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jeudi, 12 juin 2008

SI TU VEUX NOUS NOUS AIMERONS

Si tu veux nous nous aimerons

Avec tes lèvres sans le dire

Cette rose ne l'interromps

Qu'à verser un silence pire

Jamais de chants ne lancent prompts

Le scintillement du sourire

Si tu veux nous nous aimerons

Avec tes lèvres sans le dire

Muet muet entre les ronds

Sylphe dans la pourpre d'empire

Un baiser flambant se déchire

Jusqu'aux pointes des ailerons

Si tu veux nous nous aimerons

(Stéphane MALLARME - 1842 - 1898 - )

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vendredi, 09 mai 2008

EXTRAIT de LE SOLEIL LEVANT (Marc-Antoine de SAINT AMANT)

L'abeille, pour boire des pleurs,

Sort de sa ruche aimée,

Et va sucer l'âme des fleurs

Dont la plaine est semée ;

Puis de cet aliment du ciel

Elle fait la cire et le miel.

Le gentil papillon la suit

D'une aile trémoussante,

Et, voyant le soleil qui luit,

Vole de plante en plante,

Pour les avertir que le jour

En ce climat est de retour.

Là, dans nos jardins embellis

De mainte rare chose,

Il porte de la part du lys

Un baiser à la rose,

Et semble, en messager discret,

Lui dire un amoureux secret.

Au même temps, il semble à voir

Qu'en éveillant ses charmes,

Cette belle lui fait savoir,

Le teint baigné de larmes,

Quel ennui la va consumant

D'être si loin de son amant.

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samedi, 26 avril 2008

LES YEUX

Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,

Des yeux sans nombre ont vu l'aurore ;

Ils dorment au fond des tombeaux,

Et le soleil se lève encore.

Les nuits plus douces que les jours

Ont enchanté des yeux sans nombre ;

Les étoiles brillent toujours

Et les yeux se sont remplis d'ombre.

Oh ! qu'ils aient perdu le regard,

Non, non, cela n'est pas possible !

Ils se sont tournés quelque part

Vers ce qu'on nomme l'invisible ;

Et comme les astres penchants

Nous quittent, mais au ciel demeurent,

Les prunelles ont leurs couchants,

Mais il n'est pas vrai qu'elles meurent :

Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,

Ouverts à quelque immense aurore,

De l'autre côté des tombeaux

Les yeux qu'on ferme voient encore.

(Sully Prudhomme)

samedi, 29 mars 2008

QUELQUES REPONSES AUX DEUX QUESTIONS : Pourquoi des poètes ? Pourquoi la poésie ?

Le poète utilise davantage ses sens que son intellect.

Le poète s'efforce de réveiller le poète endormi en nous.

ELUARD dit que le poète est "un professeur des sens"

La poésie demande de montrer plutôt que de raconter.

La poésie fait appel aux images.

Elle permet de faire partager des émotions.

La poésie est un art à part entière.

La poésie est un jeu de langage.

Antonin ARTAUD disait :

"j'appelle poésie aujourd'hui connaissance de ce destin interne et dynamique de la pensée."

Elle sert à rétablir un juste équilibre entre les différentes forces psychiques qui nous tiraillent.

La poésie est le langage d'un coeur habillé par l'esprit.

Un poème est une pensée bohème.

Un poème c'est un peu comme un gant qui s'ajuste toujours aux circonstances du présent et permet de façonner sa propre histoire à tout moment.

vendredi, 28 mars 2008

DEUX PETITES QUESTIONS auxquelles vous pouvez répondre si vous le désirez

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Pourquoi la POESIE ?

Pourquoi des POETES ?

Je vous laisse répondre si vous désirez engager un débat sur ce thème....

 

Je rajoute un extrait d'un poème de BOILEAU (A mon jardinier, Epître)

C'est en vain qu'aux poètes

Les neuf trompeuses Soeurs, dans leurs douces retraites,

Promettent du repos sous leurs ombrages frais :

Dans ces tranquilles bois, pour eux plantés exprès

La cadence aussitôt, la rime, la césure,

La riche expression, la nombreuse mesure,

Sorcières, dont l'amour sait d'abord les charmer,

De fatigues sans fin viennent les consumer.

mercredi, 19 mars 2008

POEME DE BLAISE CENDRARS (1887-1961)

 COMPLET BLANC.

342753.jpgJe me promène sur le pont dans mon complet blanc acheté à Dakar

Aux pieds j'ai mes espadrilles achetées à Villa Garcia

Je tiens à la main mon bonnet basque rapporté de Biarritz

Mes poches sont pleines de Caporal Ordinaire

De temps en temps je flaire mon étui en bois de Russie

Je fais sonner des sous dans ma poche et une livre sterling en or

J'ai mon gros mouchoir calabrais et des allumettes de cire

De ces grosses que l'on ne trouve qu'à Londres

Je suis propre lavé frotté plus que le pont

Heureux comme un roi

Riche comme un milliardaire

Libre comme un homme

vendredi, 07 mars 2008

RENOUVEAU (Stéphane MALLARME)

Le printemps maladif à chassé tristement

L'hiver, saison de l'art serein, l'hiver lucide,

Et, dans mon être à qui le sang morne préside

L'impuissance s'étire en un long bâillement.

Des crépuscules blancs tiédissent sous mon crâne

Qu'un cercle de fer serre ainsi qu'un vieux tombeau

Et triste, j'erre après un rêve vague et beau,

Par les champs où la sève immense se pavane

Puis je tombe énervé de parfums d'arbres, las,

Et creusant de ma face une fosse à mon rêve,

Mordant la terre chaude où poussent les lilas,

J'attends, en m'abîmant que mon ennui s'élève...

- Cependant l'Azur rit sur la haie et l'éveil

De tant d'oiseaux en fleur gazouillant au soleil.

mercredi, 27 février 2008

ETRE SAOUL

Etre saoul, vous ne savez pas quelle victoire

C'est qu'on emporte sur la vie, et quel don c'est !

On oublie, on revoit, on ignore et l'on sait ;

C'est du mystère plein d'aperçus, c'est du rêve

Qui n'a jamais eu de naissance et ne s'achève

Pas, et ne se meut pas dans l'essence d'ici.

Paul Verlaine, Jadis et naguère.

vendredi, 01 février 2008

LES SOIRS, LE MOULIN

Le moulin tourne au fond du soir, très lentement,

Sur un ciel de tristesse et de mélancolie ;

Il tourne et tourne, et sa voile couleur de lie

Est triste et faible et lourde et lasse, infiniment.

(E. VERHAEREN)

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mercredi, 30 janvier 2008

TOUT DOIT TENDRE AU BON SENS

UN PETIT EXTRAIT D'UNE POESIE DU 17 SIECLE de  NICOLAS BOILEAU.

Tout doit tendre au bon sens ; mais, pour y parvenir,

Le chemin est glissant et pénible à tenir ;

Pour peu qu'on s'en écarte, aussitôt l'on se noie,

La raison pour marcher n'a souvent qu'une voie.