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vendredi, 10 août 2012

ET C'EST TOUT

L'été fait recette

On n'fait pas les jaloux

Dans une pirouette

Une robe et c'est tout

Un p'tit short et c'est tout

On n'fait pas les jaloux.

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vendredi, 15 juin 2012

LA MAISON FERMEE

La maison fermée

Au soleil

Soupire

Au silence

Des mots doux

Qui effacent

Les mots fous.

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samedi, 28 avril 2012

EN QUELQUES MOTS

En quelques mots elle fait fuir le bonheur

Elle aime la pluie qui frappe aux carreaux

Elle cherche un appui ici ou ailleurs

Mais quelle fée s'est penchée sur son berceau

Au premier jour de sa vie ? Elle soupire

Et décide de marcher sur la tête

Tantôt recto tantôt verso le pire

Comme le meilleur s'entrechoche dans sa tête.

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jeudi, 05 janvier 2012

RAMER

Chacun cherche sa place

Dans un monde de rapaces

Car pour être efficace

Il faut faire des brasses.

On se bouscule et toujours

Avec le monde autour

On vous demande de ramer.

Après le "non", il y a "mais"

Puis le "vous" et "je voudrais"

Puis le "pas" et "j'aimerais"

Et toutes les résolutions

Se découpent en portions

Réduites presqu'à néant

Car sans aucun contenant.

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mardi, 11 octobre 2011

Maurice ROLLINAT (1846-1903)

Poète né en 1846 à Châteauroux, monté à PARIS pour devenir chansonnier au Cabaret du Chat Noir, Maurice ROLLINAT est inclassable : cet ami de George Sand, berrichon comme elle, puise son inspiration dans le terroir mais aussi dans une hypocondrie qui l'apparente à Baudelaire. Son inspiration macabre, Les Névroses, Ce que dit la vie et ce que dit la mort, ira en s'accentuant. Atteint de troubles nerveux, il se retire à la campagne vers 1885 et y meurt en 1903.

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Dans les oubliettes de l'âme

Nous jetons le meilleur de nous

Qui languit lentement dissous

Par une moisissure infâme.

Pour le vice qui nous enflamme

Et pour le gain qui nous rend fous,

Dans les oubliettes de l'âme

Nous jetons le meilleur de nous.

Comme personne ne nous blâme,

Parfois, nous nous croyons absous,

Mais un cri nous vient d'en dessous :

C'est la conscience qui clame

Dans les oubliettes de l'âme.

 

 

mercredi, 17 août 2011

UN JOUR D'ETE (Maurice FOMBEURE)

Le tonnelier tonnèle,

Le bourrelier bourrèle,

Le soleil interpelle,

Frappe un bouclier d'or,

Flambe au pennon des aigles

A la cime des ifs,

Fait virer sur les murs

L'ombre bleue des centaures,

Du lézard engourdi

-Cendre et cadran solaire -

Palpitant d'émeraude

De bronze reverdi.

Sur la rivière glisse

Le chant lourd des rameurs,

La douce soie des cuisses

O nymphes du terroir !

Jusqu'au soir solitude

A l'horizon changeant,

Déclin que nul n'élude,

Gendarmerie d'argent.

La belle des jardins :

Sur ses blanches épaules

S'est égaré soudain

Le souffle frais des saules.

Voici les voix du songe

Apaisées, incertaines,

Quand les bruits de la rue

Coulent dans les fontaines.

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vendredi, 21 janvier 2011

PARIS AT NIGHT

Trois allumettes une à une allumées dans la nuit

La première pour voir ton corps tout entier

La seconde pour voir tes yeux

La dernière pour voir ta bouche

Et l'obscurité toute entière pour me rappeler tout cela

En te serrant dans mes bras.

Jacques PREVERT

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jeudi, 05 août 2010

LE QUART D'HEURE DE BON TEMPS (texte trouvé dans un Almanach de 1861)

L'homme, dont la vie entière

Est de quatre-vingt-quinze ans,

Dort le tiers de sa carrière,

C'est juste trente-deux ans.

Ajoutons, pour maladie,

Procès, voyages, accidents,

Au moins un quart de la vie,

C'est encore deux fois douze ans

Par jour, deux heures d'études

Ou de travaux, font huit ans

Noirs chagrins, inquiétudes,

Pour le double, font seize

Pour affaire qu'on projette,

Demi-heure, encore deux ans,

Cinq quarts d'heure de toilette,

Barbe, et coetera, cinq ans

Par jour, pour manger et boire,

Deux heures font bien huit ans

Cela porte le mémoire

Jusqu'à quatre-vingt-quinze ans

Hélas ! comment trouver sur terre

Un quart d'heure de bon temps ?...HORLLOGE.jpg

mardi, 11 mai 2010

JE FERAI

Je ferai de ton lit un jardin de poèmes

Et au creux de tes bras tu me diras je t'aime

Je ferai de tes jours une vie de bohème

Même si parfois au loin je vois des trirèmes

Ton amour ne livre plus de batailles pour gagner

Mon coeur rassuré par tes bras pourra dédaigner

Tous les mauvais présages et toutes les critiques

Qui voyaient en nous deux un accord chimérique.

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mardi, 16 mars 2010

Christine de PISAN, Cent Ballades

Seulette suis et seulette veut être.

Seulette m'a mon doux ami laissée,

Seulette suis, dolente et affligée,

Seulette suis en langueur malheureuse,

Seulette suis plus que nulle perdue,

Seulette suis sans ami demeurée.

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