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jeudi, 25 février 2010

DANS SES BRAS

Le soleil voyage autour de tes bras

Ta plus belle robe claire tu mettras

Tu tires le rideau de tes rêves

Tu te prends pour une nouvelle Eve

Légère, calme, lyrique tu vivras

Le soleil dans ses bras te prendra

Les relations toxiques et tragiques

Deviendront lointaines et antiques.

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jeudi, 21 janvier 2010

LE GRILLON

Un pauvre petit grillon

Caché dans l'herbe fleurie,

Regardait un papillon

Voltigeant dans la prairie.

L'insecte aillé brillait des plus vives couleurs ;

L'azur, la pourpre et l'or éclataient sur ses ailes ;

Jeune, beau, petit maître, il court de fleurs en fleurs

Prenant et quittant les plus belles.

Ah ! disait le grillon, que son sort et le mien

Sont différents ! Dame nature

Pour lui fit tout, et pour moi rien.

Je n'ai point de talent encor moins de figure,

Nul ne prend garde à moi, l'on m'ignore ici bas :

Autant vaudrait n'exister pas.

Comme il parlait, dans la prairie

Arrive une troupe d'enfants :

Aussitôt les voilà courants

Après ce papillon dont ils ont tous envie.

Chapeaux, mouchoirs, bonnets, servent à l'attraper :

L'insecte vainement cherche à leur échapper,

Il devient bientôt leur conquête.

L'un le saisit par l'aile, un autre par le corps ;

Un troisième survient, et le prend par la tête :

Il ne fallait pas tant d'efforts

Pour déchirer la pauvre bête.

Oh ! Oh ! dit le grillon, je ne suis plus fâché ;

Il en coûte trop cher pour briller dans le monde.

Combien je vais aimer ma retraite profonde !

Pour vivre heureux, vivons cachés.

(JEAN PIERRE CLARIS de FLORIAN (1755-1794)

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dimanche, 10 janvier 2010

LE SAMEDI A LAUDES (Racine 1639-1699)

L'aurore brillante et vermeille

Prépare le chemin au soleil qui la suit :

Tout rit aux premiers traits du jour qui se réveille ;

Retirez-vous, démons, qui volez dans la nuit.

Fuyez songes, troupe menteuse,

Dangereux ennemis par la nuit enfantés,

Et que fuie avec vous la mémoire honteuse

Des objets qu'à nos sens vous avez présentés.

Chantons l'auteur de la lumière

Jusqu'au jour où son ordre a marqué notre fin,

Et qu'en le bénissant notre aurore dernière

Se perdre en un midi sans soir et sans matin

Gloire à toi, Trinité profonde

Père, Fils, Esprit saint : qu'on t'adore toujours,

Tant que l'astre des temps éclairera le monde.

Et quand les siècles même auront fini leurs cours !

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samedi, 07 novembre 2009

COMME DEUX FLEURS

Te regardant assise près de ta cousine

Belle comme une Aurore et toi comme un soleil

Je pensai voir deux fleurs d'un même teint pareil,

Croissantes en beauté, l'un et l'autre voisine.

La chaste, sainte, belle et unique Angevine

Vite comme un éclair jeta sur moi son oeil ;

Toi comme paresseuse et pleine de sommeil,

D'un seul petit regard tu ne t'estimas digne.

(Pierre de RONSARD - 1523-1585)

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mercredi, 21 octobre 2009

JE VOUS REVELE DEUX SECRETS...

Deux secrets, (un seul pour certains qui savent déjà) :

- j'ai le même jour anniversaire que lui,

- j'ai été opérée de l'appendicite par le chirurgien chez qui il est décédé,

 MAIS LUI C'EST UN GRAND !!!!

 

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samedi, 03 octobre 2009

MOTS ARDENTS

Comme une veuve derrière sa mantille

Elle cache ses peurs dans ce lieu

Elle espérait beaucoup mieux

Que tous ces mots ardents

Trop mornes, claquants, violents

Pour de simples broutilles

Quand deviendront-ils meilleurs

Tous ces gens bien querelleurs ?

Puis elle se métamorphose

Pour éviter leurs névroses.

(26.09.09)

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dimanche, 14 juin 2009

SI VOUS N'AVEZ RIEN A ME DIRE

Si vous n'avez rien à me dire,

Pourquoi venir auprès de moi ?

Pouquoi me faire ce sourire

Qui tournerait la tête au roi ?

(V. HUGO, les Contemplations)venise.jpg

vendredi, 05 juin 2009

LA MORT DU POETE

La mort du poète symbolise celle de l'homme car il n'y a pas d'humanité concevable sans poésie.

Enténébré, autant qu'anesthésié, dans les villes que qualifiait déjà Verhaeren de tentaculaires, captif d'un treillis arachnéen de barbelés, avili par le despotisme de nabots ignares et les écrans de la propagande, victime et coauteur à la fois du suicide collectif, l'être humain tétanisé par le haut voltage des artificiers désapprend la vie, et se livre à la solution finale.

L'esclavage n'est aboli que parce qu'il est devenu universel.

(Jean Claude PIROTTE)

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vendredi, 08 mai 2009

BONJOUR ( Paul GERALDY)

Comme un diable au fond de sa boite,

Le bourgeon s'est tenu caché...

Mais dans sa prison trop étroite

Il baille et voudrait respirer.

Il entend des chants, des bruits d'ailes,

Il a soif de grand jour et d'air...

Il voudrait savoir les nouvelles,

Il fait craquer son corset vert.

Puis d'un geste brusque, il déchire

Son habit étroit et trop court

"Enfin, se dit-il, je respire,

Je vis, je suis libre ... bonjour !".

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samedi, 14 mars 2009

AUTOUR DE HUIT HEURES

Autour de huit heures s'ouvrent les fenêtres

Défilent les filles brunes ou blondes

Sur les routes en forme de rondes

Les voitures engouffrent les kilomètres

Autour de huit heures je voudrais t'appeler

Je pense à ma longue journée

Je voudrais ne pas m'angoisser

Sera-t-elle grise ou ensoleillée ?

Autour de huit heures les trains entrent en gare

Le soleil brille les voitures démarrent

Les fenêtres s'ouvrent les portes claquent

Et s'emballe mon rythme cardiaque.

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