samedi, 29 octobre 2011
ANNA A PEUR (QUATRE FILLES - 6)
Désirant comprendre son état amoureux, Anna se met à la recherche de tous les livres parlant du sujet. En sortant de la fac le soir, elle se rend dans une grande librairie. Elle n'achète rien mais elle feuillette. Elle découvre que cet état entraîne un déséquilibre. Elle se dit : "Mon dieu, il faut que je garde les pieds sur terre...".
Le lendemain soir, en passant par hasard dans une petite rue, elle aperçoit soudain au loin Monsieur DAUGET sortir d'une maison ancienne. Il traverse la rue et se dirige vers une voiture. Il monte dedans et démarre.
Elle prend peur. Elle fait un pas de côté et tourne le dos à la rue en faisant semblant de s'intéresser à la vitrine d'un coiffeur.
La voiture de Monsieur DAUGUET passe derrière elle. Son coeur bat très fort. Elle reste là, figée.
Elle ne reprend sa promenade qu'après avoir vu la voiture disparaître au bout de la rue.
Elle se décide à traverser et se dirige vers la porte d'entrée de la maison. Sous la sonnette, dans un petit cadre, sont inscrits le nom de Monsieur DAUGET et le prénom de deux enfants, certainement ses enfants ...
Il est donc divorcé ? Elle voudrait en être certaine...
Elle décide alors de rentrer.
17:42 Publié dans QUATRE FILLES | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : écriture, nouvelles et textes brefs, amour, société
dimanche, 23 octobre 2011
André CHENIER (1762-1794)
Né à Constantinople d'un père consul de France et d'une mère grecque, André CHENIER fait ses études en France, d'abord à Carcassonne, puis au Collège de Navarre, établissement réputé, parmi les jeunes nobles.
Comme eux, il veut faire carrière dans les armes mais, s'étant ennuyé ferme après une année de garnison à Strasbourg, il revient à Paris hanter les salons où son charme ne laisse pas indifférent ses hôtesses, avec l'espoir de se faire un nom dans la litterature.
En 1787, il part à Londres comme secrétaire de l'ambassadeur de France. Il s'y ennuie et prend un congé pour, en 1789, venir assister aux premières journées révolutionnaires. Il s'en prend violemment à Robespierre et aux organisateurs de la Terreur qui ne lui pardonneront pas, tandis que son frère Marie-Joseph, auteur du Chant du départ, devient le chantre de l'ardeur républicaine.
Recherché pendant la Terreur, (n'a-t-il pas osé écrire un poème à la gloire de Charlotte Corday, qui a assassiné Marat !) André CHENIER, qui s'est réfugié à Versailles, est arrêté alors qu'il venait rendre visite à Pussy à la famille d'un ami emprisonné. Enfermé à la prison de Saint Lazare, où il s'éprend de Mlle de Coigny, La jeune Captive (qui survivra), il fait sortir les poèmes qu'il rédige sur des morceaux de papier dans des corbeilles à linge.
Durant son procès, instruit par des illétrés, CHENIER fort de son innocence, refuse de se défendre. Il est condamné à mort, victime d'une justice expéditive qu'il a dénoncée. Ce poète qu'on assassine à 32 ans monte sur l'échafaud en récitant des vers de Racine. Son oeuvre n'est publiée qu'une vingtaine d'années après.
MON BEAU VOYAGE ENCORE...
Mon beau voyage encore est si loin de sa fin !
Je pars, et des ormeaux qui bordent le chemin
J'ai passé les premiers à peine.
Au banquet de la vie à peine commencé
Un instant seulement mes lèvres ont pressé
La coupe en mes mains encore pleine.
Je ne suis qu'au printemps. Je veux voir la moisson,
Et comme le soleil, de saison en saison,
Je veux achever mon année.
Brillante sur ma tige et l'honneur du jardin,
Je n'ai vu luire encore que les feux du matin,
Je veux achever ma journée...
14:49 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : poésie, poèmes, poètes, écriture, dix huit ème siècle)
samedi, 22 octobre 2011
22 OCTOBRE 1921-29 OCTOBRE 1981
Qui n'a pas chanté sur les disques de BRASSENS ? Trente ans après sa mort, il nous manque encore.
Opéré d'un rein en 1963, il perd en peu de temps 30 kilos. En août 1980, de violentes douleurs abdominales se réveillent ; il souffre d'un cancer de l'intestin.
En novembre 1980, il est opéré à Montpellier dans la Clinique du Docteur BOUSQUET avant de subir une autre opération début 1981 à l'hôpital américain de Neuilly. Le 29 octobre 1981, à 23 h 14, il décède dans la maison du Docteur BOUSQUET, à St Gély du Fesc, près de Montpellier.
La camarde qu'il avait tant nargué, l'a fauché... (Extrait de Hors Série de MIDI LIBRE).
15:33 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : brassens, chanteur, écriture, poèmes, hommage
mardi, 11 octobre 2011
Maurice ROLLINAT (1846-1903)
Poète né en 1846 à Châteauroux, monté à PARIS pour devenir chansonnier au Cabaret du Chat Noir, Maurice ROLLINAT est inclassable : cet ami de George Sand, berrichon comme elle, puise son inspiration dans le terroir mais aussi dans une hypocondrie qui l'apparente à Baudelaire. Son inspiration macabre, Les Névroses, Ce que dit la vie et ce que dit la mort, ira en s'accentuant. Atteint de troubles nerveux, il se retire à la campagne vers 1885 et y meurt en 1903.
Dans les oubliettes de l'âme
Nous jetons le meilleur de nous
Qui languit lentement dissous
Par une moisissure infâme.
Pour le vice qui nous enflamme
Et pour le gain qui nous rend fous,
Dans les oubliettes de l'âme
Nous jetons le meilleur de nous.
Comme personne ne nous blâme,
Parfois, nous nous croyons absous,
Mais un cri nous vient d'en dessous :
C'est la conscience qui clame
Dans les oubliettes de l'âme.
18:01 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : culture, livre, poésie, poème, écriture, société
dimanche, 09 octobre 2011
L'HOMME
Le médecin voit l'homme dans toute sa faiblesse, le juriste le voit dans toute sa méchanceté, le théologien dans toute sa bêtise.
(SCHOPENHAUER)
Tout homme est mon frère tant qu'il n'a pas parlé.
(Jean ROSTAND)
Le singe le plus parfait ne peut pas dessiner un singe, seul l'homme le peut, mais il n'y a que l'homme également qui tienne cela pour un privilège.
(G. C. LICHTENBERG)
Le seul caractère qui distingue l'homme des autres vertébrés supérieurs est une timidité excessive, sa faculté de s'alarmer, et son incapacité de se lancer dans l'aventure sans une foule derrière lui.
(H. L. MENCKEN)
En photo, coeur de cactus de mon jardin.
16:25 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : citations, société, écriture, littérature, culture
samedi, 08 octobre 2011
LA PETITE SORCIERE DU TRAM
Elle porte un foulard rose sur ses cheveux noirs, un pantalon noir et un chemisier blanc sous un gilet gris.
Adolescente, elle mâche avec rage un chewing gum en regardant méchamment autour d'elle.
Malheur à celui qui la regarde trop, elle lui tire la langue comme font les petits enfants.
Elle éclabousse son chemisier en buvant quelques gorgées d'eau à la bouteille.
Elle essuie vivement de sa main les gouttelettes tombées sur sa poitrine.
Ses grosses lèvres, sur un visage couleur café, expriment un dégout des gens qui se retouve aussi dans ses yeux ronds, sous des sourcils épais et froncés en permanence.
Si vous la croisez, ne la regardez pas, ne lui parlez pas. Elle est capable de tout.
15:38 Publié dans Nouvelles et textes brefs | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : nouvelles et textes brefs, écriture, souvenirs, société, littérature
mercredi, 28 septembre 2011
AMBITION
Charmante chez un adolescent, l'ambition est affreuse dans sa maturité.
Il est bon d'être ambitieux, mais il ne faut pas en prendre l'habitude.
(Henri DUVERNOIS)
L'ambition a des yeux d'airain que jamais le sentiment n'a rendus humides.
(SCHILLER)
(en photo, motif d'un pot de mon jardin)
19:02 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : citations, écriture, littérature, société
samedi, 24 septembre 2011
DANS LE SABLE
Devant l'océan désert
Un soleil pâle se libère
Et les étoiles de mer
Dans le sable macèrent
La mer oublie sa colère
Devenue légendaire
Devant ce cimetière
De coquillages se taire
Est devenu populaire
Sur ta peau le sel amer
Dessine de petites rivières
Le vent courbant la bruyère
Te prend pour une étrangère
Tes cheveux au vent luttèrent
Sur le sable et imitèrent
Les perverses vipères.
18:17 Publié dans Mes poèmes | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : poésie, poèmes, écriture, livres, société, été, vacances
mercredi, 14 septembre 2011
LES BOUCHONS
Les bouchons du matin
Forment des p'tits boudins
Métalliques et changeants
Sinueux et mouvants.
18:53 Publié dans Mes poèmes | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : poésie, poèmes, poètes, société, écriture
dimanche, 11 septembre 2011
LE JOUR DE CONGE (Inès CAGNATI)
Inès CAGNATI est née en 1937 à Montclar dans le Lot et Garonne. Elle est la deuxième fille d'une famille d'Italiens, paysans pauvres. Elle a beaucoup voyagé et enseigné à l'étranger. En 1973, elle écrit son premier livre, Le Jour de Congé, qui obtient le Prix Roger-Minier. Son oeuvre suivante, Génie la folle, recevra en 1977 le Prix des Deux-Magots.
Je vous donne ci-dessous un extrait :
"Sans ma bicyclette je ne pourrais pas aller au lycée. Evidemment, il y a des autobus pour aller à la ville, le lundi et le samedi. Le lundi, à cause des pensionnaires au lycée, le samedi pour la même raison et à cause du marché. L'autobus coûte cher. Je ne reviens chez moi que tous les quinze jours, sauf cette semaine, mais cette semaine, c'est tout à fait exceptionnel. Je ne peux pas, tous les quinze jours, demander à mes parents de payer mes trajets en autobus. C'est déjà beaucoup qu'ils aient fini par accepter de me laisser aller au lycée, je le sais. Je ne demande rien. D'ailleurs, si je demandais, on ne me donnerait rien. C'est comme ça. Pour les trajets, je peux très bien pédaler. Je suis si contente d'aller au lycée, que je pédale avec une énergie terrible. Dans les descentes, tant je suis contente, je chante à tue-tête.
Quelquefois, je suis fatiguée et énervée, comme ce soir. Ce n'est pas du tout à cause de ma bicyclette et des trente-cinq kilomètres. Mais il fait noir comme en enfer et il a plu vraiment très fort. J'oublierai dès que j'entrerai dans la maison, avec ma mère et peut être toutes mes soeurs, qui font toujours un bruit épouvantable. Autrefois, quand je ne savais pas qu'un jour j'irais au lycée, je ne pouvais pas supporter tout ce bruit. Maintenant, il me fait presque plaisir. C'est le bruit de la maison.
J'ai laissé ma bicyclette contre le vieux mur de la grange pour plusieurs raisons qui font qu'elle ne risque absolument rien. J'en suis certaine. La maison est si loin de tout chemin praticable en hiver, si loin de toute autre habitation, perdue derrière les bois, les ruisseaux et les eaux sauvages des marécages, que personne ne peut passer par ici cette nuit. Ou alors, il s'agirait d'un fou et s'il s'agit d'un fou, ma bicyclette n'est pas plus en sécurité dans la cour de ma maison que contre le mur de la grange. Alors. Et puis, personne, je veux dire de sensé, bien sûr, ne peut raisonnablement convoiter ma bicyclette. Pour un voleur, ce serait se jeter passionnément dans les bras des gendarmes. Chacun sait, dans mon village, que les voleurs ne rient pas du tout dans les bras des gendarmes. Un voleur étranger et ignorant pourrait passer, mais par une nuit pareille, ce serait vraiment étonnant. Sauf le vieil Espagnol qui vit avec sa chèvre, n'importe qui serait englouti par les eaux sauvages des marécages avant d'arriver ici. Et même si quelqu'un arrivait, par extraordinaire, et prenait ma bicyclette, il serait vite retrouvé...
... En vérité, d'origine, il ne reste à ma bicyclette que son cadre. La rouille qui le ronge et le troue m'indique assez que je dois me dépêcher de faire mes études si je veux qu'il me porte au lycée jusqu'au bout".
17:03 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : écriture, livre, litterature, société, journai intime, nouvelles et textes brefs.