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vendredi, 08 décembre 2006

DANS LES GRENIERS

Je devais avoir 7 ans quand je suis allée pour la première fois dans le grenier de ma grand mère. Elle était gardienne et logeait dans la maison près de l'usine où travaillaient mon père et mon grand père.

Je me demandais pourquoi nous n'étions jamais allés à l'étage. Je voulais voir comment étaient les chambres. Je savais que je n'avais pas le droit, je n'y avais jamais été invitée. Je ne sais plus dans quelles circonstances j'ai pu, grâce à mon frère et ma soeur aînée, découvrir ce qui se cachait derrière cette porte, à l'étage.

Mon grand père travaillait, j'en suis certaine. Mais ma grand mère, que faisait-elle ce jour là ? Je ne me souviens plus. Je sais qu'elle n'était pas très loin et que j'ai eu le temps de regarder assez pour pouvoir vous raconter ce que j'y ai vu.

La porte était large. Elle était fermée par une grande clef. J'ai pu la tourner sans faire trop de bruit.

Il n'y avait pas grand chose dans ce grand grenier : des malles, des vieilles chaises, des planches, des cadres en bois plein de poussière....

Ce dont je me souviens c'est que j'ai ouvert les malles. J'y ai trouvé des tissus et des dentelles. Beaucoup de dentelles.

Le tissu était écru, jauni, ainsi que ces dentelles. Cela devait être des draps, des nappes et des rideaux et quelques robes qui venaient soit des parents de ma grand mère, soit de ceux de mon grand père. Je n'ai pas osé en parler.

Je les ai dépliés et repliés pour ne pas me faire gronder. Dans une autre malle, se trouvaient également des tissus mais noirs. Comme les doubles rideaux de la salle à manger. Tout cela me semblait d'un autre monde. Quand je regarde les films muets, je repense à ce grenier...

Quelques années plus tard, j'ai visité un autre grenier. Mes parents avaient loué un petit 3 pièces en Bretagne pour les vacances. Le propriétaire était menuisier mais avait beaucoup voyagé.

Pour accéder au logement, nous devions monter un escalier étroit et tout droit. Mais sur un palier, j'avais remarqué une porte sans serrure ni poignée. Ma mère nous avaient interdit de la pousser. D'ailleurs, elle résistait à nos tentatives. Mais un jour, à force de pousser, nous avons réussi à nous glisser à l'intérieur de ce qui était un grenier d'une dépendance.

Il y avait là un accordéon, des malles, des armoires. Dans les malles, se trouvaient des photos de marins, de bateaux et de notre propriétaire qui devait avoir 20, 25 ans. Egalement des lettres... Nous y sommes retournés plusieurs fois. Le propriétaire n'a rien su. Nous sommes restés discrets et avons remis en place tout ce que nous avions touché. Jamais personne ne nous a grondés. Tous les deux ans, nous passions de magnifiques vacances dans ce coin du Morbihan et rêvions de voyages sur la grande mer.

Le troisième grenier était celui de mes parents. Il fallait mettre une échelle pour y accéder. Je n'y allais pas souvent car j'avais le vertige. Avec mes soeurs, nous y mettions nos jouets anciens ou cassés. Et nous étions heureux de les retrouver quelques années plus tard.

 

samedi, 02 décembre 2006

LUMIERE

J'ai vu la lumière

Je me suis avancée

Dans l'ombre derrière

Les fantômes dressés

Rient et se faufilent

Pour entrer dans la foule

 

 

 

  

Poème inspiré par Ambroise

15:05 Publié dans Mes poèmes | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : poésie, écriture

jeudi, 30 novembre 2006

INCONNU

Viens me chuchoter à l'oreille

Parle-moi de nos différences

Des rivages vermeils

Loin de tes errances

Toi l'inconnu au regard clair

Je te raconterai ma maison, ma terre.

 

(Sur un thème proposé par Ambroise)

21:07 Publié dans Mes poèmes | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : poésie, écriture

PLAISIR

Plaisir sublime

Plaisir extrême

Plaisir de t'écouter chanter

Ta guitare et ton piano jouer

Ecouter les mots couler de ta bouche

Ecouter ta voix qui me touche

Moments trop brefs, tant attendus

Emotion des mots tant attendus.

(Sur un thème proposé par LAURA)

21:00 Publié dans Mes poèmes | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : poésie, écriture

lundi, 27 novembre 2006

LA LA

La voisine joue du piano cet après-midi et je l'entends à travers le mur de notre maison.

Ma maman est en train de repasser pendant que mon frère et ma soeur sont à l'école. J'ai deux ans et, bien sûr, je ne vais pas encore à la maternelle.

J'aime quand j'entends de la musique. Je sais chanter les quelques chansons que nous entendons à la radio quelque fois et je les reprends de ma petite voix. Ma mère est "aux anges" quand elle m'entend. Je me dirige vers le mur mitoyen où LALA joue de son piano. Je colle mon oreille sur le mur froid pour mieux entendre. Quelquefois, je vois la voisine dans la rue quand je pars faire les courses avec maman. Alors, la pianiste me regarde et me dit "Bonjour !". Et moi je réponds "LALA". Ma maman se met à rire et engage la conversation avec Colette (c'est son nom) qui est mariée mais n'a pas d'enfant.

J'aime bien le son du piano et les morceaux qu'elle joue résonnent dans sa maison, c'est un enchantement.

Je ne suis jamais entrée dans la maison de LALA. Je n'ai jamais vu son piano et quand nous avons déménagé, je l'ai revue souvent faire ses courses. Elle n'a jamais eu d'enfants. Avec ma mère, nous rions encore quelquefois de ces moments joyeux.

dimanche, 26 novembre 2006

AMANDINE

Tout a été dit sur l'amour

Amandine n'en fait pas de discours

Elle voulait mettre une armure

Pour se protéger des coups durs

Mais elle entendait ces mots

Qu'il lui avait criés si haut

Que l'armure devenait inutile

Et ses mots sur ses maux futiles

Elle avait supplié à genoux

Pour échapper à ce fou

Si le monde est fait de venin

Elle en mourra c'est certain

22:01 Publié dans Mes poèmes | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : poésie, écriture

samedi, 25 novembre 2006

MIROIRS

Miroir à deux faces

Pour deux faces à faces

Miroir de la société

Image projetée

Miroir du matin

Pour se sentir bien

Miroir du soir

On perd la mémoire

(Sur un thème proposé par LAURA)

22:51 Publié dans Mes poèmes | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : poésie, écriture

vendredi, 24 novembre 2006

A LA FOIRE ST LUC

medium_img020.jpgLa FOIRE ST LUC est un évènement important dans la ville de mon enfance. Chaque année, au 18 octobre, a lieu cette foire où les commerçants ambulants envahissent la rue principale et mettent de l'animation. De chaque côté de cette rue, les étalages attirent les petits et les grands. On entend ici et là différentes musiques. Les commerçants attirent comme ils peuvent les acheteurs : ils vantent leurs produits pour les ménagères en faisant devant elles cent fois les mêmes gestes. On y trouve aussi de la vaisselle, des batteries de cuisine, des livres, des disques, des jouets, du linge de table, des draps, de l'ail et de l'oignon, des brioches, des gâteaux, des vêtements, des chaussures, tout ce que vous pouvez imaginer pour combler ce monde qui se presse dans un fouilli bien organisé comme chaque année.

Au bout de cette artère principale, presqu'à la sortie de la ville, on y trouve même du bétail, des tracteurs, du matériel agricole, les fermiers y font des affaires.

Mais moi, ce que je préfère, moi la petite fille de 4 ans ou de 11 ans, ce sont les jouets. En ce jour de fête, ma maman et ma grand mère me donnent un franc ou deux ainsi qu'à mes soeurs et mon frère afin que je puisse acheter le jouet de mes rêves. Ce jouet je le cherche. Je me tâte, je fais plusieurs fois le tour des étalages. Avec mes soeurs et mon frère, nous venons plusieurs fois pour comparer, hésiter pour se décider enfin. A cette occasion, ma maman en profite pour nous rhabiller pour l'hiver qui a déjà pointé le bout de son nez.

Sur la place, les forains ont monté leur manège et avec notre argent de poche reçu des grand-parents, nous faisons des tours dans les diverses attractions. Nous essayons de ne pas tout dépenser car la tentation est grande partout. Autour des manèges, des bijoux de princesses sont vendus dans des machines automatiques. Les garçons peuvent s'essayer au fusil sur les cartons des stands de tir. On peut y gagner des peluches immenses ou toutes petites qui combleront les enfants.

Quand la journée est terminée, nous sommes heureux d'avoir passé une journée merveilleuse. Nous regardons avec bonheur le ou les achats que nous avons faits et nous attendons avec impatience l'année prochaine la nouvelle foire St Luc.

mercredi, 22 novembre 2006

UNE AUTRE AVENTURE

Il a déjà oublié sa folie

Il est reparti pour une autre aventure

Il ne comprend pas la rupture

Il croyait que c'était pour la vie

Il a dépassé sa colère

Il se jette sur un autre bonheur

Il se demande si elle va lui plaire

Il ne la connait pas par coeur.

Il ne voit pas plus loin

Il ne cherche qu'une simple aventure

Il a le sourire chaque matin

Mais il pense que la vie est dure

Il rêve parfois au bonheur des êtres

Il pense qu'il n'a pas eu de chance

Un jour elle va arriver peut être

Mais il parle dans le silence

22:10 Publié dans Mes poèmes | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : poésie, écriture

mardi, 14 novembre 2006

MES PREMIERES VACANCES (été 1959)

Aujourd'hui, nous partons en vacances en famille pour la première fois. Il fait chaud et le ciel est bleu. J'ai 6 ans et demi. Pour le voyage, j'ai mis ma robe en coton rouge et blanc, mes lunettes de soleil ainsi que mon chapeau de paille. Maman a préparé les valises et m'a permis d'emmener ma poupée. Papa a garé la 203 devant le portail et charge nos valises dans le coffre ainsi que quelques sacs. Nous nous installons dans la voiture pendant que maman fait les dernières recommandations à mémé qui gardera notre maison pendant notre absence. Le voyage peut commencer. Le moteur ronronne et Papa ferme toutes les portières. Nous disons au revoir et nous voilà partis. Dans la voiture, maman nous demande si nous n'avons pas trop chaud et si nous avons soif. Dans quelques heures nous arriverons chez Oncle Fernand qui nous attend dans sa maison de campagne, près de Chartres. Oncle Fernand est le frère de mon Pépé. Il est à la retraite depuis peu. Comme il est veuf, il se retrouve l'été dans sa maison de campagne avec ses deux filles et sa petite fille, Sophie, qui a 10 ans. Sophie est ma cousine, elle est venue quelquefois le dimanche chez mon Pépé et nous avons joué ensemble. Nous arrivons près de Chartres après un voyage de quelques heures. La voiture roule maintenant près des champs de blé. Rien que des champs de blé sur une route de campagne. Dans un tournant, nous voyons Oncle Fernand qui nous fait des signes. C'est ici, au milieu de la verdure que se trouve sa maison. Papa gare la voiture et nous descendons pour aller embrasser toute la famille qui nous attend avec impatience. Dans la cour ombragée, deux grandes tables nous attendent pour le repas du soir. Le vent est léger et l'air est doux. Des guêpes viennent se jeter dans les pièges posés sur de petites tables de jardin. Elles ne viendront plus nous déranger pendant le repas. Le parfum de la maison se dégage des deux portes-fenêtres de la salle à manger devant la terrasse. Des mouches viennent se coller aux rubans insecticides accrochés aux lampadaires dans la maison.

Oncle Fernand nous aide à monter nos bagages dans les chambres. Pour y accéder, nous contournons la maison construite sur un terrain en pente : les portes-fenêtres des chambres sont ouvertes directement sur le jardin. Nous n'avons donc pas besoin de monter par l'escalier intérieur pour nous installer.

Ma cousine Sophie nous montre sa chambre et ses jouets. Elle court avec nous dans le jardin et nous laissons les adultes discuter de choses et d'autres.

Le lendemain, nous partons promener en famille. Oncle Fernand possède une barque. Il nous emmène sur la rivière qui court pas loin de là. Il fait toujours aussi beau et nous sommes heureux de passer de si belles vacances. Chacun notre tour, nous faisons un tour en barque et nous nous laissons aller à découvrir la rivière de l'intérieur.

Dans la journée, nous jouons avec Sophie et nous visitons le jardin derrière la maison : Oncle Fernand y possède quelques pieds de vignes. Dans une grange il a rangé tout son matériel pour le jardin et le bricolage.

J'ai ainsi passé 8 jours merveilleux, dans un endroit si beau que je ne l'oublierai jamais. J'ai eu récemment ma cousine Sophie au téléphone, suite au décès de sa tante.  Il reste dans ma mémoire une petite fille blonde, aux yeux bleus, espiègle, indépendante, assez gâtée car fille unique, mais très agréable.