mardi, 25 février 2020
DURER DES PLOMBES
Lorsqu'une activité risque de prendre beaucoup de temps, on dit parfois familièrement qu'elle va "durer des plombes", avant d'en voir la fin.
Cette expression est apparue dans le courant du 19ème siècle, elle vient au départ du monde de l'horlogerie. A cette époque, le plomb, métal gris et très lourd, était en effet souvent utilisé dans la conception des horloges et pendules, qui étaient beaucoup plus massives que celles que l'on fabrique aujourd'hui. C'était en particulier le cas des poids dont le mouvement entraînait celui des aiguilles. On a utilisait alors le verbe "plomber" qui était synonyme de "sonner l'heure". Par extension, en argot, on a fini par associer "une plombe" et une heure. Une personne qui attend très longtemps dans une file d'attente entend donc plusieurs fois les cloches sonner.
15:03 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : citations, expressions, culture, écriture, horloges, horlogerie
samedi, 22 février 2020
PETITS TRESORS
Au fond des armoires
Des petits trésors
Que l'on a oubliés
Nous attendent.

17:09 Publié dans Mes poèmes | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : poèmes, poésie, poète, écriture, vers, ma vie, placards, armoires, tiroirs
vendredi, 31 janvier 2020
FONTAINE, EAU
Il ne faut pas dire : Fontaine, je ne boirai pas de ton eau.
Il ne faut pas assurer qu'on n'aura pas besoin d'une telle personne ou telle chose. Allusion à l'aventure d'un ivrogne qui jurait sans cesse qu'il ne boirait jamais d'eau et qui se noya dans le bassin d'une fontaine.
Un homme qui ne boit que de l'eau à un secret à cacher à ses semblables (Charles BAUDELAIRE).
L'eau fait pleurer, le vin chanter.
L'eau fait pourrir la barque.
Il n'est pire eau que l'eau qui dort.
L'eau trouble est le gain du pêcheur.

10:47 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (18) | Tags : citations, maximes, dictons, culture, écriture, auteurs
vendredi, 24 janvier 2020
TIRER A PILE OU FACE
L'origine de cette expression date du Moyen Age. Au XIIème siècle, la pile désignait l'outil destiné à graver, à "piler" la valeur de la pièce. Il s'agissait d'une sorte de petite enclume arborant les motifs désirés que l'on pressait fortement sur la pièce.
Le mot "face" faisait référence au portrait du souverain frappé sur l'autre côté. Une tradition qui existait depuis l'Antiquité, et seulement interrompue au Moyen Age car le clergé les avait fait remplacer par une croix, symbole de l'Eglise. On jouait d'ailleurs à cette époque à "croix et pile". Les portraits des monarques sont réapparus en France en 1548, sous Henry II. Ils ont fini par être remplacés, après la Révolution, par des symboles, comme Marianne ou la Semeuse.

14:17 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : expressions, citations, culture, écriture, monnaies, pièces de monnaie
lundi, 20 janvier 2020
En lecture, LES CHASSEURS DE PAPILLONS de Gilbert BORDES
Depuis qu'il a surpris sa maman en train de faire des bêtises avec le jeune homme qui se cache dans la ferme voisine, Claude, 12 ans, sent qu'il faut faire quelque chose. En ce printemps 1944, son père, dont il s'est fait un héros, est toujours prisonnier en Allemagne. Alors c'est décidé, “Il faut aller chercher papa.”
Muni de cartes et armé d'une boussole, son petit frère trottinant derrière lui, le gamin s'engage sur les chemins de Corrèze, vers quelque incertaine Poméranie. Et si on nous interroge ? On dira qu'on est juifs. Et si on nous rattrape ? On dira qu'on allait à la chasse aux papillons.

16:35 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : livre, auteur, lecture, gilbert bordes, culture, écriture, littérature, guerre, 1945
samedi, 19 octobre 2019
LE PLUS LONGTEMPS POSSIBLE
Les vagues frôlent le quai
On remonte au port
Sous un ciel de nuages
Et de doux paysages.
Il me dit : vis le plus
Longtemps possible
Je voudrais oui, mais
Le corps décide
Et sans volonté
De moi, des autres
Tout s'épuise un jour.
21:42 Publié dans Mes poèmes | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : poésie, poèmes, poète, paysages, écriture, nuages, vivre
mardi, 08 octobre 2019
MI-FIGUE, MI-RAISIN
Lorsqu'une personne a un avis mitigé sur un sujet, elle peut le définir comme mi-figue, mi-raisin, c'est à dire aussi bon que mauvais. Cette expression apparue au début du Moyen Age est issue de la popularité des deux aliments qui faisaient partie des fruits secs le plus souvent consommés par les chrétiens lors du carême. Toutefois, le raisin était considéré comme un mets raffiné, et donc très apprécié, tandis que la figue était beaucoup moins courante et bon marché, sa forme était souvent comparée à celle d'un excrément d'animal. Il arrivait même que les marchands ajoutent des morceaux de figues, lourds et peu chers, dans les raisins secs qu'ils vendaient pour duper les clients. On disait donc qu'une situation était "moitié-figue, moitié-raisin". Puis le terme "moitié" a été simplifié en "mi" au 18ème siècle.
14:52 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : citations, culture, dictons, écriture, bon à savoir, expression ancienne
samedi, 05 octobre 2019
LA CIGALE (Paul-Jean TOULET)
Quand nous fûmes hors des chemins
Où la poussière est rose,
Aline, qui riait sans cause
En me touchant les mains ; -
L’Écho du bois riait. La terre
Sonna creux au talon.
Aline se tut : le vallon
Etait plein de mystère…
Mais toi, sans lymphe ni sommeil,
Cigale en haut posée,
Tu jetais, ivre de rosée,
Ton cri triste et vermeil.
23:50 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : poésie, poème, poète, vers, culture, écriture, recueil, cigale, paul-jean toulet
samedi, 28 septembre 2019
ELLE AIME LE SILENCE
Elle aime le silence
Y puise la vraie vie
Et les souvenirs heureux
Elle veut vivre comme un chat
Et poussière du monde
Bruyant qui se transforme
Alors elle ouvre un livre
Et plus rien ne la distrait.

07:51 Publié dans Mes poèmes | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : poésie, poète, poème, vers, mots, écriture, silence
samedi, 14 septembre 2019
BELLA (Jean Giraudoux)
BELLA est l'histoire de deux familles sous la 3ème République. Deux familles ennemies et puissantes que la politique oppose. Au milieu de ces familles, Bella et Philippe qui s'aiment et désirent se marier. Ce livre a été publié en 1926.
Extrait : La seule table vide était près de la nôtre. Bella eut une hésitation dans sa marche ; je sentais qu'elle se demandait si elle aurait le courage de se placer face à moi, pour m'éviter la vue de son beau-père. Mais Rebendart déjà s'installait, et je la voyais de dos. Elle était ployée, elle m'offrait le fermoir de son collier, le laçage de sa robe, le noeud de ses cheveux, les boutons de sa tunique, car elle aimait être boutonnée par-derrière, jamais par-devant ou par côté. Elle sentait mes regards sur elle, elle sentait que tous ses sentiments, toute sa résistance avaient leur fermoir derrière elle, j'avais sous les yeux tout ce qui pouvait la rendre nue et défaillante. Rien de plus lourd que le chagrin sur des épaules de femme ; cet affaissement de champion qui lève cent vingt kilos, l'idée de ma présence le provoquait sur Bella. Ah ! comme le record en poids de la mélancolie était battu ! Ah ! que les épinards renommés furent les bienvenus ! Elle se laissa aller dès qu'ils furent servis, elle se courba sur eux comme sur une prairie. Par-devant elle bavardait, elle riait, mais ses épaules et ses reins succombaient. Parfois d'une main qui semblait venir d'une amie elle tâtait le fermoir du collier, le premier bouton de la blouse, le peigne. Puis la main, sentant mon regard, disparaissait. On eût dit une main de voleuse, mais elle partait toujours vide. Que la peine est belle sur un être beau ! Bella était plus forte, plus épanouie que lorsqu'elle m'avait quitté. Notre rupture lui avait valu ce que cause aux autres femmes un enfant. Le souci avait arrondi ses épaules, donné à son dos ce beau volume, gonflé un peu ses bras, chassé les muscles de son cou, la renfermant toute dans une gaine. Jamais plus je n'étreindrais ce corps léger et remuant, il était cousu dans une peau plus charnue et veloutée. Je ne pourrais plus que le sentir se débattre au sein de cette autre femme, qui le retenait par une couture sans marque, que la main surgissant à nouveau semblait chercher. Elle était à peu près immobile. Elle savait que si elle s'inclinait d'un côté ou de l'autre, elle me dévoilait la tête de Rebendart...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Giraudoux

15:50 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : livre, auteur, écriture, roman, jean giraudoux, culture, littérature









