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dimanche, 15 février 2015

ALBERTINE DISPARUE (Marcel PROUST - extrait)

"Mademoiselle Albertine est partie" ! Comme la souffrance va plus loin en psychologie que la psychologie !

Il y a un instant, en train de m'analyser, j'avais cru que cette séparation, sans s'être revus, était justement ce que je désirais, et comparant la médiocrité des plaisirs que me donnait Albertine, à la richesse des désirs qu'elle me privait de réaliser, je m'étais trouvé subtil, j'avais conclu que je ne voulais plus la voir, que je ne l'aimais plus. Mais ces mots : "Mademoiselle Albertine est partie" venaient de produire dans mon coeur une souffrance telle que je sentais que je ne pourrais pas y résister plus longtemps. Ainsi ce que j'avais cru n'être rien pour moi, c'était tout simplement toute ma vie. Comme on s'ignore.

PROUST 1891 Cours de tennis Neuilly sur Seine.jpg

mercredi, 28 janvier 2015

MENSONGE - MENTIR

Qui dit un mensonge en dit cent.

A beau mensonge, longue mémoire.

Nature ne peut mentir.

Bon fait mentir pour paix avoir.

( en photo : dessus de porte à Notre Dame de Londres. Photo prise la semaine dernière )

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mercredi, 14 janvier 2015

VA CHERCHER DU LAIT (souvenirs d'enfance)

Maman me donne un pot en aluminium et quelques pièces que je mets dans la poche de mon manteau. Elle me demande d'aller chercher du lait chez la mère d'Ernest. 

Tout au long du chemin, je répète ce que Maman me dit quelquefois : "tu as 7 ans, tu es grande maintenant...". Oui, car je vais à la grande école.

Je passe devant la Gendarmerie où un drapeau flotte, puis devant le magasin de vélos. Je regarde la vitrine. Je remue les pièces dans ma poche et je repars.

Arrivée devant la lourde porte de la grand-mère, je tourne la grosse poignée et pousse de toutes mes forces pour ouvrir. La porte se referme derrière moi.

Je marche sur le carrelage où mes souliers résonnent. Je monte trois marches qui mènent à la table où je dépose mon pot à lait. La vieille dame arrive et je lui dit bonjour en lui tendant mes quelques pièces. Elle me répond et prend mon pot. Dans la pièce mal éclairée sous l'immense plafond, je regarde les vitres de toutes les couleurs de la grande porte derrière laquelle la dame a disparu. Elle revient avec mon pot que je reprends délicatement.

J'aime l'odeur chaude du lait.

Je ne reste pas plus longtemps car je ne sais pas quoi dire à la dame, à part "au revoir et merci", comme Maman m'a appris.

Je suis soulagée de rentrer à la maison, je n'ai pas renversé le lait...

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vendredi, 09 janvier 2015

OREILLE

Quand bourdonne votre oreille gauche, grand éloge de vous on fait.

Quand bourdonne votre oreille droite, votre éloge est mis de côté.

(Bretagne)

(en photo, pain d'épices en tranches)

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jeudi, 18 décembre 2014

LA JALOUSIE

On méprise un homme qui est jaloux de sa femme parce que c'est un témoignage qu'il ne l'aime pas de la bonne sorte et qu'il a mauvaise opinion de soi ou d'elle. Je dis qu'il ne l'aime pas de la bonne sorte, car s'il avait un vrai amour pour elle, il n'aurait aucune inclinaison à s'en défier ; mais ce n'est pas proprement elle qu'il aime, c'est seulement le bien qu'il imagine consister à en avoir seul la possession.

DESCARTES Les passons de l'âme

(En photo, motif sur un mur à AIGUES MORTES)

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mercredi, 10 décembre 2014

CITATIONS

Les grands voleurs font pendre les petits.

Les voleurs privés sont aux galères et les voleurs publics dans les palais.

L'habit volé ne va pas au voleur.

Qui ose prendre le veau osera prendre vache et troupeau.

 

(en photo, fenêtre de maison en ruine, dans une rue de mon village).

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lundi, 01 décembre 2014

BASILIC

Avoir un regard de basilic : c'était une croyance que les vieux coqs pondaient quelquefois un oeuf dans le fumier ; il produisait un basilic, reptile redoutable auquel on attribuait le pouvoir de tuer par son seul regard quiconque s'y trouve exposé, et de se tuer lui-même quand il se voit dans une glace. De là ces expressions proverbiales : lancer des regards de basilic, faire des yeux de basilic à quelqu'un - c'est à dire des regards et des yeux enflammés de fureur.

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dimanche, 23 novembre 2014

Léonard COHEN


dimanche, 16 novembre 2014

MA LECTURE DU MOMENT (pour Laura)

Marcel PROUST

A LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU

Collection Quarto GALLIMARD

PROUST.jpg

samedi, 08 novembre 2014

Marcel PROUST "A la recherche du temps perdu" (extrait)

A Combray, tous les jours dès la fin de l'après-midi, longtemps avant le moment où il faudrait me mettre au lit et rester, sans dormir, loin de ma mère et de ma grand'mère, ma chambre à coucher redevenait le point fixe et douloureux de mes préoccupations. On avait bien inventé, pour me distraire les soirs où on me trouvait l'air trop malheureux, de me donner une lanterne magique, dont, en attendant l'heure du dîner, on coiffait ma lampe ; et, à l'instar des premiers architectes et maîtres verriers de l'âge gothique, elle substituait à l'opacité des murs d'impalpables irisations, de surnaturelles apparitions multicolores, où des légendes étaient dépeintes comme dans un vitrail vacillant et momentané. Mais ma tristesse n'en était qu'accrue, parce que rien que le changement d'éclairage détruisait l'habitude que j'avais de ma chambre et grâce à quoi, sauf le supplice du coucher, elle m'était devenue supportable.

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