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jeudi, 22 mars 2018

Quelques citations

VOYAGE :

Qu'est-ce en général qu'un voyageur ? C'est un homme qui s'en va chercher un bout de conversation au bout du monde (Barbey d'Aurevilly).

VIVRE :

La vie et l'amour. Vivre est comme aimer ; toute raison est contre, et tout instinct robuste est pour (Samuel BUTLER).

TRAHISON :

La trahison peut être le fait d'une intelligence supérieure entièrement affranchie des idéologies civiques (Paul LEAUTAUD).

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mercredi, 14 mars 2018

LES GRANDES, LES PETITES

Mes parents ont eu 5 enfants, un garçon et quatre filles.

Quand ils parlaient de leurs filles, mes parents disaient : les grandes, les petites. Certainement que c'était plus rapide que de nous appeler par nos prénoms.

Les grandes dont je faisais partie couchaient dans la même chambre, et les petites dans la chambre bleue. 

Ainsi, mon père ou ma mère disaient : la chambre des petites, la chambre des grandes, il va falloir rhabiller les petites, les grandes vont terminer leurs études, se fiancer, se marier. On peut payer la colonie de vacances aux petites, le chat est passé par la fenêtre de la chambre des grandes pour aller chez la voisine, il faut accompagner les petites à la messe...

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mercredi, 07 mars 2018

Citations sur le RIRE

La plus perdue de toutes les journées est celle où l'on n'a pas ri (CHAMFORT).

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Très souvent, le rire est une forme de la politesse, ou l'un des moyens innombrables de se faire bien voir (X).

J'ai ri, me voilà désarmé (A. PIRON).

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dimanche, 04 mars 2018

DEUX AVIS sur mon livre paru au mois d'octobre (QUELQUE PART UN HERITAGE)

Le commentaire de F. S. sur mon livre, QUELQUE PART UN HERITAGE, paru fin octobre 2017 :

"J'ai toujours apprécié tes publications, blogs, poèmes et recueils de poèmes, livres. Mais là je me suis trouvée en présence d'un bel ouvrage - 222 pages - un beau travail.

Et j'ai immédiatement été séduite, avec l'envie de retrouver vite la suite de l'histoire, dès que j'avais reposé le livre.

C'est un livre très bien écrit, il place sur plusieurs décennies une famille dans un contexte historique. Il m'a fait penser à ZOLA ! à cette différence près que si tu avais délayé autant que ZOLA ton livre ferait 800 pages. On retrouve avec plaisir la famille, sa vie, avec une très bonne peinture des moeurs de l'époque. Et on est content des "pointages" historiques que tu fais régulièrement et qui sont bien utiles pour moi".

Ensuite, le commentaire de C. H. :

"Ton livre fait référence aux années que je considère comme celles les plus sombres de notre Histoire, laissant derrière une misère incommensurable. Ton livre tel qu'il est écrit, par les faits décrits avec une telle précision, me font penser que l'histoire vécue par chaque famille distincte ou successive est réelle, que cette histoire a été écrite au fur et à mesure qu'elle se passait. Même si celle-ci a eu lieu dans une région que l'on connaît tous deux assez bien, car elle aurait pu aussi avoir lieu dans d'autres villages que Bapaume ou Cambrai. Une fois de plus je te félicite pour ce bel ouvrage".

Merci infiniment à tous les deux.

Mon livre est toujours en vente sur le site THEBOOKEDITION (n'hésitez pas à le commander) :

https://www.thebookedition.com/fr/quelque-part-un-heritag...

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jeudi, 01 mars 2018

MARS

Quand mars mouillera

Bien du vin tu auras.

 

Mars venteux

Vergers pommeux.

 

Poussière de mars est poussière d'or.

 

Soit au début, soit à la fin,

Mars nous montre son venin.

 

Quand fleurs en mars il y aura,

Guère de fruits ne mangeras.

 

Quand mars se déguise en été,

Avril prend ses habits fourrés.

 

 

(Photos de la neige dans mon jardin, ce matin).

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mardi, 27 février 2018

QUAND ON FAIT DU TRI CHEZ SOI

Photos triées

Noir et blanc

Couleurs souvenirs.

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Journal intime

Dans l'enveloppe

Mots et souffrance.

 

vendredi, 23 février 2018

PARTIR (Roland Dorgelès de l'Académie Goncourt)

Depuis un instant, les machines se sont mises à ronfler et le paquebot tremble de toute sa carcasse. Prévenus par la cloche, visiteurs et parents viennent de quitter le bord, et le pont soudain paraît vide, tous les passagers penchés à la rambarde. Sur le quai, qu'on domine ainsi que d'un cinquième étage, la foule s'épaissit. Des inconnus, la tête renversée, échangent les suprêmes paroles avec ceux de là-haut, pauvres mots inutiles où l'on met tout son coeur. Des Italiens, deux mandolines et un violon, installés là comme au coin d'une rue, jouent de leurs airs napolitains, et tout cela rend le départ plus déchirant encore.

Enfin la cloche retentit une dernière fois, de l'avant à l'arrière. Des chaînes grincent. La sirène pousse un cri... Cette fois, c'est fini : nous levons l'ancre.

On ne sent rien, pas une oscillation, pas une secousse, et c'est seulement à la clameur jaillie de la jetée que j'ai compris que nous étions partis. Aussitôt debout, le coeur battant, j'ai couru à tribord.Tout le navire s'écrasait contre le bastingage, passagers et gens d'équipage. On joue du coude, on tend le cou...

Le paquebot aussi hésite à s'en aller. Il glisse lentement le long du quai, comme à regret. La foule d'en bas et celle d'en haut s'écartent peu à peu, avec effort, ainsi qu'une étoffe qu'on déchire ; bientôt il n'y a plus que les cris qui retiennent les deux morceaux. Des têtes à tous les sabords, des mouchoirs à tous les hublots....

https://www.franceculture.fr/personne-roland-dorgeles

 

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vendredi, 16 février 2018

CITATIONS sur VIEILLARD

Les vieillards sont la majesté du peuple.

(Joseph JOUBERT).

C'est une grande difformité dans la nature qu'un vieillard amoureux.

(La BRUYERE).

Les conseils de la vieillesse éclairent sans échauffer, comme le soleil de l'hiver.

(VAUVENARGUES).

(en photos, anémones blanda - de Grèce ou de Turquie - anémones fleuries dans ma pelouse devant la maison. Photos prises cet après midi, il faisait 17 °).

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lundi, 05 février 2018

LA DEROBADE (Jeanne CORDELIER) Extrait

L'homme est prêt avant vous. Vous êtes maintenant seule dans la chambre ; sur la table, il y a quinze sacs, dix ou cinq, c'est la même chose. Vous les fourrez rapidement dans votre sac avec la hâte de vous retrouver dehors. Vous franchissez le seuil de l'hôtel comme une voleuse en regardant à droite et à gauche de la porte. De l'air ! Vous avez besoin d'air. Pour vous donner du courage, vous palpez sans les regarder les billets : quinze sacs, dix ou cinq, c'est de l'argent. Vous commencez à faire des projets...

Mon premier client s'appelait Jacques. Il ressemblait à Jean Sablon. Je l'avais suivi dans un hôtel de la rue Daunou. Et là tout s'était passé exactement comme ça. Et si j'ai l'heureuse faculté d'oublier les mauvais souvenirs, je n'ai jamais réussi tout à fait à oublier celui-là....

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vendredi, 12 janvier 2018

TANTINE

La cousine de mon père s'appelait Camille, mais tout le monde dans la famille l'appelait TANTINE.

Elle était fille unique et n'avait jamais connu son père. Elle vivait seule avec sa mère depuis le décès de son beau-père, Louis. J'ai gardé un souvenir flou de Louis du temps où nous allions en famille rendre visite à Tantine et tante Thérèse, sa maman, je devais avoir 7 ou 8 ans. C'était un homme doux et discret.

Tantine était secrétaire de direction dans une grande société de chauffage. Elle avait toujours les ongles vernis, le rouge aux lèvres et les cheveux noirs impeccablement coiffés. Dans sa grande maison, un peu bourgeoise, qu'elle avait décorée avec beaucoup de goût, elle nous recevaient le dimanche après-midi autour d'un café ou d'un chocolat au lait et de bons petits gâteaux. Toujours souriante et enthousiaste, elle nous maquillait et nous offrait ses rouges à lèvres un peu usés qui faisaient notre bonheur.

N'ayant jamais eu d'enfant, elle les remplaçaient par les enfants de son unique cousin (mon père). Elle s'habillait avec une grande classe et quelquefois nous emmenaient faire du "lèche-vitrine" dans sa ville. Elle avait trois grandes armoires pleines de toilettes de toutes sortes, dans les deux chambres à l'étage. Une fois par an, au mois d'août, elle nous invitaient à passer une journée entière avec elle et sa maman. Nous prenions le train le matin pour nous rendre dans sa ville. Elle achetait des plats "en gelée" chez le traiteur car elle ne faisait pas beaucoup la cuisine. Quelquefois, elle nous emmenaient au cinéma ou faire un tour dans le jardin public du château et du Musée. Puis, vers 17 heures, elle nous raccompagnait à la gare. 

Quand nous étions encore petits, elle nous demandait de préparer un petit spectacle de danse ou de chansons que nous devions jouer devant nos parents et sa maman. Pour cela, nous fermions la double porte qui séparait la salle à manger et le salon. Les spectateurs se tenaient dans la salle à manger et nous, les acteurs ou danseurs, nous nous tenions dans le salon. Elle savait que j'aimais la danse classique et il ne fallait pas me prier trop longtemps pour que je m'élance sur les pointes et me donner ainsi en spectacle. Elle mettait un de ses disques de musique classique et, avec mes soeurs, nous imitions les petits rats en sautant, tournant, levant les bras avec grâce au son du piano ou d'un orchestre entier. Quand le spectacle était terminé, après les applaudissements, nous refermions la double porte, en saluant comme les petits rats de l'Opéra nos parents, Tantine et tante Thérèse.

Tante Thérèse est décédée en 1979 et Tantine en 1990 mais je garde de nombreux souvenirs d'elles : une fleur faite avec des plumes d'oiseaux qui venait d'un des grands vases de Tantine, deux petits cadres représentant des fleurs, l'un en imitation cuivre, l'autre en platre recouvert de peinture dorée et des photos car mon père aimait nous prendre en photo les dimanches. J'ai gardé également un des manteaux de Tantine, écossais bleu, indémodable et je ne suis pas prête de m'en séparer.

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