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vendredi, 27 avril 2007

RETOUR DE COLONIE DE VACANCES

C'est la fin du mois d'août, mes petites soeurs sont rentrées de colonie de vacances. Cette année, leur séjour se déroulait dans le sud de la France, près de PAU.

Si Geneviève est ravie et pleine d'entrain, par contre Bernadette est couchée depuis 3 jours. Elle ne mange presque pas.

Maman, de plus en plus inquiète de voir sa fille dormir toute la journée, décide d'appeler le médecin.

Elle ne comprend pas du tout dans quel état est Bernadette, elle fait plein de suppositions. Elle va jusqu'à parler de méningite... Elle prend sa température mais elle est tout à fait normale.

Le médecin arrive et monte à l'étage pour examiner ma petite soeur. Je reste en bas et j'attends le verdict.

Le médecin descend en rassurant ma maman : il lui dit que demain elle sera rétablie, qu'elle n'avait besoin que d'un bon repos.

Le lendemain, Bernadette se lève en même temps que nous. Elle n'est pas encore tout à fait en forme mais l'appétit est revenu. Le médecin avait vu juste. Et dans les jours qui ont suivi, ma soeur a retrouvé le moral. Bien sûr, elle a toujours été difficile pour manger à table. D'ailleurs on l'appelle "pain-beurre". Quand mes grands-parents nous invitent le dimanche midi, elle ne fait grignoter... Elle dit que ce n'est pas bon chez Mamie.

Récemment, j'ai demandé à Bernadette ce qui c'était passé à la colonie de vacances. Elle m'a répondu que son séjour ne lui plaisait pas. Elle n'avait pas osé le dire à mes parents. Bien que Geneviève se trouvait pas loin d'elle, elle n'avait pas apprécié les activités avec des enfants qu'elle ne connaissait pas, Ces vacances ne lui ont pas été profitables.

mardi, 17 avril 2007

MON PREMIER CHAT

Je devais avoir 7 ans quand une petite chatte tigrée grise est arrivée un jour de septembre. C'était certainement une chatte du quartier. Elle passait tous les jours nous voir puis s'en retournait par les jardins derrière notre maison.

(J'avais eu un lapin apprivoisé quand j'étais encore bébé qui vivait aussi bien dans notre maison que dans le jardin. Mais depuis, je n'avais pas eu d'autre animal de compagnie.)

Ma maman la trouvait maigre. Alors un jour elle lui apporta un bol dans lequel elle avait mis du lait.

La petite chatte, pas effrayée du tout, accepta et se mit à boire.

Petit à petit, elle vint tous les jours chercher son repas. Ma maman fit son enquête dans le quartier pour savoir à qui elle appartenait. Le résultat de cette enquête ne donna pas de réponse à la question qu'elle se posait.

Chaque jour, nous attendions son arrivée. Maman nous appris à ne pas lui faire peur, ne pas lui faire de mal et à la caresser. Et pour finir, nous l'avons baptisée du nom de Mimine.

C'est maman qui eu l'idée du nom. Avec son grand coeur, elle l'autorisa bientôt à entrer dans notre maison et ce fut de cette manière que Mimine s'installa chez nous.

Elle nous donna régulièrement des chatons que maman ne désirait pas garder. Je ne vous raconterai pas comment elle s'y prenait pour se débarrasser de ces bébés chats, je ne veux pas vous retourner le coeur.

Cependant, comme à chaque naissance les mêmes demandes de notre part se renouvelaient, maman décida de garder un petit de Mimine quand celle-ci avait deux ans (âge approximatif étant donné que nous ne connaissions pas le jour où elle était née elle-même).

Ce fut un mâle que nous décidions d'appeler Moumousse. Il était également tigré mais plus foncé que sa maman.

Les jeux avec Moumousse étaient des parties de fous rires. Je me suis vraiment bien amusée avec lui.

Malheureusement, il fut tué par une voiture en traversant devant notre maison. Il avait deux ans.

A la portée suivante, nous décidons de garder un autre bébé de Mimine. Ce fut cette fois une petite chatte que nous avons appelée Moussette.

Mimine vécut à peu près 15 ans et Moussette 16 ans.

Moussette nous a donné un petit bébé roux que nous avions réservé pour offrir à nos petits voisins. Mais il n'a pas su s'habituer chez eux et nous avons dû le reprendre. Devenu adulte, il voyageait beaucoup dans le quartier. 

Il était très indépendant. Mais un jour il ne revint pas. On ne su jamais ce qu'il était devenu.

Nous avons recueilli d'autres chats, je dis nous mais c'était surtout ma maman. Arrivé au chiffre 13 ou 14, il était devenu indispensable de tenir un registre pour savoir quel chat était venu manger, et à quelle heure, afin de ne pas donner trop à manger à l'un et pas à l'autre.

Heureusement, il y a dix ans, n'ayant plus que deux chattes à la maison, ma maman pris la décision de ne plus jamais en recueillir d'autres. Sage décision étant donné le travail, les soins chez le vétérinaire et les soucis que cela peut donner à des personnes qui prennent de l'âge.

vendredi, 13 avril 2007

MAMAN SE PREPARE

Le matin, maman se prépare à sortir.

Elle sort sa petite boîte rose et ronde. Celle que l'on voit quelquefois dans les magazines, en publicité.

Elle en tire une houpette rose et étale délicatement et uniformément la poudre de riz sur son visage en se regardant dans le miroir.

Puis, elle referme sa boîte rose et ronde qu'elle range dans le tiroir de sa coiffeuse blanche.

Elle prend une boîte bleue contenant un pain de mascara noir et une petite brosse. Elle étale sur ses cils le mascara noir avec la petite brosse, en haut, en bas, sur les deux yeux, et referme la boîte bleue qu'elle range dans l'autre tiroir de la coiffeuse blanche.

Elle choisit un tube de rouge à lèvres. Aujourd'hui, ce sera le rose. Elle dévisse le tube et l'approche de ses lèvres. Elle fait glisser le bâton sur celles-ci. Elle fait attention de ne pas dépasser le contour. Elle referme la bouche en pinçant ses lèvres. Et rebouche le tube qu'elle range au même endroit. Elle se regarde une dernière fois dans le miroir. Elle recoiffe ses cheveux bouclés.C'est très bien. Maintenant, elle peut sortir.

 

 

dimanche, 08 avril 2007

MARRAINE

Ma tante Nicole vient d'avoir son 3ème enfant. Il s'appelle Pascal et nous partons à la Clinique pour les voir. J'ai 12 ans et l'on me demande si je veux bien être sa marraine. C'est la première fois qu'on me le demande. On m'explique ce que cela veut dire. J'accepte volontiers. En attendant, nous découvrons notre petit cousin dans la chambre de la Clinique.

Malheureusement, Nicole est inquiète car elle attend des résultats d'analyses que le médecin avait ordonnées.

Le lendemain, elle nous apprend qu'elle est atteinte de tuberculose. Il va falloir s'organiser pour s'occuper du petit Pascal et des deux autres enfants, Michel et Dominique, mon cousin et ma cousine et ceci pendant un an, le temps que leur maman se soigne au Sanatorium. Il est décidé que ma Mémé prendrait chez elle Dominique qui n'a que 2 ans. Michel ira chez les parents de son papa. Ma maman s'occupera du bébé un mois sur deux avec les grands parents.

Maman n'est pas très heureuse de se remettre à pouponner après avoir déjà élevé 5 enfants. Mais elle n'a pas le choix. Elle le fait cependant avec beaucoup d'amour. Nous l'aidons bien sûr comme nous pouvons sachant que c'est une grande responsabilité.

Le petit Pascal grandit ainsi dans notre maison. Je lui donne à la cuillère de la purée avec du jambon ainsi qu'une banane écrasée avec du sucre qu'il mange avec bon appétit. Son papa vient lui rendre visite quand il sort du travail. Il n'oublie pas de prendre des photos de temps en temps car son petit lui manque. Il se partage entre le sanatorium et ses 3 enfants éparpillés dans trois foyers différents ce qui n'est pas toujours facile pour lui.

Quand Pascal est chez ses grands parents, nous ne manquons pas de nous arrêter devant la cour de leur maison afin d'essayer de l'apercevoir.

Quant à Dominique, elle réveille sa Mémé au milieu de la nuit pour qu'elle lui prépare un biberon de lait. Tout le monde lui dit "tu es trop grande pour boire encore le biberon" mais rien n'y fait. Il faut qu'elle dérange Mémé.

Michel va à l'école et à son âge il commence à se débrouiller seul. Il ne cause pas de souci à ses grands parents.

Au bout d'une année, la famille est enfin réunie mais cette fois dans une maison toute neuve. Car mon oncle a revendu la maison ancienne qu'il avait commencé à retaper. Il n'était plus question de rester avec 3 petits dans un chantier perpétuel. Et de plus dans une maison humide... avec tout le travail que la restauration demandait. Il voulait se consacrer entièrement à sa petite famille et aider Nicole qui était encore faible.

Aujourd'hui encore, Pascal est reconnaissant envers ma mère pour tout ce qu'elle a fait pour lui. Elle était devenue sa seconde maman. Même s'il était trop petit pour se souvenir de sa première année, il existe un lien un peu plus profond entre eux deux. Et moi je reste sa marraine... et il est presque mon petit frère.

 

mercredi, 04 avril 2007

PROMENADES DU JEUDI

Les promenades du jeudi après-midi avec ma grand-mère se ressemblaient. Une seule destination : la forêt.

Il fallait cependant savoir marcher pendant au moins une heure. Aidée de sa canne, elle aimait se promener avec ses 5 petits enfants. C'était le seul jour avec le dimanche où elle pouvait profiter un peu de nous.

A force de prendre toujours le même chemin, nous avions des repères et nous nous faisions des amis. Tel ce cheval, derrière la haie, dont je ne me souviens plus du nom, que nous aimions appeler et regarder nous regarder. Ce n'est pas tous les jours que l'on peut voir un cheval dans une prairie ou un enclos dans ce pays de vaches.

Une grande maison, un peu comme un petit manoir, attirait également nos regards. Le vaste jardin était très bien entretenu. Les propriétaires l'avaient garni d'objets tels que nains, lapins et champignons en céramique. Je crois aussi me souvenir que Blanche Neige y avait une place au milieu de la pelouse... Combien de fois sommes-nous passés devant cette maison et avons-nous regardé si ces objets étaient encore là ? Je ne peux pas le dire. Pour des enfants, une telle vision ne pouvait qu'enchanter et au retour de la promenade, nous regardions encore.

Mon frère qui était l'ainé, était farceur. Il aimait faire le chef. Un jour, il nous montre un petit chemin sur la gauche et nous dit :"Par là on va à Paris". Personne ne répond. Nous sommes des petits enfants et nous ne connaissons rien de la géographie. Alors, je le regarde et j'attends la suite. Mais il se met à rire en disant : "tous les chemins mènent à Paris". Ma grand-mère lui répond : "oui, si on veut, mais c'est un peu loin... on n'ira pas aujourd'hui".

Au retour, elle nous payait un petit verre de limonade dans un café, à la sortie de la forêt. Elle discutait un peu avec la propriétaire. Elle était fière de montrer ses petits enfants. Et nous repartions à la maison pour le goûter, heureux de cette charmante promenade. Nous retrouvions mon grand père qui avait passé le temps au bord de la rivière. Il avait rangé sa canne à pêche dans le garage et nous rejoignait dans la maison pour boire un café.

dimanche, 25 mars 2007

LA LETTRE

Un matin, maman reçoit une lettre non affranchie, à mon nom. Le facteur lui demande de régler les frais : timbre et taxe de non affranchissement. Cela met de mauvaise humeur maman.

Qui peut bien écrire à sa fille qui n'a que 11 ans et sans mettre de timbre ?

A l'ouverture, elle pousse des : "Oh ! Et bien !".

Elle la montre à toute la famille. J'en prends connaissance avec surprise : il s'agit d'une lettre d'un jeune garçon qui me donne rendez-vous à telle heure et à tel lieu de la ville. Il n'a pas signé et je me demande bien qui a pu écrire.

Bien sûr, il n'est pas question que je me rende à ce rendez-vous car je n'ai pas de fiancé, ni d'amoureux. A cet âge là, pas encore...

La lettre va jusque chez la voisine. Ainsi, mes petites copines sont mises au courant.

Je suspecte bien un garçon qu'elles fréquentent. Il s'agit du fils du propriétaire du Cinéma qui se trouve de l'autre côté de la rue. Mes voisines en sont amoureuses et aimeraient bien sortir avec lui. A chaque fois qu'il sort dans son jardin, si elles se trouvent dans la rue, elles filent lui parler.

Nous faisons notre enquête, jour après jour, mais jamais nous ne sommes parvenus à trouver le coupable. Comme je n'avais pas envie d'aller au rendez-vous donné, je n'ai jamais su vraiment qui avait écrit cette lettre anonyme.

Et nous n'avons jamais été remboursés des frais que maman a dû régler au facteur...

jeudi, 15 mars 2007

ERNEST N'EST PAS CONTENT...

Les enfants aiment explorer. Tout ou presque.

A l'âge de dix ans, avec mes petits voisins ou mes petites voisines, j'aimais me glisser à plat ventre sous le grillage qui fermait la pâture au bout du petit chemin qui longeait le jardin de mes parents. L'herbe tendre et la vue immense qui s'ouvrait derrière ce grillage nous attiraient. Seulement, il fallait être prudent à cause des vaches qui se trouvaient là mais également à cause d'Ernest, le fermier, qui pouvait nous voir. Pour passer sous le grillage, il fallait d'abord être certain que les vaches étaient loin et ne pouvaient pas arriver de si tôt.  Il fallait aussi regarder si Ernest n'était pas à l'horizon.

Quelquefois, on entendait son tracteur aller et venir dans le champ près de sa ferme. Alors, nous nous préparions à passer sous le fil de fer. Pour montrer que nous étions capables d'accomplir ce petit exploit. Mais un jour, il se mit à crier de sa maison : "voulez-vous vous en aller, partez tout de suite".

Il nous avaient vus et nous n'étions pas fier de nous. Nous sommes partis en courant vers la maison tous honteux et nous avions surtout peur de nous faire gronder par nos parents. Car Ernest connaissait bien ma maman. Ils étaient enfants quand ils se connus, à l'école maternelle plus exactement. Un jour, cependant, j'ai raconté à maman ce que nous avions fait. Elle nous a dit de ne plus recommencer et que ce serait grave si nous étions piétinnés par ces grosses bêtes. Moi, j'avais tellement peur d'elles qu'il n'était pas question que je reste plus de deux secondes dans la pâture d'Ernest. C'était juste pour accomplir un petit exploit...

lundi, 05 mars 2007

ENFANTS EN VACANCES

Quand j'étais enfant, les vacances se passaient simplement. Nous ne partions qu'un été sur deux en Bretagne. Et un été sur deux, mes soeurs allaient en colonie de vacances. Moi, j'ai toujours refusé d'y aller. Ma mère n'insistait pas.

Pour passer le temps, pendant les autres vacances, celles d'hiver et de printemps, j'aimais aller vers le terrain de sport du Collège qui était à 100 mètres et nous y passions des après midi entières.

Un jour de printemps, nos deux petits voisins (Sylvère et David) jouaient sur un portique qui servait à pendre des cordres à noeuds. Le plus jeune (David) qui devait avoir 6 ans, était monté tout en haut par l'échelle droite qui se trouvait sur un des côtés. Sous le portique, le sable étalé servait à amortir les chutes des élèves qui grimpaient sur ces cordes. Malheureusement, de là haut il fit une chute, pas grave, mais il s'est ouvert la bouche sur son petit camion en métal qu'il avait posé sur le sable et avec lequel il avait joué quelques minutes plus tôt. Sa lèvre était coupée et, voyant tout le sang couler, nous sommes allés en courant le reconduire chez lui. Il habitait à 5 mètres de là. Nous connaissions bien ses parents et quand ils nous ont vus arriver si vite, sa mère et sa grand mère se sont affolées. Nous avons su le lendemain que David avait eu 4 points de suture à la lèvre. Comme nous avions eu très peur, nous sommes restés à la maison pendant quelques jours en demandant de temps en temps de ses nouvelles.

Quelquefois, ces petits voisins venaient jouer chez nous aux cartes, au Nain Jaune, aux petits chevaux, Aux Milles Bornes ou aux dames ou au Jeu de l'Oie.

Ce que j'aimais, c'est quand ils nous invitaient chez eux. Sa mère, sosie de "Maguy" (feuilleton des années 90's), portait de grandes boucles d'oreilles très lourdes. Elle nous offrait de la limonade, boisson que nous n'avions pas chez nous. Ayant eu 3 garçons, elle était heureuse de nous accueillir, nous les filles. Elle aimait plaisanter avec tous ces enfants. Je la revois dans sa cuisine, avec sa belle-mère, tous les jours en visite chez elle. Son mari était très sévère, il était instituteur et ses élèves le craignaient.

Quand ils partaient "en cure" au mois d'août, ils nous envoyaient une carte postale de là-bas et quelquefois un petit souvenir. J'ai gardé la petite cloche de St Claude où ils avaient passé un été.

Puis, le terrain de sport a été démoli pour faire place à la route qui menait au nouveau Lycée. Nous avons grandi comme tous les enfants. Sylvère, qui était dans ma classe en seconde, pensait à ses études et nous nous parlions peu pendant les cours. Je savais que son père lui mettait la pression pour qu'il réussisse ses études. Cependant, je me souviens qu'à la fin de cette année là, vers les derniers jours de classe, nous avions joué une dernière fois aux cartes avec les 4 autres élèves qui étaient encore présents.

 

vendredi, 09 février 2007

BEAUX JOURS

Les dimanches après-midi où il faisait beau, ma grand-mère aimait sortir ses chaises et les installaient à l'ombre des pruniers, au fond de son jardin.

Elle préparait le café à la cuisine et sortait ses tasses sur la table dehors. Après le repas pris en famille, nous profitions du jardin pour nous y amuser et laisser les grandes personnes discuter des évènements récents. Petite, j'aimais me coucher dans l'herbe haute de ce coin de jardin préservé, avec mes soeurs et mon frère. Ma grand mère nous mettait une couverture par terre, comme pour un pique nique. Mon frère me prêtait ses livres. Nous allions courir après les poules. Nous inventions des histoires comme dans les films de cow boys. Mes parents et grand-parents continaient à discuter de choses et d'autres tout en nous surveillant d'un oeil.

Mais un jour, mon frère avait disparu, nous nous sommes mis à le chercher partout en criant après lui. Il ne répondait pas. Sans doute riait-il de sa cachette en nous écoutant et se moquant bien de nous. Tout le monde se mit à le chercher et nous avions très peur car, au bout du jardin, se trouvait une rivière où mon grand père aimait pêcher. L'angoisse grandissait au bout d'une demi heure. Je trouvais ridicule qu'il ne réponde pas. Je sentais l'anxiété monter, surtout chez ma maman. Moi, j'allais et venais dans l'herbe puisqu'on m'avait interdit d'aller derrière les hangars ainsi qu'à mes soeurs.

Tout le monde criait après lui et aucune réponse ne venait. Je n'étais pas inquiète mais en colère contre lui pour cette farce qu'il nous jouait.

Au bout de cette demie heure qui nous avait semblée très longue, mon frère est apparu dans le chemin, face à la rivère, entre les deux hangars, un grand sourire au milieu de sa figure et les bras en croix, ayant l'air de dire "je vous ai bien fait marcher".

Nous nous sommes tous exclamés à sa vue et mes parents ne l'ont pas trop sermoné car il s'était caché derrière des cartons, dans un des hangars. Et puis, il était assez grand pour comprendre que l'on ne doit pas faire peur aux autres ainsi.

 

lundi, 05 février 2007

UN JOUR EXCEPTIONNEL

Le 25 septembre 1959 fut un jour exceptionnel pour la petite ville de mon enfance.

J'avais 7 ans, ou presque, et la veille la directrice de mon école avait donné des instructions à tous les parents d'habiller les enfants en tenue correcte pour le lendemain.

Nous avons donc laissé nos cartables et tabliers à la maison. Je portais ce jour là un manteau sur mon pull et ma jupe à volants.

Dans ma petite tête d'enfant, j'avais compris que des messieurs très importants, venus de Paris, allaient s'arrêter dans notre ville et que ce jour aurait un air de fête.

Le matin, avant l'heure prévue, nous nous sommes mis en rang par classe, dans la cour.

Les institutrices nous ont donné un petit drapeau bleu, blanc, rouge et nous ont demandé de l'agiter en arrivant au lieu de rendez-vous.

Nous voilà donc parties dans les rues accompagnés de nos institutrices.

Dans les rangs, mes camarades parlaient. "Un Président de la République, c'est quelqu'un de très important" "Tu vas voir ..."

Sur la place, déjà beaucoup de monde et de grosses voitures noires étaient arrivés.

Face à la Caserne Clarke, le Maire de notre ville salua Charles de Gaulle et lui souhaita la bienvenue au nom de la ville. Un millier de personnes s'était massé sur l'Esplanade, encadrant le Maire, le Curé, le Conseil Municipal, les enfants des écoles agitant de petits drapeaux tricolores.

Le Général de Gaulle répondit en quelques mots au discours du Maire en disant sa fierté d'être reçu dans une ville aussi remarquable en raison de son histoire et de sa vaillance. Il signa ensuite le Livre d'Or de la cité.

Le Président répondit avec cordialité à l'accueil qui lui était fait et ne tarda pas à remonter en voiture pour poursuivre le périple qu'il s'était tracé.

L'entrevue avait duré 15 minutes. On a conservé à l'Hôtel de Ville le stylo dont s'est servi le Général de Gaulle pour apposer sa signature sur le Livre d'Or.

Pour moi, comme pour tous ceux qui étaient présents, ce fut un souvenir mémorable.