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vendredi, 11 novembre 2016

QUATRE FILLES (4ème extrait)

Judith doit partir et laisse Noémie se débrouiller pour rentrer. Les deux amies d'Eric bavardent encore un moment et décident à leur tour de dire au revoir. La tête de Noémie tourne depuis une heure. Eric lui verse un quatrième verre de champagne au moment où elle veut se lever pour partir elle aussi. Noémie proteste. Eric rit et lui dit alors : bon, tu n'es pas pressée, tu vas rester encore un peu.

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Elle n'a pas le temps de répondre qu'Eric se dirige vers la porte d'entrée et tourne le verrou. Le coeur de Noémie se serre. Elle se lève alors et prend son sac à main. Un grand silence règne dans le salon, la musique s'est arrêtée. Eric s'approche aussitôt de Noémie, elle recule mais son dos touche bientôt le mur. Elle essaie d'avancer mais impossible. Elle voit le visage d'Eric s'illuminer. Il s'approche encore plus près d'elle, il cherche sa bouche. Elle veut fuir, elle ne peut pas. Eric écrase ses lèvres sur celles de Noémie qui se sent perdue, paralysée, contre le mur du salon. Eric déboutonne son pantalon qui tombe bientôt sur ses chaussures...

 

mardi, 01 novembre 2016

QUATRE FILLES (3ème extrait)

Judith se dirige vers la porte d'entrée et sonne à l'interphone. Elle se présente et Eric ouvre. Noémie et Judith montent les escaliers et aperçoivent au bout du couloir Eric qui leur crie : c'est ici ! Il les salue comme des princesses et toutes les deux entrent en lui souhaitant un joyeux anniversaire. Ils s'embrassent. Sur la table, les assiettes, les gâteaux et les bouteilles de champagne attendent. Eric ouvre de grands yeux et tend les bras vers les paquets que les deux amies lui tendent. Il les remercie en disant : il ne fallait pas, merci beaucoup. Puis il leur présente deux jeunes filles blondes. Il met un disque et invite tout le monde à s'installer sur le canapé. Il offre un flûte de champagne à chacune d'elles et un morceau de gâteau. Eric rit beaucoup. Noémie se demande pourquoi aucun garçon n'est présent à cette fête. Elle trouve que quelque chose "cloche", elle le trouve niais mais elle ne dit rien et bavarde avec les autres. Quand les verres sont vides, Eric les remplit et rit de plus belle....

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vendredi, 29 juillet 2016

LES CHIENS DE MON GRAND PERE

Sur les photos de mes grands-parents paternels, trois chiens, à différentes époques, posent devant le photographe.  Je n'en ai connu que deux mais je me souviens surtout du dernier.

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FURAX dans les années 30 et 40 pose en famille ou seul avec mon père, devant la maison ou dans la cour.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

TOM, un magnifique Berger Allemand, que l'on appelait aussi TOTOM, avait été recueilli par mon grand-père juste après la seconde guerre. On racontait dans la famille qu'il errait dans les rues mais on n'a jamais su vraiment à qui il appartenait. Mes parents et grands-parents l'aimaient beaucoup. Après ma naissance, maman aimait raconter que TOM me léchait les pieds quand je posais sur la table de la salle à manger, sûrement quand maman me langeait. Je ne sais pas quand TOM est décédé, j'étais trop petite et certainement que sa disparition avait laissé un grand vide.

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PUCCI, que j'ai bien connu dans les années 60 et 70, avait été donné par une voisine de mes grands-parents. Je me souviens qu'il courait à la fenêtre de la cuisine de mes grands-parents, celle qui donnait sur la rue, quand il entendait au loin le solex de grand-père arriver. Il courait ensuite comme un fou à la porte de la maison en aboyant sans arrêt. Quand PUCCI est décédé, le grand vide laissé n'a jamais été comblé, mes grands-parents pensaient qu'il était plus sage, vu leur grand âge, 80 ans et plus, de ne pas adopter un autre animal.

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samedi, 28 mai 2016

DANS LA FORET (souvenir d'enfance)

Nous passions de bons moments dans la forêt, les dimanches, dès que le printemps arrivait. Les feuilles de l'automne dernier, tombées sur le sol, formaient un tapis qui sentait bon.

Pendant que nos parents discutaient avec grand-père et grand-mère autour d'une petite table de pique nique, nous partions à la découverte du coin. Maman nous surveillait de temps en temps et nous demandait de ne pas nous éloigner. Comme Robinson sur son île, nous construisions une cabane avec les plus belles branches. Nous choisissions les plus solides pour qu'elles résistent au poids des branchages et feuilles que nous posions au-dessus. Cette cabane nous semblait très confortable avec son tapis de mousse et de feuilles.

Papa nous racontait que des sangliers passaient ici la nuit comme le jour. Nous cherchions alors des traces de leurs passages sur les sentiers encore humides. De temps en temps des craquements se faisaient entendre au loin. Nous nous cachions derrière un arbre, silencieux, espérant voir ces bêtes noires que nous avions découvertes dans la bande dessinée offerte à Noël par grand-mère. Je veux parler des aventures de Sylvain et Sylvette. Mais jamais nous n'avons vu de sangliers.

 

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vendredi, 29 avril 2016

ZOE VOYAGE

ZOE voyage en tramway avec son papa et sa maman. Comme une grande, elle porte un sac à main.

Maman l'a coiffée de longues tresses maintenues au-dessus de la tête, en chignon.

Zoé regarde autour d'elle, puis ouvre la fermeture éclair de son sac. Elle en sort des lunettes de soleil qu'elle garde dans la main.

Maman la regarde et lui demande :

- tu ne mets pas tes lunettes ?

- non...

- alors range-les.

- non...

- Il faut les mettre.

- non...

Zoé réfléchit un moment en regardant par la fenêtre puis remet ses lunettes dans son sac.

Elle regarde à nouveau autour d'elle et prend son téléphone portable bleu et blanc au fond de son sac.

Elle parle à sa maman puis cherche son papa qui se trouve debout, derrière elles.

Pensive, elle range son téléphone dans le sac et regarde de nouveau autour d'elle... Puis, au signal de papa, tous les trois descendent du tramway.

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vendredi, 01 avril 2016

LA FEMME FANTOME

Elle est montée dans la rame de tramway en suivant les autres et a validé son ticket. Elle s'est assise sur une place libre, tout en tenant son sac des deux mains, un peu comme une petite fille... Je la regardais car elle paraissait étrange : ses cheveux sans couleur pendaient sur son visage fripé. Ses yeux cernés regardaient le sol. Les yeux vides, le regard immobile, elle resta ainsi tout le long du court voyage qui l'emmenait vers le centre ville. Je pensais alors que c'était peut être sa première sortie depuis cinquante ans. Son sac me rappelait celui de maman, celui qui est sur la photo prise devant notre ancienne maison, le jour du déménagement, je n'avais alors que 2 ans. Mais celui de la femme fantôme était sale, des traces de doigts le recouvraient par endroits. Où allait-elle ? J'imaginais qu'elle venait de rendre visite à son médecin qui l'avait autorisée à prendre quelques jours afin de voir sa famille. Mais en avait-elle ? Avait-elle une maman, une soeur, un enfant ?

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samedi, 05 mars 2016

RENCONTRE

Guitare à la main et sac sur l'épaule, elle est venue s'asseoir sur la banquette, près de la fenêtre du tramway. Ses cheveux noirs étaient retenus par un élastique dans le cou. Elle lissait ses deux mèches longues, de chaque côté de ses yeux clairs. Elle écoutait un garçon et une fille racontant en riant leur journée au lycée. Le tramway roulait en secouant les passagers. Ses yeux clairs, maquillés de noir et de gris, se fermaient de temps en temps. Elle se mit tout à coup à chercher l'heure dans la poche de son sac. Elle allait arriver bientôt à destination, à son cours avec le professeur qui la suit depuis plusieurs mois. Elle ne voulait surtout pas arriver en retard....

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mercredi, 17 février 2016

LA COIFFEUSE

Lucie, jeune cousine de ma grand-mère maternelle, tenait un salon de coiffure, au rez de chaussée de sa maison. Maman prenait rendez-vous pour ses 4 filles en même temps. Nous y allions à pied, le salon se trouvant au bout de notre boulevard, sur une petite place près d'un calvaire. Après avoir poussé le petit portail de la cour, on suivait sur la gauche l'allée. En contournant le coin de la maison, nous entrions par une porte sur le côté. 

En attendant que Lucie ait terminé de s'occuper de sa dernière cliente, nous regardions les tubes de crèmes pour peaux grasses et sèches, les tubes de fonds de teint de différentes couleurs, les bâtons de rouges à lèvres et les vernis sur les présentoirs.

Puis Lucie nous invitait à nous asseoir dans les grands fauteuils noirs en attendant que la dame paye et dise au revoir. Lucie prenait alors son petit balai et ramassait les cheveux tombés sur le sol.

Puis elle nous disait : "à qui le tour ?". La première qui répondait était la première servie. Lucie coupait nos cheveux, les unes après les autres. Elle nous demandait comment se passaient nos journées à l'école, ou si nous profitions bien de nos vacances. Nous étions bavardes et elle s'amusait de nos histoires. Quand elle avait terminé de nous coiffer, elle nous offrait des échantillons de crèmes qu'elle sortait d'un de ses grands tiroirs. Puis ma soeur aînée ouvrait le porte-monnaie de maman pour payer Lucie qui comptait les francs déposés sur le comptoir. Nous nous regardions encore une fois dans les miroirs accrochés au mur en souriant et nous lui disions au revoir en la remerciant.

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jeudi, 03 décembre 2015

UNE MAISON ABANDONNEE

Une maison abandonnée

Cherche encore ses habitants

Ce qu'elle voulait me raconter

Me paraissait si important

Que je suis revenue deux fois.

Au loin j'entendais quelques voix

Qui n'avaient rien de mystérieux

La maison ouvrait ses grands yeux

Des voix d'ouvriers qui travaillent

Au bout du jardin en broussailles

Rendaient cet endroit bien étrange.

Abandonné, ce lieu vivant ?

Sur le côté je vis une grange

Et du foin entassé dedans

Mais rien, pas d'ouvriers en vue

Préparer une entrevue

Ce n'était pas convenable

Bien que je sois très aimable

La maison abandonnée

A l'intérieur désordonné

N'appartient plus à personne

Les herbes hautes l'emprisonnent.

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jeudi, 10 septembre 2015

MA PETITE SOEUR

J'ai quatre ans et quatre mois, nous sommes en février 1957. Maman est partie à l'hôpital depuis quelques jours. Papa m'a dit qu'elle était partie se faire soigner, qu'elle a mal au ventre, qu'elle sera bientôt guérie. Mamie me rassure, je suis un peu triste de ne pas voir maman à la maison.

Nous partons à l'hôpital en famille. Nous montons les escaliers en silence. Je regarde les infirmières en blouse blanche qui vont et qui viennent. Dans le couloir, j'entends des gémissements. Papa me rassure et nous frappons à la porte de la chambre de maman. Allongée sur un lit blanc, habillée d'une chemise de nuit, elle nous sourit et nous dit bonjour. Dans la chambre, une dame est assise sur un autre lit blanc. Elle tient un bébé dans ses bras, un garçon. Elle nous dit bonjour. Maman me montre un petit lit près d'elle. Je vois un bébé dormir tranquillement sous une couverture. Elle me dit "encore une fille, une nouvelle petite soeur, j'espère que ce sera la dernière..."

La dame qui porte le petit garçon me demande si je suis contente. Je lui réponds oui de la tête. Un monsieur, près d'elle, me regarde en souriant. C'est le papa du petit bébé, il me parle en mâchant un bout d'allumette. Je sors de la chambre avec mon frère et mes deux autres soeurs, la pièce est bien trop petite pour jouer. Nous laissons les adultes parler entre eux. Dans le couloir, nous écoutons les bruits feutrés, nous ne faisons pas de bruit, papa nous a demandé de ne pas crier, ni de faire du bruit à cause des malades qui ont besoin de repos.

Bientôt il est l'heure de rentrer à la maison. Nous disons au revoir à maman, à la dame ainsi qu'au monsieur à l'allumette. Nous nous reverrons plusieurs fois, maman ayant sympathisé avec sa voisine de maternité. Nous visiterons l'atelier de menuiserie de son mari et admirerons les magnifiques meubles qu'il crée Ils viendront aussi nous rendre visite certains dimanches. Monsieur N. aura à chaque fois ce bout d'allumette dans la bouche, même en parlant.

Depuis, la famille ne s'est plus agrandie et, en rentrant à la maison, nous avons bien dorloté notre petite soeur si blonde et si sage.

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