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mardi, 17 avril 2018

AUJOURD'HUI

Aujourd'hui l'été est là

Demain il s'échappera

Ou peut être jeudi

C'est ce qu'on m'a dit.

Un livre commencé

Histoire racontée.

C'est le moment de tailler

De couper et d'arroser

D'écouter la musique.

Tous les jours je m'applique

A repousser la tristesse

A faire les choses en vitesse

L'étrange solitude

Devient une habitude.

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mercredi, 11 avril 2018

IMAGINEZ

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Imaginez ... un chemin de terre et de cailloux, une rangée d'arbres sauvages sur le côté. Imaginez que vous marchez sur ce chemin en forme d'arc de cercle qui tourne vers la gauche.... Sur le côté droit, un grand carré de terre planté de rangées de vignes... Le silence est presque complet, on n'entend que le bruit des rares voitures, sur la route derrière les grands arbres. L'air est tiède. Le soleil est là, presque arrivé à la ligne d'horizon, à cette heure.

Au bout du chemin on trouve un abri creusé dans un mur de pierres. Deux chaises vous attendent autour d'une table creusée dans la pierre centrale. Autour de cet abri, une banquette en pierre fait le tour de la petite pièce ouverte sur le paysage. C'est ici que viennent s'abriter les randonneurs ou le vigneron quand la pluie se met à tomber.

Vous pouvez poursuivre votre chemin ....

mardi, 03 avril 2018

METEOROLOGIE

Que celui qui veut être traité de menteur fasse les prévisions du temps.

Les savants font les almanachs ; Dieu fait le temps.

Ane qui saute et brait sans fin,

Pluie pour demain.

La carpe saute,

De l'eau sans faute.

Quand le chat se débarbouille

Bientôt le temps se brouille.

Ciel rouge le soir

Laisse bon espoir ;

Ciel rouge le matin

Pluie en chemin.

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jeudi, 22 mars 2018

Quelques citations

VOYAGE :

Qu'est-ce en général qu'un voyageur ? C'est un homme qui s'en va chercher un bout de conversation au bout du monde (Barbey d'Aurevilly).

VIVRE :

La vie et l'amour. Vivre est comme aimer ; toute raison est contre, et tout instinct robuste est pour (Samuel BUTLER).

TRAHISON :

La trahison peut être le fait d'une intelligence supérieure entièrement affranchie des idéologies civiques (Paul LEAUTAUD).

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mercredi, 14 mars 2018

LES GRANDES, LES PETITES

Mes parents ont eu 5 enfants, un garçon et quatre filles.

Quand ils parlaient de leurs filles, mes parents disaient : les grandes, les petites. Certainement que c'était plus rapide que de nous appeler par nos prénoms.

Les grandes dont je faisais partie couchaient dans la même chambre, et les petites dans la chambre bleue. 

Ainsi, mon père ou ma mère disaient : la chambre des petites, la chambre des grandes, il va falloir rhabiller les petites, les grandes vont terminer leurs études, se fiancer, se marier. On peut payer la colonie de vacances aux petites, le chat est passé par la fenêtre de la chambre des grandes pour aller chez la voisine, il faut accompagner les petites à la messe...

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vendredi, 09 mars 2018

SI TU AIMES LA PLUIE

Si tu aimes la pluie

Alors tu aimes Mars

Tout au fond de ton puits

Tu crois à une farce

Des pluies abondantes

Et la peur te hante

De voir tant de flaques

Tu deviens patraque

Les nuages cèdent

Le soleil remède

Te couvre de bonté

Finie l'austérité.

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dimanche, 04 mars 2018

DEUX AVIS sur mon livre paru au mois d'octobre (QUELQUE PART UN HERITAGE)

Le commentaire de F. S. sur mon livre, QUELQUE PART UN HERITAGE, paru fin octobre 2017 :

"J'ai toujours apprécié tes publications, blogs, poèmes et recueils de poèmes, livres. Mais là je me suis trouvée en présence d'un bel ouvrage - 222 pages - un beau travail.

Et j'ai immédiatement été séduite, avec l'envie de retrouver vite la suite de l'histoire, dès que j'avais reposé le livre.

C'est un livre très bien écrit, il place sur plusieurs décennies une famille dans un contexte historique. Il m'a fait penser à ZOLA ! à cette différence près que si tu avais délayé autant que ZOLA ton livre ferait 800 pages. On retrouve avec plaisir la famille, sa vie, avec une très bonne peinture des moeurs de l'époque. Et on est content des "pointages" historiques que tu fais régulièrement et qui sont bien utiles pour moi".

Ensuite, le commentaire de C. H. :

"Ton livre fait référence aux années que je considère comme celles les plus sombres de notre Histoire, laissant derrière une misère incommensurable. Ton livre tel qu'il est écrit, par les faits décrits avec une telle précision, me font penser que l'histoire vécue par chaque famille distincte ou successive est réelle, que cette histoire a été écrite au fur et à mesure qu'elle se passait. Même si celle-ci a eu lieu dans une région que l'on connaît tous deux assez bien, car elle aurait pu aussi avoir lieu dans d'autres villages que Bapaume ou Cambrai. Une fois de plus je te félicite pour ce bel ouvrage".

Merci infiniment à tous les deux.

Mon livre est toujours en vente sur le site THEBOOKEDITION (n'hésitez pas à le commander) :

https://www.thebookedition.com/fr/quelque-part-un-heritag...

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vendredi, 23 février 2018

PARTIR (Roland Dorgelès de l'Académie Goncourt)

Depuis un instant, les machines se sont mises à ronfler et le paquebot tremble de toute sa carcasse. Prévenus par la cloche, visiteurs et parents viennent de quitter le bord, et le pont soudain paraît vide, tous les passagers penchés à la rambarde. Sur le quai, qu'on domine ainsi que d'un cinquième étage, la foule s'épaissit. Des inconnus, la tête renversée, échangent les suprêmes paroles avec ceux de là-haut, pauvres mots inutiles où l'on met tout son coeur. Des Italiens, deux mandolines et un violon, installés là comme au coin d'une rue, jouent de leurs airs napolitains, et tout cela rend le départ plus déchirant encore.

Enfin la cloche retentit une dernière fois, de l'avant à l'arrière. Des chaînes grincent. La sirène pousse un cri... Cette fois, c'est fini : nous levons l'ancre.

On ne sent rien, pas une oscillation, pas une secousse, et c'est seulement à la clameur jaillie de la jetée que j'ai compris que nous étions partis. Aussitôt debout, le coeur battant, j'ai couru à tribord.Tout le navire s'écrasait contre le bastingage, passagers et gens d'équipage. On joue du coude, on tend le cou...

Le paquebot aussi hésite à s'en aller. Il glisse lentement le long du quai, comme à regret. La foule d'en bas et celle d'en haut s'écartent peu à peu, avec effort, ainsi qu'une étoffe qu'on déchire ; bientôt il n'y a plus que les cris qui retiennent les deux morceaux. Des têtes à tous les sabords, des mouchoirs à tous les hublots....

https://www.franceculture.fr/personne-roland-dorgeles

 

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mardi, 13 février 2018

Jules RENARD : ET CES PAVES DE SAVON

Ne réservez pas à ma vieillesse un château, mais faites-moi la grâce de me garder, comme dernier refuge, cette cuisine avec sa marmite toujours en l'air, avec la crémaillère aux dents diaboliques, la lanterne d'écurie et le moulin à café, le litre de pétrole, la boite de chicorée extra et les allumettes de contrebande, avec la lune en papier jaune qui bouche le trou du tuyau de poêle, et les coquilles d'oeufs dans la cendre, et les chenets au front luisant, au nez aplati, et le soufflet qui écarte ses jambes raides et dont le ventre fait de gros plis, avec ce chien à droite et ce chat à gauche de la cheminée, tous deux vivants peut être, et le fourneau d'où filent des étoiles de braise, et la porte au coin rongé par les souris, et la passoire grêlée, la bouillotte bavarde et le gril haut sur pattes comme un basset, et le carreau cassé de l'unique fenêtre dont la vue se paierait cher à Paris, et ces pavés de savon... et cette demi-douzaine de fers à repasser, à genoux sur leur planche, par rang de taille, comme des religieuses qui prient, voilées de noir et les mains jointes.

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lundi, 05 février 2018

LA DEROBADE (Jeanne CORDELIER) Extrait

L'homme est prêt avant vous. Vous êtes maintenant seule dans la chambre ; sur la table, il y a quinze sacs, dix ou cinq, c'est la même chose. Vous les fourrez rapidement dans votre sac avec la hâte de vous retrouver dehors. Vous franchissez le seuil de l'hôtel comme une voleuse en regardant à droite et à gauche de la porte. De l'air ! Vous avez besoin d'air. Pour vous donner du courage, vous palpez sans les regarder les billets : quinze sacs, dix ou cinq, c'est de l'argent. Vous commencez à faire des projets...

Mon premier client s'appelait Jacques. Il ressemblait à Jean Sablon. Je l'avais suivi dans un hôtel de la rue Daunou. Et là tout s'était passé exactement comme ça. Et si j'ai l'heureuse faculté d'oublier les mauvais souvenirs, je n'ai jamais réussi tout à fait à oublier celui-là....

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