samedi, 07 février 2015
Mr ROUSSEAU
Un de mes professeurs m'a marqué plus particulièrement. Proche de la retraite, il enseignait le français en 5ème au collège que je fréquentais, collège qui était également un lycée.
Trois lieux ont marqué son existence : sa ville natale, l'Afrique et la ville où il a passé la fin de sa vie.
Les jeunes de mon âge se souviennent de la célèbre 2 CV rouge qui se garait le matin et l'après midi devant l'établissement. Le professeur emmenait quelquefois des élèves avec lui.
Il commençait son cours avec sérieux puis, voulant partager ses souvenirs, il parlait de sa vie passée à Bamako, capitale du Soudan, l'actuel Mali. Il nous racontait des anecdotes sur les Touaregs, comment ils vivaient, quelles étaient leurs coutumes.
Mr Rousseau avait exercé dans le cadre de l'éducation des fonctions de professeur, d'inspecteur en brousse et de directeur de cabinet au sein du ministère. Il interrompait ses cours quand un détail lui rappelait cette vie loin de la France qui devait certainement lui manquer. Nous écoutions ces récits qui nous semblaient d'un autre monde. A treize ans, nous étions si jeunes que nous ne connaissions presque rien.
Notre professeur ressemblait à Jean Gabin et impressionnait quand ses grands yeux clairs s'écarquillaient ou quand ses sourcils se fronçaient. Il était extraordinaire. Nous l'aimions bien ce "papy" sympathique. Pendant les grandes vacances, comme certaines de mes camarades, je lui ai envoyé une carte postale de Bretagne. Il venait de prendre sa retraite et il nous manquait déjà.
Dans sa ville, il était connu : il avait plusieurs cordes à son arc. Il animait d'ailleurs un club de tir à l'arc. Il était à la fois musicien, peintre, animateur, acteur, orateur, conteur et historien. Il a touché à tout avec réussite. En tant que peintre, il participait à de nombreuses expositions prestigieuses. Sa maison était tapissée de ses toiles. En tant qu'animateur, il participait à la mise en place de défilés en costumes historiques. En tant qu'acteur, il avait monté plusieurs pièces de théâtre dans sa commune.
15:39 Publié dans Souvenirs | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : souvenirs, anecdotes, écriture, journal intime, enfance, éducation nationale, professeur, société, écoles.
mercredi, 28 janvier 2015
MENSONGE - MENTIR
Qui dit un mensonge en dit cent.
A beau mensonge, longue mémoire.
Nature ne peut mentir.
Bon fait mentir pour paix avoir.
( en photo : dessus de porte à Notre Dame de Londres. Photo prise la semaine dernière )
17:26 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : citations, écriture, société, mentir, nature, auteur, livre
mardi, 27 janvier 2015
NATURE
Dans les branches le vent s'amuse
Le soleil vient par ruse
Le matin dans la blancheur
La barque attend le pêcheur
Le champ attend le semeur
Chaque jour s'écoute ou se meurt
Le vent dans un tourbillon
Envole les papillons
Quand le vent déraisonne
La nature bourdonne
Les oiseaux dans leur nichoir
Cherchent leur auditoire.
14:07 Publié dans Mes poèmes | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : poésie, poème, poète, écriture, nature, saisons
mercredi, 14 janvier 2015
VA CHERCHER DU LAIT (souvenirs d'enfance)
Maman me donne un pot en aluminium et quelques pièces que je mets dans la poche de mon manteau. Elle me demande d'aller chercher du lait chez la mère d'Ernest.
Tout au long du chemin, je répète ce que Maman me dit quelquefois : "tu as 7 ans, tu es grande maintenant...". Oui, car je vais à la grande école.
Je passe devant la Gendarmerie où un drapeau flotte, puis devant le magasin de vélos. Je regarde la vitrine. Je remue les pièces dans ma poche et je repars.
Arrivée devant la lourde porte de la grand-mère, je tourne la grosse poignée et pousse de toutes mes forces pour ouvrir. La porte se referme derrière moi.
Je marche sur le carrelage où mes souliers résonnent. Je monte trois marches qui mènent à la table où je dépose mon pot à lait. La vieille dame arrive et je lui dit bonjour en lui tendant mes quelques pièces. Elle me répond et prend mon pot. Dans la pièce mal éclairée sous l'immense plafond, je regarde les vitres de toutes les couleurs de la grande porte derrière laquelle la dame a disparu. Elle revient avec mon pot que je reprends délicatement.
J'aime l'odeur chaude du lait.
Je ne reste pas plus longtemps car je ne sais pas quoi dire à la dame, à part "au revoir et merci", comme Maman m'a appris.
Je suis soulagée de rentrer à la maison, je n'ai pas renversé le lait...
samedi, 20 décembre 2014
LE PETIT POUCET
On ne s'afflige point d'avoir beaucoup d'enfants
Quand ils sont tous beaux, bien faits et bien grands,
Et d'un extérieur qui brille ;
Mais si l'un d'eux est faible ou ne dit mot
On le méprise, on le raille, on le pille,
Quelquefois cependant c'est ce petit marmot
Qui fera le bonheur de toute la famille.
(Charles PERRAULT)
15:12 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : perrault, le petit poucet, écriture, culture, livre, société, contes, enfant, enfance
samedi, 13 décembre 2014
La Foire St Luc
Chaque année, le 18 octobre, a lieu la foire St Luc, un événement important pour la ville où je suis née. Des commerçants ambulants envahissent la rue principale et les deux places, mettant de l'animation pour une journée. De chaque côté de la rue, les étalages attirent petits et grands. On entend ici et là différentes musiques. Les commerçants crient devant les passants en vantant leurs produits. On trouve de la vaisselle, des batteries de cuisine, des disques, des livres, des jouets, du linge de maison, des oignons, de l'ail, des gâteaux, des chaussures, des vêtements, des oiseaux, des lapins, des toupies, des peluches, du nougat, tout ce que vous pouvez imaginer pour combler le monde qui se presse dans le fouillis.
Au bout de cette artère principale, est exposé du bétail, des tracteurs et du matériel agricole. Les fermiers y font des affaires.
En ce jour de fête, ma mère et ma grand mère me donnaient quelques francs afin que je puisse acheter le jouet de mes rêves. Pour le trouver, je faisais plusieurs fois le tour des étalages. Maman profitait de la Foire pour habiller ses 5 enfants car l'hiver était déjà là à cette époque de l'année. C'était aussi l'occasion de bavarder avec des amis.
Sur les deux places, les forains avaient installé leur manège. J'essayais de ne pas dépenser tout ce que j'avais dans mon porte monnaie. La tentation était grande partout. Autour des manèges, des bijoux de princesses étaient vendus dans des distributeurs automatiques. Les garçons pouvaient s'essayer au fusil sur les cartons des stands de tir avec leur père et tenter de gagner d'immenses peluches.
16:18 Publié dans Souvenirs | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : souvenirs, textes brefs, écriture, enfance, foires, ducasse, marché, vendeurs, colporteurs
mercredi, 10 décembre 2014
CITATIONS
Les grands voleurs font pendre les petits.
Les voleurs privés sont aux galères et les voleurs publics dans les palais.
L'habit volé ne va pas au voleur.
Qui ose prendre le veau osera prendre vache et troupeau.
(en photo, fenêtre de maison en ruine, dans une rue de mon village).
10:37 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : citations, écriture, culture, auteur, hiver, contes, société
lundi, 01 décembre 2014
BASILIC
Avoir un regard de basilic : c'était une croyance que les vieux coqs pondaient quelquefois un oeuf dans le fumier ; il produisait un basilic, reptile redoutable auquel on attribuait le pouvoir de tuer par son seul regard quiconque s'y trouve exposé, et de se tuer lui-même quand il se voit dans une glace. De là ces expressions proverbiales : lancer des regards de basilic, faire des yeux de basilic à quelqu'un - c'est à dire des regards et des yeux enflammés de fureur.
14:20 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : citations, proverbes, culture, écriture, nature, auteur, littérature, basilic
dimanche, 23 novembre 2014
Version du CD de Léonard COHEN (UN CANADIEN ERRANT - 1979)
15:03 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : musique, léonard cohen, écriture, canada, canadien, culture
mercredi, 19 novembre 2014
TRANCHER LE NOEUD GORDIEN
Trancher le noeud Gordien, c'est se tirer par une mesure rigoureuse d'une difficulté embarrassante.
GORDIUS, père du Roi Midas, avait un chariot dont le joug était attaché au timon par un lien fait d'écorce de cornouiller, et tellement entrelacé qu'on ne pouvait en découvrir ni le commencement ni la fin.
Un oracle promettait l'empire de l'Asie à celui qui en viendrait à bout. Alexandre le Grand fit plusieurs tentatives pour délier le noeud mystérieux ; mais, n'y parvenant pas, et craignant que ses soldats y voient un mauvais présage, il le trancha avec son épée et, par ce moyen, accomplit l'oracle.