Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

samedi, 07 mars 2015

LA LETTRE

Un matin, maman reçoit une lettre non affranchie, à mon nom. Le facteur lui demande de régler les frais de timbre et la taxe de non affranchissement. Cela met de mauvaise humeur maman. Qui peut bien écrire à sa fille qui n'a que 11 ans et sans mettre de timbre ? A l'ouverture, elle pousse des : "Oh ! Eh bien !". Elle la montre à toute la famille. J'en prends connaissance avec surprise : il s'agit d'une lettre d'un jeune garçon qui me donne rendez-vous à telle heure et à tel lieu de la ville. Il n'a pas signé. Je me demande qui a pu écrire. Bien sûr il n'est pas question que je me rende à ce rendez-vous car je n'ai pas de fiancé, ni d'amoureux. A cet âge là, pas encore. La lettre va jusque chez la voisine, ainsi mes petites copines sont mises au courant. Je suspecte bien un garçon qu'elles fréquentent. Il s'agit du fils du propriétaire du cinéma qui se trouve de l'autre côté de la rue. Mes voisines en sont amoureuses et aimeraient bien sortir avec lui. A chaque fois qu'il sort dans son jardin, elles filent lui parler.

Nous faisons notre enquête jour après jour mais nous ne parvenons pas à trouver le coupable.

souvenirs,nouvelles et textes brefs,écriture,journal intime,enfance,société,livre,recueil,elisa raconte

 

jeudi, 19 février 2015

Ma participation au DEFI n° 139 RESISTANCE (proposé par ENRIQUETA)

Au début de l'occupation

Allemande mon grand-père

S'est engagé dans la résistance

Active. Les informations

Collectées par mon père

Radio-amateur, en correspondances

Aussitôt sont répercutées

Il faut résister

Transmis, les messages

Echappent au contre-espionnage

Travail dangereux

Déplacements nombreux

C'est un travail familial

Toute une organisation

Pour la libération

Du sol national.

(en souvenir de mon père et de mon grand-père, résistants pendant la guerre 39-45)

jeux,écriture,défi,résistance,guerre 39-45,occupation,auteur,livre,textejeux,écriture,défi,résistance,guerre 39-45,occupation,auteur,livre,texte

mercredi, 28 janvier 2015

MENSONGE - MENTIR

Qui dit un mensonge en dit cent.

A beau mensonge, longue mémoire.

Nature ne peut mentir.

Bon fait mentir pour paix avoir.

( en photo : dessus de porte à Notre Dame de Londres. Photo prise la semaine dernière )

citations,écriture,société,mentir,nature,auteur,livre

mercredi, 14 janvier 2015

VA CHERCHER DU LAIT (souvenirs d'enfance)

Maman me donne un pot en aluminium et quelques pièces que je mets dans la poche de mon manteau. Elle me demande d'aller chercher du lait chez la mère d'Ernest. 

Tout au long du chemin, je répète ce que Maman me dit quelquefois : "tu as 7 ans, tu es grande maintenant...". Oui, car je vais à la grande école.

Je passe devant la Gendarmerie où un drapeau flotte, puis devant le magasin de vélos. Je regarde la vitrine. Je remue les pièces dans ma poche et je repars.

Arrivée devant la lourde porte de la grand-mère, je tourne la grosse poignée et pousse de toutes mes forces pour ouvrir. La porte se referme derrière moi.

Je marche sur le carrelage où mes souliers résonnent. Je monte trois marches qui mènent à la table où je dépose mon pot à lait. La vieille dame arrive et je lui dit bonjour en lui tendant mes quelques pièces. Elle me répond et prend mon pot. Dans la pièce mal éclairée sous l'immense plafond, je regarde les vitres de toutes les couleurs de la grande porte derrière laquelle la dame a disparu. Elle revient avec mon pot que je reprends délicatement.

J'aime l'odeur chaude du lait.

Je ne reste pas plus longtemps car je ne sais pas quoi dire à la dame, à part "au revoir et merci", comme Maman m'a appris.

Je suis soulagée de rentrer à la maison, je n'ai pas renversé le lait...

souvenirs,auteur,livre,culture,écriture,société,enfance,jeunesse

vendredi, 26 décembre 2014

JASMIN

Fleurs jaunes en hiver

Comme trompettes

Dressées sur la terre

Font une fête

La pluie ne vient plus.

poèmes,poète,poésie,recueil,livre,société,saison,jasmin,hiver,pluie,soleil

samedi, 20 décembre 2014

LE PETIT POUCET

On ne s'afflige point d'avoir beaucoup d'enfants

Quand ils sont tous beaux, bien faits et bien grands,

Et d'un extérieur qui brille ;

Mais si l'un d'eux est faible ou ne dit mot

On le méprise, on le raille, on le pille,

Quelquefois cependant c'est ce petit marmot

Qui fera le bonheur de toute la famille.

(Charles PERRAULT)

perrault,le petit poucet,écriture,culture,livre,société,contes,enfant,enfance

 

jeudi, 18 décembre 2014

LA JALOUSIE

On méprise un homme qui est jaloux de sa femme parce que c'est un témoignage qu'il ne l'aime pas de la bonne sorte et qu'il a mauvaise opinion de soi ou d'elle. Je dis qu'il ne l'aime pas de la bonne sorte, car s'il avait un vrai amour pour elle, il n'aurait aucune inclinaison à s'en défier ; mais ce n'est pas proprement elle qu'il aime, c'est seulement le bien qu'il imagine consister à en avoir seul la possession.

DESCARTES Les passons de l'âme

(En photo, motif sur un mur à AIGUES MORTES)

citations,auteur,société,livre,culture descartes,littérature,mari,femme

dimanche, 16 novembre 2014

MA LECTURE DU MOMENT (pour Laura)

Marcel PROUST

A LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU

Collection Quarto GALLIMARD

PROUST.jpg

samedi, 08 novembre 2014

Marcel PROUST "A la recherche du temps perdu" (extrait)

A Combray, tous les jours dès la fin de l'après-midi, longtemps avant le moment où il faudrait me mettre au lit et rester, sans dormir, loin de ma mère et de ma grand'mère, ma chambre à coucher redevenait le point fixe et douloureux de mes préoccupations. On avait bien inventé, pour me distraire les soirs où on me trouvait l'air trop malheureux, de me donner une lanterne magique, dont, en attendant l'heure du dîner, on coiffait ma lampe ; et, à l'instar des premiers architectes et maîtres verriers de l'âge gothique, elle substituait à l'opacité des murs d'impalpables irisations, de surnaturelles apparitions multicolores, où des légendes étaient dépeintes comme dans un vitrail vacillant et momentané. Mais ma tristesse n'en était qu'accrue, parce que rien que le changement d'éclairage détruisait l'habitude que j'avais de ma chambre et grâce à quoi, sauf le supplice du coucher, elle m'était devenue supportable.

proust,marcel proust,swan,du côté de chez swan,livre,auteur,culture,écriture

jeudi, 09 octobre 2014

MON 1er DEMENAGEMENT (Extrait de mon livre ELISA RACONTE)

J'ai 2 ans 1/2 et ma mère attend son 4ème enfant. Elle a 27 ans. Mon père nous prend en photo, mon frère, ma soeur, ma mère et moi, devant ce qui fût notre maison. Car aujourd'hui nous déménageons. Nous partons dans une nouvelle maison, à l'autre bout de la ville, une maison que mes parents ont fait construire dans un quartier calme, près des écoles de filles et de garçons. Ma mère porte un long manteau qui cache sa grossesse arrivée à terme.

Elle me donne la main gauche et, de la main droite, je tiens mon petit sac à main rouge. J'ai mis mes chaussures blanches. Je porte aussi un manteau comme mon frère et ma soeur.

Nous sommes photographiés devant la porte d'entrée, sur les marches qui donnent sur le trottoir et la route pavée. Mon frère se tient tout droit comme un soldat au "garde à vous". Il porte un manteau clair et ma soeur se tient entre ma mère et mon frère, en penchant la tête, car elle s'est mise un peu derrière ma mère. Elle tient son petit sac beige dans la main droite.

Nous voilà partis pour notre nouvelle maison.

Dans le jardin, je ne vois aucun arbre, aucune fleur, même pas une berbe qui pousse dans ce qui fût un chantier de construction. En entrant dans la maison, je sens l'odeur du plâtre et du bois neufs. Qand nous nous parlons, nos voix résonnent car mes parents n'ont pas beaucoup de meubles. Je n'aime pas cette maison. Les murs sont blancs et les fenêtres sans peinture, elle est impersonnelle.

Je dis à ma mère que je veux revenir dans l'autre maison car j'y ai mes souvenirs. Mais elle me répond que ce n'est pas possible.

Mon frère et ma soeur partent à l'école et je reste seule avec ma mrère. Je ne veux pas manger, je ne veux pas jouer, je m'ennuie toute seule.

Puis, quelques semaines après le déménagement, je m'en vais passer quelques jours chez mon grand père et ma grand mère, à l'autre bout de la ville, accompagnée de mon frère et de ma soeur.

Ma grand mère s'absente une demi-journée et mon grand père nous garde tous les trois. Il nous fait des clins d'oeil complices en sortant un paquet de bonbons du vieux buffet de la cuisine. Il m'apprend à écrire, à lire, je joue avec les voitures de mon frère. Ma soeur joue aux cartes avec mon grand père qui fume la pipe.

nouvelles et textes brefs,souvenirs,écriture,recueil,anecdotes,enfance,auteur,société,livrenouvelles et textes brefs,souvenirs,écriture,recueil,anecdotes,enfance,auteur,société,livrenouvelles et textes brefs,souvenirs,écriture,recueil,anecdotes,enfance,auteur,société,livre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quand nous revenons, nous découvrons un bébé aux cheveux noirs, dans un berceau là-haut, dans une des chambres. C'est ma petite soeur, mignonne. C'est la 1ère fois que je vois un bébé. On dirait une poupée. Je suis heureuse. Je voudrais la prendre dans mes bras comme le fait ma maman. Je l'aime tellement cette petite soeur que je retrouve l'appétit et j'oublie ma peine causée par le déménagement.