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dimanche, 05 août 2012

SAGESSE (Paul GERALDY)

Ne soyons pas trop exigeants,

Le Bonheur n'est pas accessible

A toutes sortes de gens.

Il faudrait être moins sensible,

Ou bien avoir beaucoup d'argent...

Ne demandons pas l'impossible,

Nous devons nous trouver contents

D'être les êtres que nous sommes :

Des amoureux intermittents

Qui sont fous l'un de l'autre en somme

De temps en temps.

C'est déjà beaucoup d'être deux,

Deux côte à côte sur la Terre,

Qui peuvent souffrir entre eux

Et vivre sant trop se taire.

Et si l'on est plus exigeant,

Si l'on se sent en y songeant

L'âme encor trop célibataire,

C'est qu'on a mauvais caractère...

Ou qu'on est trop intelligent.

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jeudi, 26 juillet 2012

APRES LES MATINS FRAIS

La terre s'empourpre et fond

Après les matins frais

Le soleil donne le ton

Des journées de l'été

Les mots s'écrivent un jour

Et puis un autre jour.

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vendredi, 20 juillet 2012

IL RESTE PEU DE TEMPS

Le soleil dessèche un peu plus les brindilles

Le silence de l'après midi inquiète

Les fleurs attendent le coucher

Du soleil pour boire enfin

Et les abeilles travaillent

Il reste peu de temps pour profiter

D'un ciel sans nuages.

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samedi, 02 juin 2012

LA LUNE DES FLEURS (Marceline DESBORDES VALMORE - 1786-1859)

Douce lune des fleurs, j'ai perdu ma couronne !

Je ne sais quel orage a passé sur ces bords.

Des chants de l'espérance il éteint les accords.

Et dans la nuit qui m'environne,

Douce lune des fleurs, j'ai perdu ma couronne !

 

Jette-moi tes présents, lune mystérieuse.

De mon front qui pâlit ranime les couleurs ;

J'ai perdu ma couronne et j'ai trouvé des pleurs ;

Loin de la foule curieuse,

Jette-moi tes présents, lune mystérieuse.

 

Entrouve d'un rayon les noires violettes,

Douces comme les yeux d'un séduisant amour.

Tes humides baisers hâteront leur retour.

Pour cacher mes larmes muettes

Entrouve d'un rayon les noires violettes.

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jeudi, 24 mai 2012

DANS LE SILENCE

Dans le silence

Elle compose des poèmes

Dans le silence

Elle imagine des histoires

Elle cherche dans sa mémoire

Elle choisit les mots qu'elle aime

Sans savoir qui les aimera

Sans savoir qui les lira.

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samedi, 05 mai 2012

PARDON

Il fait bon s'endormir sur un sourire de pardon ; chaque pensée s'épanouit en une tige d'argent irréelle.

Et la main de celui qui plante les âmes caresse, compatissante, toute la nuit, chaque battement du coeur.

(Mme Desanka MAKSIMOVIC, Poèmes ; Prières du soir)

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dimanche, 15 avril 2012

SOLEIL QUI PERCE LES NUAGES

Le soleil qui perce les nuages

Tombe sur les monts et le paysage

Gris et vert se fond comme sur la toile

Paysages nouveaux se dévoilent.

 

(sur les photos, paysages d'Auvergne)

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mardi, 03 avril 2012

Paul Jean TOULET : CHEVAUX DE BOIS

A Pau, les foires Saint Martin,

C'est à la Haute Plante

Des poulains, crinière volante,

Virent dans le crottin.

Là-bas, c'est une autre entreprise

Les chevaux sont en bois,

L'orgue enrhumé comme un hautbois,

Zo' sur un bai cerise.

Le soir tombe. Elle dit : "Merci,

Pour la bonne journée !

Mais j'ai la tête bien tournée..."

Ah, Zo' : la jambe aussi.

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samedi, 31 mars 2012

VOILA L'ETE

Soudain l'été est là

Il tombe sur tes bras

Tu enfiles ton blouson

Tu sors de la maison

Le jaune le blanc le bleu

Et le soleil dans tes yeux

Fondent dans ta tête

Ton blouson tu jettes

Tes instincts primitifs

En nombre effectif

Regardent les pieds nus

Comme si tu avais bu

La fontaine sacrée

Sur les murs à la craie

De doux mots s'échangent

Comme si deux anges

Etaient passés par là

Pour dire leurs émois

A la terre entière

Murmure la rivière

Cachée dans les sous-bois

L'été reprend ses droits

Sous le soleil en roi

Les oiseaux en émoi

Dans les branches en croix

Oublient le monde froid

Tu penses à voyager

C'est une belle idée

Liberté ! Liberté !

Heureux ! Voilà l'été.

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samedi, 17 mars 2012

MA MERE (THEODORE DE BANVILLE - 1823-1891)

Bien que né à Moulins, Théodore de Banville se veut poète parisien.

Venu dans la capitale à l'âge de 7 ans, ce fils d'aristocrates républicains, refusant l'ordre bourgeois, cette "apothéose de l'épicerie", affirme très tôt son engouement pour la poésie.

Ami de Baudelaire, ses poèmes, salués comme des chefs-d'oeuvre par Hugo et Gautier, en font un chef de file des jeunes poètes, des Parnassiens notamment. Daudet, Mallarmé, Maupassant, Verlaine, Courteline, Coppée fréquentent son salon.

Il imite les genres poétiques moyenâgeux, écrit des pièces de théâtre en vers... Mais son étoile pâlit avec l'arrivée, sur le devant de la scène poétique, des symbolistes.

Sur la fin de sa vie, la prose l'emporte sur la poésie.

Le maître a été dépassé par ses disciples mais n'en éprouve aucune amertume.

 

A MA MERE

 

Lorsque ma soeur et moi, dans les forêts profondes,

Nous avions déchiré nos pieds sur les cailloux,

En nous baisant au front tu nous appelais fous,

Après avoir maudit nos courses vagabondes.

Puis, comme un vent d'été confond les fraîches ondes

De deux petits ruisseaux sur un lit calme et doux,

Lorsque tu nous tenais tous deux sur tes genoux,

Tu mêlais en riant nos chevelures blondes.

Et pendant bien longtemps nous restions là blottis,

Heureux, et tu disais parfois : O chers petits !

Un jour vous serez grands, et moi je serai vieille !

Les jours se sont enfuis, d'un vol mystérieux,

Mais toujours la jeunesse éclatante et vermeille

Fleurit dans ton sourire et brille dans tes yeux.

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