jeudi, 12 septembre 2013
CHANSON DE GRAND-PERE
Dansez, les petites filles,
Toutes en rond.
En vous voyant si gentilles,
Les bois riront.
Dansez, les petites reines,
Toutes en rond.
Les amoureux sous les frênes,
S'embrasseront.
Dansez, les petites folles,
Toutes en rond.
Les bouquins dans les écoles,
Bougonneront.
Dansez, les petites belles,
Toutes en rond.
Les oiseaux avec leurs ailes,
Applaudiront.
Dansez les petites fées,
Toutes en rond.
Dansez, de bleuets coiffées,
L'aurore au front.
Dansez, les petites femmes,
Toutes en rond.
Les messieurs diront aux dames,
Ce qu'ils voudront.
(Victor HUGO)
11:27 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : poésie, poète, poème, victor hugo, écriture, auteur, littérature, culture
samedi, 06 avril 2013
PETITE MORT POUR RIRE (Tristan CORBIERE)
Va vite, léger peigneur de comètes !
Les herbes au vent seront tes cheveux ;
De ton oeil béant jailliront les feux
Follets, prisonniers dans les pauvres têtes...
Les fleurs de tombeau qu'on nomme Amourettes
Foisonneront plein ton rire terreux...
Et les myosotis, ces fleurs d'oubliettes...
Ne fais pas le lourd : cercueils de poètes
Pour les croque-morts sont de simples jeux,
Boites à violon qui sonnent le creux...
Ils te croiront mort - Les bourgeois sont bêtes -
Va vite, léger peigneur de comètes !
(Edouard-Joachim Corbière, dit Tristan Corbière, né en Bretagne au manoir de Coat Congar, est le fils d'un homme de lettres, capitaine au long cours et directeur de la chambre de commerce de Morlaix. Comme son père, Edouard voulait naviguer, mais des crises de rhumatismes l'obligent à interrompre ses études à 15 ans. Installé près de Roscoff, il en hante les cabarets. On se moque de sa longue silhouette, de sa laideur. Malgré ses problèmes pulmonaires, il sort en mer par tous les temps. S'étant lié à des peintres en vacances, il suit l'un d'entre eux en Italie et, lors du voyage, qui le déçoit, renconre Armida Joséfina Cuchiani, qu'il rebaptise Marcelle. Elle est déjà la maîtresse d'un hobereau français et devient sa muse avec la complicité de l'amant en titre.
Il suit le couple à Paris, collabore à une revue et fait publier à compte d'auteur son unique recueil poétiques, Les Amours jaunes, qui passe complètement inaperçu (1873).
L'année suivante, on le trouve, un soir de décembre, gisant dans sa chambre en tenue de soirée. Marcelle tente de le soigner avant que la mère du poète ne le fasse revenir à Morlaix, où il s'éteint le 1er mars 1875, l'année de ses 30 ans, en pressant sur sa poitrine une touffe de bruyères en fleur.
Ce n'est que 10 ans après leur parution que Verlaine, touché par le destin et le génie de ce poète maudit, révèlera Les Amours jaunes au public).
16:20 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : poésie, poète, écriture, poème, société, livre, culture
jeudi, 14 février 2013
LA BOUCLE RETROUVEE (Guillaume Apollinaire)
Il retrouve dans sa mémoire
La boucle de cheveux châtains
T'en souvient-il à n'y point croire
De nos deux étranges destins.
Du boulevard de la Chapelle
Du joli Montmartre et d'Auteuil
Je me souviens murmure-t-elle
Du jour où j'ai franchi ton seuil
Il y tomba comme un automne
La boucle de mon souvenir
Et notre destin qui t'étonne
Se joint au jour qui va finir.
13:58 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : poésie, poème, amour, poète, société, st valentin
lundi, 04 février 2013
A UN AMI
Qu'il est doux d'être au monde, et quel bien que la vie !
Tu le disais ce soir par un beau jour d'été.
Tu le disais, ami, dans un site enchanté.
Sur le plus vert coteau de ta forêt chérie.
Nos chevaux, au soleil, foulaient l'herbe fleurie :
Et moi, silencieux, courant à ton côté,
Je laissais au hasard flotter ma rêverie ;
Mais dans le fond du coeur je me suis répété :
- oui, la vie est un bien, la joie est une ivresse ;
Il est doux d'en user sans crainte et sans soucis ;
Il est doux de fêter les dieux de la jeunesse,
De couronner de fleurs son verre et sa maîtresse,
D'avoir vécu trente ans comme Dieu l'a permis,
Et, si jeunes encor, d'être de vieux amis.
(Alfred de MUSSET)
19:04 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : poésie, amitié, poème, poète, écriture
mardi, 13 novembre 2012
MAIS QUE CESSE LA PLUIE
Mais que cesse la pluie
Et que tournent les souvenirs
Comme le vent
S'agite dans les branches
Et fait tomber les dernières feuilles jaunies
Qui s'accrochaient encore désespérément.
Le jardin est trempé.
Il fait ni chaud ni froid.
Un grillon se risque à chanter.
18:50 Publié dans Mes poèmes | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : poésie, poème, poète, écriture, société, saison, automne
vendredi, 10 août 2012
ET C'EST TOUT
L'été fait recette
On n'fait pas les jaloux
Dans une pirouette
Une robe et c'est tout
Un p'tit short et c'est tout
On n'fait pas les jaloux.
20:15 Publié dans Mes poèmes | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : poème, poète, poésie, écriture, société, été
vendredi, 15 juin 2012
LA MAISON FERMEE
La maison fermée
Au soleil
Soupire
Au silence
Des mots doux
Qui effacent
Les mots fous.
21:27 Publié dans Mes poèmes | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : poésie, poème, soleil, écriture, livre, littérature, culture
samedi, 28 avril 2012
EN QUELQUES MOTS
En quelques mots elle fait fuir le bonheur
Elle aime la pluie qui frappe aux carreaux
Elle cherche un appui ici ou ailleurs
Mais quelle fée s'est penchée sur son berceau
Au premier jour de sa vie ? Elle soupire
Et décide de marcher sur la tête
Tantôt recto tantôt verso le pire
Comme le meilleur s'entrechoche dans sa tête.
14:59 Publié dans Mes poèmes | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : poésie, poème, société, écriture
jeudi, 05 janvier 2012
RAMER
Chacun cherche sa place
Dans un monde de rapaces
Car pour être efficace
Il faut faire des brasses.
On se bouscule et toujours
Avec le monde autour
On vous demande de ramer.
Après le "non", il y a "mais"
Puis le "vous" et "je voudrais"
Puis le "pas" et "j'aimerais"
Et toutes les résolutions
Se découpent en portions
Réduites presqu'à néant
Car sans aucun contenant.
21:06 Publié dans Mes poèmes | Lien permanent | Commentaires (20) | Tags : poésie, poème, société, écriture, poète
mardi, 11 octobre 2011
Maurice ROLLINAT (1846-1903)
Poète né en 1846 à Châteauroux, monté à PARIS pour devenir chansonnier au Cabaret du Chat Noir, Maurice ROLLINAT est inclassable : cet ami de George Sand, berrichon comme elle, puise son inspiration dans le terroir mais aussi dans une hypocondrie qui l'apparente à Baudelaire. Son inspiration macabre, Les Névroses, Ce que dit la vie et ce que dit la mort, ira en s'accentuant. Atteint de troubles nerveux, il se retire à la campagne vers 1885 et y meurt en 1903.
Dans les oubliettes de l'âme
Nous jetons le meilleur de nous
Qui languit lentement dissous
Par une moisissure infâme.
Pour le vice qui nous enflamme
Et pour le gain qui nous rend fous,
Dans les oubliettes de l'âme
Nous jetons le meilleur de nous.
Comme personne ne nous blâme,
Parfois, nous nous croyons absous,
Mais un cri nous vient d'en dessous :
C'est la conscience qui clame
Dans les oubliettes de l'âme.
18:01 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : culture, livre, poésie, poème, écriture, société