisers qui demeurent

Toujours...

Ici-bas tous les hommes pleurent,

Leurs amitiés et leurs amours,

Je rêve aux couples qui demeurent

Toujours...

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lundi, 07 juin 2010

SI VOUS AIMEZ...

Longtemps, longtemps que mon coeur soit rempli de tels souvenirs

Comme le vase dans lequel, jadis, furent distillées des roses,

Brisez ce vase, réduisez-le en éclats, si vous aimez ;

Longtemps encore persistera le parfum des roses.

(Thomas MOORE)

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