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lundi, 11 juin 2018

LE MAITRE DES ABEILLES de Henri Vincenot (1985)

Résumé : Louis Chagniot, Bourguignon de Paris, assiste dans un rêve à l'écroulement de la vieille demeure familiale. Il y voit un signe et décide de faire le voyage de Montfranc-le-Haut, en compagnie de son fils François dit Loulou, étudiant à la dérive et toxicomane. Au village, il retrouve la force et la simplicité d'une vie qu'il a oubliée. Il retrouve surtout Balthazar dit le Mage, le maître des abeilles. Celui-ci va tirer d'affaire ce Loulou qui découvrira l'amour en la personne de Catherine.

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Cet ultime ouvrage d'Henri Vincenot devait être le 1er volume d'une fresque dont il avait entrepris la composition quelques mois avant de disparaître.

http://dijoon.free.fr/vincenot.htm

 

EXTRAIT :

Comme chaque fois qu'il parlait de ses abeilles, Julien Bichot, le Mage Balthazar, n'avait plus même regard ni même voix. On aurait dit qu'il parlait de la Sainte Vierge aux Anges et ses mots n'étaient plus les mêmes. Très curieusement, Loulou Chagniot s'était mis à regarder intensément l'abeille et posait des questions. Elle prit son vol depuis son perchoir inattendu et, alourdie de son pollen, eut l'air de tomber mais au prix d'un incroyable effort, elle arriva à s'élever jusqu'à deux mètres du sol et partit droit devant, non vers le village mais vers l'est. "C'en est une d'un autre rucher que j'ai caché dans les murées qui regardent le levant !" dit Balthazar. Il eut un air de malice : "je les cache dans mon grenier et au plus profond des ronciers parce que, figurez-vous, l'Etat (saluez !) s'est mis dans la tête de nous obliger à les lui déclarer. Oui, l'Etat veut savoir tout ça pour des raisons d'hygiène, qu'il dit, en réalité, pour nous taxer, camarade".

samedi, 02 juin 2018

LE BARBIER DE SEVILLE (extrait) Beaumarchais.

Veux-tu, ma Rosinette

Faire emplette

Du roi des maris ?...

Je ne suis pas Tircis ;

Mais, la nuit, dans l'ombre,

Je vaux encore mon prix,

Et quand il fait sombre

Les plus beaux chats sont gris.

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mercredi, 23 mai 2018

EXTRAIT et AVIS sur mon dernier livre paru au mois d'octobre.

Un petit extrait de mon livre QUELQUE PART UN HERITAGE, paru au mois d'octobre, et qui m'a demandé 4 années de travail (recherches historiques et généalogiques, recherches longues et de précision).

"Un matin de novembre 1794, alors qu’il fait nuit noire, Nicolas réveille son fils qui dort encore profondément. Auguste s’étire longuement et frotte ses yeux plusieurs fois. Puis il se lève d’un bond. Il se souvient de ce que son père lui a dit hier soir. C’est un grand jour pour lui. Il va à la petite école pour la première fois. Il jette sa couverture sur le sol et sort de sa chambre en courant. Il descend doucement l’échelle en écoutant Pélagie qui fait quelques recommandations à Nicolas. Près de la cheminée, il se réchauffe un peu puis s’habille tout seul. Il déjeune en regardant sa mère donner la tétée à Amélie. Il voudrait rester là, bien au chaud. Mais il veut partir à l’école, on lui en a dit tant de bien.

Après avoir mangé, il se lève et glisse les pieds dans ses petits sabots. Il enfile son sac au-dessus de son manteau. Le bonnet sur les oreilles, il embrasse sa mère et sa petite sœur avant de fermer la porte pour rejoindre son père qui l’attend dans la cour, une bûche sous le bras. En descendant la rue, Auguste tient fermement la main de son père. Les arbres semblent menaçants dans le noir avec leurs branches dénudées. Auguste frissonne en passant près de leur gros tronc. Il imagine leurs branches devenues des bras, s’élançant vers lui et l’agrippant par le manteau ou les cheveux. Alors, pour se rassurer, il serre plus fort la main de son père et regarde devant lui en pensant à sa première journée à l’école. Plus loin, ils entendent les coqs chanter dans les cours des fermes. A l’horizon ils distinguent le village voisin et son clocher qui commence à se détacher dans le jour qui se lève.

Arrivé à l’école, Auguste dit au revoir à son père qui dépose la bûche qu’il avait apportée dans un coin de la classe. La maison où se tient l’école est mal adaptée aux besoins. Aussi la fréquentation des enfants du village est irrégulière. Malgré les problèmes, l’instituteur enseigne avec l’espoir de voir les enfants se comporter de bonne manière envers Dieu et le prochain.

Auguste retrouve ses camarades qui se réchauffent devant la cheminée. Un enfant termine de balayer la classe pendant que les autres prennent place sur les petits bancs alignés devant le tableau noir et le crucifix. L’année commence bien. Chacun prend ses habitudes et apprend la discipline."

Avis de G. L C. sur mon livre qu'il a lu au mois d'avril :

"Intéressé jusqu'au bout par l'histoire d'une famille modeste où l'amour, la bienveillance, l'entraide fleurent à chaque page. Le tout écrit en un présent de narration qui lui confère une réelle authenticité. Merci pour les bons moments que j'ai passés en chaleureuses compagnies."

Si vous désirez le commander, c'est ici :

https://www.thebookedition.com/fr/quelque-part-un-heritag...

Mes autres ouvrages :

https://www.thebookedition.com/fr/134_elisabeth-leroy

 

jeudi, 22 mars 2018

Quelques citations

VOYAGE :

Qu'est-ce en général qu'un voyageur ? C'est un homme qui s'en va chercher un bout de conversation au bout du monde (Barbey d'Aurevilly).

VIVRE :

La vie et l'amour. Vivre est comme aimer ; toute raison est contre, et tout instinct robuste est pour (Samuel BUTLER).

TRAHISON :

La trahison peut être le fait d'une intelligence supérieure entièrement affranchie des idéologies civiques (Paul LEAUTAUD).

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vendredi, 09 mars 2018

SI TU AIMES LA PLUIE

Si tu aimes la pluie

Alors tu aimes Mars

Tout au fond de ton puits

Tu crois à une farce

Des pluies abondantes

Et la peur te hante

De voir tant de flaques

Tu deviens patraque

Les nuages cèdent

Le soleil remède

Te couvre de bonté

Finie l'austérité.

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mercredi, 07 mars 2018

Citations sur le RIRE

La plus perdue de toutes les journées est celle où l'on n'a pas ri (CHAMFORT).

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Très souvent, le rire est une forme de la politesse, ou l'un des moyens innombrables de se faire bien voir (X).

J'ai ri, me voilà désarmé (A. PIRON).

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vendredi, 23 février 2018

PARTIR (Roland Dorgelès de l'Académie Goncourt)

Depuis un instant, les machines se sont mises à ronfler et le paquebot tremble de toute sa carcasse. Prévenus par la cloche, visiteurs et parents viennent de quitter le bord, et le pont soudain paraît vide, tous les passagers penchés à la rambarde. Sur le quai, qu'on domine ainsi que d'un cinquième étage, la foule s'épaissit. Des inconnus, la tête renversée, échangent les suprêmes paroles avec ceux de là-haut, pauvres mots inutiles où l'on met tout son coeur. Des Italiens, deux mandolines et un violon, installés là comme au coin d'une rue, jouent de leurs airs napolitains, et tout cela rend le départ plus déchirant encore.

Enfin la cloche retentit une dernière fois, de l'avant à l'arrière. Des chaînes grincent. La sirène pousse un cri... Cette fois, c'est fini : nous levons l'ancre.

On ne sent rien, pas une oscillation, pas une secousse, et c'est seulement à la clameur jaillie de la jetée que j'ai compris que nous étions partis. Aussitôt debout, le coeur battant, j'ai couru à tribord.Tout le navire s'écrasait contre le bastingage, passagers et gens d'équipage. On joue du coude, on tend le cou...

Le paquebot aussi hésite à s'en aller. Il glisse lentement le long du quai, comme à regret. La foule d'en bas et celle d'en haut s'écartent peu à peu, avec effort, ainsi qu'une étoffe qu'on déchire ; bientôt il n'y a plus que les cris qui retiennent les deux morceaux. Des têtes à tous les sabords, des mouchoirs à tous les hublots....

https://www.franceculture.fr/personne-roland-dorgeles

 

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mardi, 13 février 2018

Jules RENARD : ET CES PAVES DE SAVON

Ne réservez pas à ma vieillesse un château, mais faites-moi la grâce de me garder, comme dernier refuge, cette cuisine avec sa marmite toujours en l'air, avec la crémaillère aux dents diaboliques, la lanterne d'écurie et le moulin à café, le litre de pétrole, la boite de chicorée extra et les allumettes de contrebande, avec la lune en papier jaune qui bouche le trou du tuyau de poêle, et les coquilles d'oeufs dans la cendre, et les chenets au front luisant, au nez aplati, et le soufflet qui écarte ses jambes raides et dont le ventre fait de gros plis, avec ce chien à droite et ce chat à gauche de la cheminée, tous deux vivants peut être, et le fourneau d'où filent des étoiles de braise, et la porte au coin rongé par les souris, et la passoire grêlée, la bouillotte bavarde et le gril haut sur pattes comme un basset, et le carreau cassé de l'unique fenêtre dont la vue se paierait cher à Paris, et ces pavés de savon... et cette demi-douzaine de fers à repasser, à genoux sur leur planche, par rang de taille, comme des religieuses qui prient, voilées de noir et les mains jointes.

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lundi, 05 février 2018

LA DEROBADE (Jeanne CORDELIER) Extrait

L'homme est prêt avant vous. Vous êtes maintenant seule dans la chambre ; sur la table, il y a quinze sacs, dix ou cinq, c'est la même chose. Vous les fourrez rapidement dans votre sac avec la hâte de vous retrouver dehors. Vous franchissez le seuil de l'hôtel comme une voleuse en regardant à droite et à gauche de la porte. De l'air ! Vous avez besoin d'air. Pour vous donner du courage, vous palpez sans les regarder les billets : quinze sacs, dix ou cinq, c'est de l'argent. Vous commencez à faire des projets...

Mon premier client s'appelait Jacques. Il ressemblait à Jean Sablon. Je l'avais suivi dans un hôtel de la rue Daunou. Et là tout s'était passé exactement comme ça. Et si j'ai l'heureuse faculté d'oublier les mauvais souvenirs, je n'ai jamais réussi tout à fait à oublier celui-là....

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mercredi, 06 décembre 2017

LA BICYCLETTE BLEUE de Régine DEFORGES (extrait)

Il faisait nuit quand ils arrivèrent dans les faubourgs d'Orléans. Pas une boutique, pas une maison ouverte ; les Orléanais, à leur tour, avaient pris la fuite. Le boulevard de Châteaudun et le faubourg Bannier avaient été bombardés. Un violent orage éclata brusquement, ralentissant encore la marche vers on ne sait où de tous ces gens jetés sur les routes par une peur incontrôlable. Chacun s'abrita comme il put, et certains n'hésitèrent pas à forcer les portes et les volets des demeures abandonnées. L'orage cessa comme il était venu. Des maisons violées sortaient, sans même se cacher, des ombres emportant pendules, tableaux, vases, coffrets. Les pillards commençaient leur sinistre besogne.

Je crains que nous soyons obligés de passer la nuit dans la voiture, dit Mathias qui n'avait pas avancé d'un pouce depuis une heure.

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