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lundi, 01 avril 2013

Allons voir plus loin, veux-tu ? (Anny DUPEREY)

Sa hâte de partir était si grande qu'elle décida que ce devait être quinze heures. Elle pourrait sauter dans ce train si les ploucs qui étaient devant elle et la blondasse derrière son guichet voulaient bien se presser un peu au lieu de discuter un quart d'heure à chaque billet. "Dieu ! Que c'est lent ici, que tout est lent et lourd..." pensa, agacée, celle qui savourait encore il y a peu de temps le charme apaisant du rythme provincial.

Un couple de petits vieux, devant elle, sauvegardait tant bien que mal un équilibre pyramidal, les épaules appuyées l'une contre l'autre, les têtes presque jointes, deux cannes les soutenant de part et d'autre, comme des étais auraient maintenu un édifice branlant. Quand la file avançait de cinquante centimètres, on déplaçait dans l'ordre les cannes, l'une après l'autre, les pieds, deux puis quatre, péniblement, puis les épaules s'appuyaient de nouveau. Le tout vacillait, instable, souffreteux, et l'ensemble s'immobilisait dans son équilibre précaire jusqu'à la prochaine avancée. Christine les observait. A quelques centimètres de leurs dos, rien ne lui échappait de leurs efforts, de leur douleur, du petit gémissement que la vieille laissait échapper dans un souffle chaque fois qu'elle avait à déplacer son corps, et leurs soupirs conjoints quand ils s'épaulaient de nouveau. Et leur patience, et leur silence, et leur humilité. Ils attendaient, comme tout le monde, comme s'ils avaient été encore comme tout le monde... Christine avait mal pour eux.

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dimanche, 13 janvier 2013

LIEN POUR COMMANDER mon dernier livre ARTHUR ET MADELEINE

Comme le lien pour commander mon dernier livre, ARTHUR ET MADELEINE, ne fonctionne pas malgré mes multiples modifications, je vous le donne ci-dessous.

 

http://www.thebookedition.com/arthur-et-madeleine-elisabe...

 

dimanche, 06 janvier 2013

QUEL LIVRE VOUS A LE PLUS MARQUE ?

Quel livre a le plus marqué votre vie au point de ne plus pouvoir vous en détacher ? Quel livre vous a tant bouleversé que votre vie a fait un grand bond en avant ? Quel livre a entraîné un virage important dans votre façon de penser ?

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dimanche, 16 décembre 2012

HASARD (J. M. G. LE CLEZIO)

Pour ses cinquante ans, MOGUER avait fait une folie. Il avait réalisé son rêve de gosse, en faisant construire sur ses plans, dans les chantiers navals de Turku en Finlande, un voilier de quatre-vingts pieds principalement en acajou, effilé comme une aile d'albatros, auquel il avait donné le nom de Azzar, en souvenir de la petite fleur d'oranger qui ornait la face heureuse du dé avec lequel il se mesurait à la fortune, quand il était adolescent à Barcelone, sur les Ramblas. Il avait veillé à la réalisation du navire jusque dans les moindres détails, choisissant les essences qui lambrissaient l'intérieur, la décoration, et chaque élément qui devait contribuer à faire du Azzar à la fois sa résidence idéale et son bureau de production.

Il avait apporté un soin tout particulier à la cabine avant - il l'appelait pompeusement la cabine de l'armateur - dessinant un lit monumental et triangulaire qui occupait l'extrémité de la proue. Un lit où les rêves devaient pouvoir se prolonger au-delà du sommeil, dans des draps de satin noir, une sorte de radeau de luxe pour dérive amoureuse, ou simplement un oubli du monde dans le bercement soyeux des vagues contre l'étrave, quelque part entre les îles et la terre ferme...

Contiguë à la chambre, il avait fait aménager une salle de bains en bois gris, d'où, depuis une immense baignoire turquoise, il pouvait deviner la ligne sombre de l'horizon. Enfin, parce qu'il ne voulait dépendre de personne, il s'était ingénié à tout ce qui pouvait simplifier la manoeuvre, en reliant les treuils et les cordages à un tableau électrique qu'il pouvait commander tout seul depuis le cockpit.

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dimanche, 09 décembre 2012

ON PEUT TROUVER DU BON...

Ce qui m'importe, à moi, c'est quand les gens ont des a priori sur quelqu'un et le considèrent sans aucune nuance...

Ce n'est pas parce qu'on n'est pas d'accord avec tout ce que quelqu'un déclare que c'est forcément un sale type. On peut trouver du bon chez la plupart des gens.

(NEIL YOUNG, Une autobiographie).

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MES LIVRES DEDICACES

Si vous souhaitez recevoir mes livres dédicacés, plutôt que de passer par TheBookEdition, contactez-moi en me laissant un commentaire ici ou par mail.

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dimanche, 02 décembre 2012

SOLITUDE DE LA PITIE de Jean GIONO (extrait)

Joselet s'est assis en face du soleil.

L'autre est en train de descendre en plein feu. Il a allumé tous les nuages ; il fait saigner le ciel sur le bois. Il vendange tout ce maquis d'arbres, il le piétine, il en fait sortir un jus doré et tout chaud qui coule dans les chemins. Quand un oiseau passe dans le ciel il laisse un long trait noir tout enlacé comme les tortillons de la vigne. On entend sonner les cloches dans les clochers des villages, là-bas derrière les collines. On entend rentrer les troupeaux et ceux qui olivaient les dernières olivettes des hautes-terres s'appellent de verger en verger avec des voix qui font comme quand on tape sur des verres.

- Oh ! Joselet, je lui dis.

- Oh ! Monsieur, il me répond sans détourner la tête.

- Alors tu regardes le soleil ?

- Alors oui, vous voyez.

Le soleil est maintenant en train de se battre avec un gros nuage tout en ventre. Il le déchire à grands coups de couteau. Joselet a du soleil plein la barbe comme du jus de pêche. Ca lui barbouille tout l'alentour de la bouche. Il en a plein les yeux et plein les joues. On a envie de lui dire : "Essuie-toi."

- Alors, tu le manges ce soleil ? je lui dis encore.

-Eh oui, je le mange, dit Joselet.

Vraiment il s'essuie la bouche du revers de la main et il avale sa salive comme s'il l'avait parfumée d'un gros fruit du ciel.

Et quand il n'est plus resté que ce jour vert de devant le soir et, là-bas dans les pins de la colline, une petite goutte de lumière toute tremblante comme un pigeon, Joselet m'a expliqué.

-Ca, il m'a dit, c'est ce que j'ai su avant tout le reste. Vous avez entendu dire que je suis le maître de la pluie et que j'endors les brûlures rien qu'avec la salive ? Vous avez entendu dire que, quand on a le cordon de Saint-Antoine et qu'on a tout fait, et qu'on est fatigué de tout, on vient me voir, que je touche juste un peu l'homme ou la femme à l'endroit de la ceinture et que le mal s'en va ? Je m'essuie à un torchon, on brûle le torchon et c'est fini. On a dû vous dire aussi qu'avec le mot, si on a un membre déboîté, je le remboîte. Si vous avez de l'amour, à vous tourner, à vous retourner comme sur le gril, alors vous venez me voir, nous nous entendons, je vous fais la grande lecture des étoiles, je vous mets un peu la main derrière la tête, et la femme, la voilà dessous vous, tout de suite, dans le moment, même si elle est au fond des êtres. Bien entendu, je vous fais ça une fois, pour vous contenter, puis après c'est vous qui avez la parole. Je vous donne le nécessaire, c'est mon secret, et si vous faites bien ce que je vous dis, elle ne peut pas résister, elle vient et vous vous arrangez avec elle...

culture,écriture,livre,société

samedi, 24 novembre 2012

QUELQUES COMMENTAIRES

Je vous livre ici quelques commentaires des premiers lecteurs de mon livre ARTHUR ET MADELEINE qui vient de paraître :

"Impressionnant ton livre, félicitations" (N. P.)

"Merci vraiment, je trouve formidable cette façon de faire revivre nos aînés" (S. H.)

"Nickel, très bien construit. C'est vraiment du travail formidable" (A. P.)

"Ton livre m'intéresse à fond" (S. L.)

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dimanche, 11 novembre 2012

LE 19 septembre 1914 (extrait de mon livre ARTHUR ET MADELEINE qui vient de paraître)

Le 19 septembre 1914 on enterre le Sergent Morelle dans la prairie à droite du chemin, près le Four de Paris, et tout le Bataillon rend les honneurs.

Sur la fosse ouverte, un Caporal récite des prières tandis que le Lieutenant ému prononce ces mots : "Sergent Morelle, toi qui as vaillamment fait ton devoir, je ne te dis pas adieu mais au revoir".

Le Commandant salue la troupe, rend les honneurs et on salue ce camarade, le 1er auquel nous avons pu rendre ce dernier devoir.

Pendant notre marche en avant, nous avons croisé des cadavres abandonnés mais on n'avait pas le temps de les enterrer, chose fût faite par les territoriaux qui nous ont suivis.

Partout des tumulus ou des petits monticules rappelaient la lutte âpre qui avait dû se livrer quelques jours auparavant.

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mercredi, 07 novembre 2012

ARTHUR ET MADELEINE (mon 6ème livre)

Mon dernier livre est enfin paru.

Après 6 mois de travail, j'ai terminé de le finaliser ce week end. Je vous le présente ci-dessous. (cliquer sur le lien). Vous pouvez en lire quelques extraits en cliquant dans la catégorie "1893-2011" de ce blog.

 http://www.thebookedition.com/arthur-et-madeleine-elisabe...

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