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mardi, 23 novembre 2021

LE VIN CHAUD

Avec mes soeurs, quand nous étions enfants et assez grands pour partir à pied à l'autre bout de la ville, un bon kilomètre, nous allions rendre visite à nos grands parents paternels. C'était le jeudi, jour où il n'y avait pas école. Il nous fallait passer le pont du canal (de la Sambre à l'Oise) et longer le pont du chemin de fer (Paris-Bruxelles). L'autre grand mère (maternelle) vivait derrière l'église et près du boulevard où nous habitions. 

En hiver, notre grand mère paternelle nous proposait de boire du vin chaud, pour nous réchauffer juste avant de repartir à pied, car il fait bien froid dans le Nord, entre les mois de novembre et mars. Nous étions déjà presqu'adolescentes, sinon elle ne nous aurait pas permis de boire du vin avant l'âge de 11 ans.

Quand mes grands parents paternels sont décédés, l'un en 1981 et l'autre en 1982, j'ai hérité de quelques objets et meubles leur appartenant.

C'est dans ces tasses que je me souviens avoir bu le vin que ma grand mère faisait chauffer sur sa cuisinière, tasses usées mais que je veux garder en souvenir.

Elle était "aux petits soins" avec ses 5 petits enfants qui ont grandi certainement trop vite et qui se sont ensuite mariés pour vivre l'une en Bretagne, l'autre en Angleterre, l'autre dans le département voisin, l'autre encore à 84 kms, mon frère est resté plus longtemps dans la même ville que mes grands parents.

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jeudi, 21 mai 2020

Le 21 MAI 1923

Mes grands parents maternels, Valère et Marie Marguerite, se sont mariés le 21 mai 1923. Ils ont eu deux filles : Thérèse (née le 10 janvier 1928) et Nicole (née le 5 janvier 1930). Thérèse était ma mère, elle est décédée le 31 juillet 2016.

Valère et Marie Marguerite ont divorcé en 1934. Valère s'est remarié avec Olga qui était la soeur de la femme de son frère Calixte, Après le divorce, Valère n'oubliait jamais d'envoyer des lettres et des cartes à ses deux filles, surtout à la Sainte Catherine. 

Marie Marguerite travaillait pour élever ses deux enfants. Elle vécu seule le reste de sa vie, refusant de quitter sa petite ville du Nord pour un homme qui lui demandait de le suivre à Lille.

Pendant la Grande Guerre 14-18, la région du Nord était occupée par les Allemands. Marie Marguerite, née le 31 décembre 1898, reçu dès 1917 quelques courriers de Jean R. de F., un Allemand qui était très amoureux d'elle mais qu'elle n'a plus jamais revu. Je raconte l'histoire ici :

http://boulevarddesresistants.hautetfort.com/archive/2018...

Je raconte mes souvenirs de grand père et grand mère ici :

http://boulevarddesresistants.hautetfort.com/archive/2006...

 

Le jour du mariage de Valère et Marie Marguerite :

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mardi, 07 mars 2017

Mémé

Pour aller rendre visite à Mémé, on poussait la vieille porte donnant sur la rue et on grimpait l'escalier jusqu'au premier étage. L'escalier étroit en bois craquait sous nos pas. Nous arrivions devant la porte vitrée de l'appartement. On sonnait et elle venait nous ouvrir après avoir dit du fond de sa cuisine : j'arrive !

On entrait dans un trou noir, le couloir, où elle pendait son manteau, son chapeau et ses foulards et où elle rangeait aussi ses chaussures. 

Ah ! c'est vous les enfants, essuyez vos pieds avant d'entrer.

Elle nous embrassait en riant, heureuse de notre visite. On tournait à droite vers la cuisine, la pièce où elle vivait la plupart du temps. Derrière une porte, sa chambre. Ces deux pièces donnaient sur la rue où la boulangerie-pâtisserie, le bureau de tabac-presse, le photographe et le pressing devenaient un spectacle pour Mémé, l'après midi, quand elle s'asseyait à sa table recouverte d'une toile cirée orange. Elle regardait par une des deux fenêtres les gens entrer et sortir des magasins. Elle connaissait tout le monde.

L'appartement ne possédait pas de WC, ni de salle de bains. Mémé mettait un seau dans une minuscule pièce fermée par un rideau, un débarras, et, pour faire sa toilette, l'évier suffisait.

De l'autre côté du couloir se trouvait la salle à manger, pièce sombre éclairée par une petite lucarne. Nous n'y sommes entrés qu'une fois. Je me souviens vaguement de son buffet ancien, de sa grande table et de ses chaises assorties. Elle ne recevait jamais personne et cette pièce me semblait triste et silencieuse.

Nous ne restions chez Mémé que quelques minutes. Elle sortait alors sa bondonnière pour nous offrir des carambars au caramel avant de nous dire au revoir en nous embrassant sur le sommet de la tête.

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