samedi, 18 juin 2016
JUSTE ELLE
On la disait
Un peu sauvage
Dans son jeune âge
Elle aimait l'anglais
Douce, mais aussi
Mal dégrossie
Un peu têtue
Disait sa mère
De sa voix pointue
Comme une vipère
Rarement jalouse
Elle avait le blues
Quand son Portugais
Un grand dadais
La négligeait
Et allait draguer
Elle vacillait
Et s'ennuyait
Toute sa jeunesse
Elle le confesse
La rendait cafardeuse
Comme l'eau de la Meuse.
18:48 Publié dans Mes poèmes | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : poésie, poèmes, poète, écriture, vers, recueil, livre, société
samedi, 28 mai 2016
DANS LA FORET (souvenir d'enfance)
Nous passions de bons moments dans la forêt, les dimanches, dès que le printemps arrivait. Les feuilles de l'automne dernier, tombées sur le sol, formaient un tapis qui sentait bon.
Pendant que nos parents discutaient avec grand-père et grand-mère autour d'une petite table de pique nique, nous partions à la découverte du coin. Maman nous surveillait de temps en temps et nous demandait de ne pas nous éloigner. Comme Robinson sur son île, nous construisions une cabane avec les plus belles branches. Nous choisissions les plus solides pour qu'elles résistent au poids des branchages et feuilles que nous posions au-dessus. Cette cabane nous semblait très confortable avec son tapis de mousse et de feuilles.
Papa nous racontait que des sangliers passaient ici la nuit comme le jour. Nous cherchions alors des traces de leurs passages sur les sentiers encore humides. De temps en temps des craquements se faisaient entendre au loin. Nous nous cachions derrière un arbre, silencieux, espérant voir ces bêtes noires que nous avions découvertes dans la bande dessinée offerte à Noël par grand-mère. Je veux parler des aventures de Sylvain et Sylvette. Mais jamais nous n'avons vu de sangliers.
14:31 Publié dans Souvenirs | Lien permanent | Commentaires (21) | Tags : souvenirs, enfance, jeux, forêt, écriture, livre, nouvelles et textes brefs
mardi, 24 mai 2016
OREILLE
Les oreilles dans l'homme sont mal défendues. On dirait que les voisins n'ont pas été prévus. (Henri MICHAUX - Face aux Verroux).
L'oreille est le sens préféré de l'attention. Elle garde, en quelque sorte, la frontière du côté où la vue ne voit pas. (Paul VALERY - Tel quel).
12:49 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : auteur, écriture, livre, culture, littérature, citations
jeudi, 19 mai 2016
Extrait de UN DE BAUMUGNES, livre de Jean GIONO
De toute l'après-midi, bien sûr, il ne fallut pas penser à mettre la main sur Saturnin. Il était là-bas - je le voyais - dans le fin fond du verger à regarder dans la ramure des vieux arbres et, comme une fois je faisais mine d'y aller aussi, il s'écarta vers la saulaie en marchant comme les canards. Le grain, vous pensez bien, ça avait été trié et mesuré très vite, on avait à peine foulé un jour, et, quant à faire autre chose, il n'y fallait pas compter. A cette époque de l'année, toutes les heures c'est pour le blé ; alors je restai là, à regarder mon aire bien propre de goût d'artiste en fait d'aire, et souple au pied, et dure aux épis, et puis sa rondeur juste et l'air heureux qu'elle avait avec son poids de paille et de grain. C'était réussi. Je regardais aussi à quoi elle ressemblait dans le milieu de cette terre méchante : à un bouquet. Je regardais aussi la maison, la maison en pierre, les murs et les tuiles et le bois des volets, et le bois des portes, tout cela bien joint, bien fermé sur l'air noir du dedans et je ne pouvais pas arriver à comprendre pourquoi c'était si bien fermé, pourquoi on avait mis cet air du dedans à l'abri de nos mains et de notre oeil.
(Résumé : À la Buvette du Piémont, un vieux journalier est attiré par un grand gars qui paraît affreusement triste ; il provoque ses confidences : Albin vient de la montagne, de Baumugnes. Trois ans auparavant, il était tombé amoureux fou d’une fille qui s’est laissé séduire par le Louis, «un type de Marseille, un jeune tout creux comme un mauvais radis». Le Louis ne lui avait pas caché que son intention était de mettre la fille sur le trottoir. Depuis, Albin est inconsolable, traînant de ferme en ferme, sans se résoudre à remonter à Baumugnes. Alors le vieux, qui n’est que bonté, décide d’aider Albin.
Un de Baumugnes est le deuxième roman de la trilogie de Pan, les deux autres étant Colline et Regain.)
12:05 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : culture, écriture, livre, littérature, giono
dimanche, 17 avril 2016
SOLITUDE
La solitude est sans attraits pour la plupart des hommes parce qu'elle ne leur fournit pas assez de pensées qui leur plaisent (Pierre NICOLE).
(Pierre Nicole était un théologien et un controversiste français, né le 19 octobre 1625 à Chartres, et décédé le 16 novembre 1695 à Paris. Il est considéré comme un des principaux auteurs jansénistes).
La solitude est utile. Il faut parfois ne parler qu'avec soi-même. On entend alors de dures vérités ou d'agréables mensonges selon qu'on s'analyse ou qu'on s'imagine (Henri de REGNIER).
15:30 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : citations, auteur, livre, écriture, culture
lundi, 11 avril 2016
QUI SONT CES COUPLES ?
Qui sont ces jeunes couples
Qui dansent en boucle
Qui croquent l'amour
Et parlent de toujours
Qui se croient beaux
Tel un tableau
S'envoient des fleurs
Parlent avec le coeur
De l'avenir à deux
Ne parlent que d'eux
Dévorent la vie
Se sont épris
Avant que la mort
Cruel sort
Ne songe à eux ?
La course des jours
Et de leur amour
Rend plus amoureux.
17:09 Publié dans Mes poèmes | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : poésie, poème, poète, écriture, recueil, livre, culture, amour
jeudi, 07 avril 2016
RESOLUTION
Les résolutions sont comme les anguilles ; on les prend aisément. Le diable est de les tenir. (Alexandre DUMAS fils).
Les bonnes résolutions sont des chèques tirés sur une banque où l'on n'a pas de compte ouvert (Oscar WILDE - Le portrait de Dorian Gray).
On trouve toujours les responsabilités trop lourdes, le jour où l'on peut s'y soustraire. (Jakob WASSERMANN - L'affaire Maurizius).
15:31 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (18) | Tags : citations, livre, auteur, culture, littérature
vendredi, 01 avril 2016
LA FEMME FANTOME
Elle est montée dans la rame de tramway en suivant les autres et a validé son ticket. Elle s'est assise sur une place libre, tout en tenant son sac des deux mains, un peu comme une petite fille... Je la regardais car elle paraissait étrange : ses cheveux sans couleur pendaient sur son visage fripé. Ses yeux cernés regardaient le sol. Les yeux vides, le regard immobile, elle resta ainsi tout le long du court voyage qui l'emmenait vers le centre ville. Je pensais alors que c'était peut être sa première sortie depuis cinquante ans. Son sac me rappelait celui de maman, celui qui est sur la photo prise devant notre ancienne maison, le jour du déménagement, je n'avais alors que 2 ans. Mais celui de la femme fantôme était sale, des traces de doigts le recouvraient par endroits. Où allait-elle ? J'imaginais qu'elle venait de rendre visite à son médecin qui l'avait autorisée à prendre quelques jours afin de voir sa famille. Mais en avait-elle ? Avait-elle une maman, une soeur, un enfant ?
18:13 Publié dans Nouvelles et textes brefs | Lien permanent | Commentaires (24) | Tags : nouvelles et textes brefs, écriture, témoignage, culture, livre, auteur, souvenirs
samedi, 12 mars 2016
MUSIQUE
La musique est le refuge des âmes ulcérées par le bonheur.
(Emil Michel CIORAN est né le 8 avril 1911 en Roumanie et décédé le 20 juin 1995 à Paris. Il est un philosophe et écrivain d'expression roumaine puis française à partir de 1949).
La musique est le langage des passions, mais toutes les passions ne gagnent pas à être mises en musique
(De l'opéra allemand. Christoph Martin WIELAND est né le 5 septembre 1733 à Oberholzheim et décédé le 20 janvier 1813 à Weimar. Il est poète, traducteur et éditeur allemand).
09:02 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : citations, auteur, écriture, culture, musique, livre
jeudi, 25 février 2016
LES PETITS CARNETS BLEUS (Extrait n° 5 de mon livre)
A la grille du lycée, Juliette aperçoit son amie Francine, guitariste débutante comme elle. Elle lui donne rendez-vous dimanche matin pour les répétitions. Juliette lui annonce qu'elle a enfin reçu sa housse de guitare. Elles bavardent en marchant sur le boulevard puis se quittent vite.
Le lendemain, Thierry fait de nouveau la cour à Juliette en chantant : "tu veux ou tu veux pas ?". Mais Juliette ne lui répond pas et tourne les talons. Elle ne l'aime pas, il faut qu'il le sache et arrête de l'importuner.
En cours d'économie, la discussion tourne autour de la famille. Alain s'exclame : "moi je suis malheureux !". Johanne lui répond : "pauvre petit..."
En bilan d'allemand, des élèves trichent : leur livre de cours est ouvert sur leurs genoux. Juliette voit tout, mais elle ne dit rien. Après tout, ce n'est pas son problème, elle a travaillé ses cours, elle aura la note qu'elle mérite.
Le 21 janvier, Juliette écrit sur son petit carnet : "Monsieur le Principal n'est pas très content de notre classe. Il est pessimiste pour le Bac. Le Proviseur verra les élèves cette semaine, chacun leur tour, pour leur demander dans quelles matières ils se sentent bien et ont de bonnes notes".
19:02 Publié dans Journal de Juliette | Lien permanent | Commentaires (19) | Tags : souvenirs, journal intime, adolescence, amour, lycée, livre, culture, études