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dimanche, 09 juin 2019

Paul VERLAINE : LES INGENUS

Les hauts talons luttaient avec les longues jupes,
En sorte que, selon le terrain et le vent,
Parfois luisaient des bas de jambes, trop souvent
Interceptés ! – et nous aimions ce jeu de dupes.

Parfois aussi le dard d’un insecte jaloux
Inquiétait le col des belles sous les branches,
Et c’était des éclairs soudains de nuques blanches,
Et ce régal comblait nos jeunes yeux de fous.

Le soir tombait, un soir équivoque d’automne :
Les belles, se Pendant rêveuses à nos bras,
Dirent alors des mots si spécieux, tout bas,
Que notre âme depuis ce temps tremble et s’étonne.

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mercredi, 22 mai 2019

DANS LA NUIT

Les couleurs du jour

Après les heures qui courent

Deviennent horizontales

La nuit triomphale

Vole le feu du ciel

L'édredon devient miel

Les rêves se démêlent.

 

 

(en photo, ver luisant dans la pelouse de mon jardin, il y a quelques années)

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mardi, 14 mai 2019

JOLI MAI

Joli mois de mai

Que je préfère

Pour l'atmosphère

Dans les roseraies

L'été tressaille

Et se chamaille

Dans la grisaille

Avec la caille

Joli mois de mai

Que je préfère

Est bien entamé

Pour nous distraire.

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jeudi, 09 mai 2019

LE THE (Théodore de BANVILLE (1823-1891)

Miss Hellen, versez-moi le Thé

Dans la belle tasse chinoise,

Où des poissons d'or cherchent noise

Au monstre rose épouvanté.

J'aime la folle cruauté

Des chimères qu'on apprivoise :

Miss Hellen, versez-moi le Thé

Dans la belle tasse chinoise.

Là sous un ciel rouge irrité,

Une dame fière et sournoise

Montre en ses longs yeux de turquoise

L'extase et la naïveté ;

Miss Hellen, versez-moi le Thé.

 

(Théodore de Banville est né à Moulins. Venu à Paris à l'âge de 7 ans, ce fils d'aristocrates républicains refusant l'ordre bourgeois, cette "apothéose de l'épicerie", affirme très tôt son engouement pour la poésie. Il imite les genres poétiques moyenâgeux, écrit des pièces de théâtre en vers. Sur la fin de sa vie, la prose l'emporte sur la poésie).

 

chinese-tea-cup-.jpg

 

mercredi, 20 février 2019

LE PARESSEUX (Marc-Antoine de SAINT-AMANT)

Accablé de paresse et de mélancolie,

Je rêve dans un lit où je suis fagoté,

Comme un lièvre sans os qui dort dans un pâté,

Ou comme un Don Quichotte en sa morne folie.

Là, sans me soucier des guerres d'Italie,

Du comte Palatin, ni de sa royauté,

Je consacre un bel hymne à cette oisiveté

Où mon âme en langueur est comme ensevelie.

Je trouve ce plaisir si doux et si charmant,

Que je crois que les biens me viendront en dormant,

Puisque je vois déjà s'en enfler ma bedaine,

Et hais tant le travail, que, les yeux entr'ouverts,

Une main hors des draps, cher Baudoin, à peine

Ai-je pu me résoudre à t'écrire ces vers.

 

http://www.unjourunpoeme.fr/auteurs/saint-amant-marc-anto...

 

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samedi, 09 février 2019

L'ALPHABET DE L'AMOUR

A comme amour

On le trouve toujours

B comme baiser

Envie de t'embrasser

C comme coeur

Je te connais par coeur

D comme ton prénom

Je ne dis pas non

E comme équilibre

Je te laisse libre

De me choisir 

Ou de partir

F comme frissons

Quand on perd la raison

G comme gourmands

Nous sommes amants

H comme heures

Celles du bonheur

I comme intérieur

L'amour est à l'intérieur

J comme jouer

L'amour n'est pas jouer

K comme K.way

Sous la pluie on marchait

L comme lune

Je suis dans la lune

M comme miroir

Me renvoie notre histoire

N comme nuptial

Je marche sous le vitrail

O comme or

Le monde doux dehors

P comme pardonner

Je t'ai tout pardonné

Q comme quotidien

Le mien est lié au tien

R comme recette

Il n'y a pas de recette

S comme souvenirs

Les meilleurs à retenir

T comme toujours

On s'aime nuit et jour

U comme unis

Jusqu'à l'infini

V comme vie

Celle que l'on vit

W comme wagon

A la gare on se cherchait

X comme Xérès

L'amour et le vin jusqu'à l'ivresse

Y comme yeux

Les tiens sont bleus

Z comme Zanzibar

Trouvés par hasard.

(mai 2006).


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mercredi, 09 janvier 2019

NUIT BLANCHE (Albert SAMAIN - Au Jardin de l'Infante)

Cette nuit, tu prendras soin que dans chaque vase

Frisonne, humide encore, une gerbe de fleurs.

Nul flambeau dans la chambre - où tes chères pâleurs

Se noieront comme un rêve en des vapeurs de gaze.

Pour respirer tous nos bonheurs avec emphase,

Sur le piano triste, où trembleront des pleurs,

Tes mains feront chanter d'angéliques douleurs

Et je t'écouterai, silencieux d'extase.

Tels nous nous aimons, sévères et muets.

Seul, un baiser parfois sur tes ongles fluets

Sera la goutte d'eau qui déborde des urnes.

Oh soeur ! et dans le ciel de notre pureté

Le virginal Désir des amours taciturnes

Montera lentement comme un astre argenté,

Ton souvenir est comme un livre bien aimé,

Qu'on lit sans cesse, et qui jamais n'est refermé,

Un livre où l'on vit mieux sa vie, et qui vous hante

D'un rêve nostalgique, où l'âme se tourmente.

Je voudrais, convoitant l'impossible en mes voeux,

Enfermer dans un vers l'odeur de tes cheveux ;

Ciseler avec l'art patient des orfèvres

Une phrase infléchie au contour de tes lèvres ;

Emprisonner ce trouble et ces ondes d'émoi

Qu'en tombant de ton âme, un mot propage en moi ;

Dire quelle mer chante en vagues d'élégie

Au golfe de tes seins où je me réfugie ;

Dire, oh surtout ! tes yeux doux et tièdes parfois

Comme une après-midi d'automne dans les bois ;

De l'heure la plus chère enchâsser la relique,

Et, sur le piano, tel soir mélancolique,

Ressusciter l'écho presque religieux

D'un ancien baiser attardé sur tes yeux.

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Albert_Samain

 

 

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vendredi, 07 décembre 2018

UN MONDE

Deux visions du monde s'opposent

Les uns annoncent la catastrophe

Le terre étouffe sous les déchets

Et puis les autres à l'opposé

Nous disent qu'il faut avoir confiance

Que nous vivons dans l'abondance

Qui nous ouvre un monde nouveau

Un monde tout nouveau tout beau

Mais la vérité saute aux yeux.

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mardi, 20 novembre 2018

BOUCHONS DU MATIN

Les bouchons du matin

Forment des p'tits boudins

Métalliques et changeants

Sinueux et mouvants.

 

 

(le 12.09.2011)

 

 

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samedi, 17 novembre 2018

Serge REGGIANI récite BAUDELAIRE