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mercredi, 14 novembre 2018

RECONCILIATION

Les réconciliations ont un intérêt tout spécial et qu'il faut savoir apprécier. Ce sont des rechutes légères, dont on revient complètement guéri (Henry BECQUE).

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La réconciliation avec nos ennemis n'est qu'un désir de rendre notre condition meilleure, une lassitude de guerre, et une crainte de quelque mauvais événement (LA ROCHEFOUCAULD).

Un homme que je sais se réconcilia avec son ennemi, quand celui-ci fut proche de mourir, pour avoir ses entrées à son lit de mort et pouvoir jouir de son agonie (Henry de MONTHERLANT).

 

samedi, 03 novembre 2018

L'OISEAU BAGUE (Jean GIONO)

Quand on attend violemment quelque chose, toujours, toujours, il faut être très équilibré pour ne pas devenir fou, et, à la fin, prendre en soi-même la force de ne plus attendre.

L'oiseau bagué GIONO.jpg

vendredi, 26 octobre 2018

MYSTERE

Les mystères s'expliquent moins par eux-mêmes qu'en expliquant tout le reste, comme une lampe s'explique moins par sa mèche que par sa lumière (Paul Claudel).

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Le mystère est une position trop favorable pour qu'un esprit bien élevé s'y maintienne (Jean Cocteau).

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mercredi, 17 octobre 2018

PETITES FLEURS

Des petites fleurs

Qui font du bien

Dans le jardin

Avant la pluie

Que l'on regarde

Après la pluie

Pour se faire du bien.

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lundi, 15 octobre 2018

L'AVERTISSEUR (Les Fleurs du Mal - Charles BAUDELAIRE)

Tout homme digne de ce nom

A dans le coeur un Serpent jaune,

Installé comme sur un trône,

Qui, s'il dit : "Je veux !" répond : "Non !"

Plonge tes yeux dans les yeux fixes

Des Satyresses ou des Nixes,

La Dent dit : "Pense à ton devoir !"

Fais des enfants, plante des arbres,

Polis des vers, sculpte des marbres,

La Dent dit : "Vivras-tu ce soir ?"

Quoi qu'il ébauche ou qu'il espère

L'homme ne vit pas un moment

Sans subir l'avertissement

De l'insupportable Vipère.

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mercredi, 26 septembre 2018

LES CONTES DU CHAT PERCHE, MARCEL AYME, Contes pour les enfants de quatre à soixante quinze ans

Je relis Les contes du chat perché de Marcel Aymé, ce sont des contes, comme le dit l'auteur, pour les enfants de 4 à 75 ans...

Voici un extrait du chapitre Les Boeufs.

"Delphine soupirait : 

- Dire que nous avons deux mois de vacances, deux mois qui pourraient être si utilement employés. Mais quoi ? Il n'y a personne.

Dans l'étable de leurs parents, il y avait deux boeufs de la même taille et du même âge, l'un tacheté de roux, l'autre blanc et sans tache. Les boeufs sont comme les souliers, ils vont presque toujours par deux. C'est pourquoi l'on dit "une paire de boeufs". Marinette alla d'abord au boeuf roux et lui dit en lui caressant le front : 

- Boeuf, est-ce que tu ne veux pas apprendre à lire ?

D'abord, le grand boeuf roux ne répondit pas. Il croyait que c'était pour rire.

- L'instruction est une belle chose ! appuya Delphine. Il n'y a rien de plus agréable, tu verras, quand tu sauras lire.

Le grand roux rumina encore un moment avant de répondre, mais au fond, il avait déjà son opinion.

- Apprendre à lire, pour quoi faire ? Est-ce que la charrue en sera moins lourde à tirer ? Est-ce que j'aurai davantage à manger ? Certainement non. Je me fatiguerais donc sans résultat ? Merci bien, je ne suis pas si bête que vous croyez, petites. Non, je n'apprendrai pas à lire, ma foi non.

- Voyons, boeuf, protesta Delphine, tu ne parles pas raisonnablement, et tu ne penses pas à ce que tu perds? Réfléchis un peu.

- C'est tout réfléchi, mes belles, je refuse. Ah ! si encore il s'agissait d'apprendre à jouer, je ne dis pas.

Marinette, qui était un peu plus blonde que sa soeur, mais plus vive aussi, déclara que c'était tant pis pour lui, qu'on allait le laisser à son ignorance et qu'il resterait toute sa vie un mauvais boeuf".

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dimanche, 23 septembre 2018

Paul GERALDY : TRISTESSE (extrait du livre TOI ET MOI)

Ton Passé !... Car tu as un Passé, toi aussi !

Un grand Passé, plein de bonheurs et plein de peines.

Dire que cette tête est pleine

De vieilles joies, de vieux soucis,

D'ombres immenses ou petites,

De mille visions où je ne suis pour rien !

Redis-les-moi toutes ces choses cent fois dites.

Tes souvenirs, je ne les sais pas encor bien.

Ah ! derrière tes yeux, cette nuit, ce mystère !

Ainsi c'est vrai qu'il fut un temps où quelque part

Tu gambadais dans la lumière

Avec de longs cheveux épars,

Comme sur ces photographies !

Raconte-moi. C'est vrai ? C'est vrai ?

Tu fus pareille à ce portrait

Où tu n'es même pas jolie ?

Explique. En ce temps-là, qu'est-ce que tu faisais ?

Qu'est-ce que tu pensais ? Qu'est-ce que tu disais ?

Que se passait-il dans ta vie ?

Ce grand jardin a existé, qu'on aperçoit ?

De quel côté était la grille ?

Es-tu sûre que ce soit toi

Cette affreuse petite fille ?

Ce chapeau démodé, ce chapeau d'autrefois,

Fut ton chapeau ? Tu es bien sûre ?

Et toutes ces vieilles figures,

Ce sont les gens qui te connurent

Avant moi ?

C'est à ces gens que tu dois ton premier voyage,

Ta première nuit dans un train,

Ta première forêt, et ta première plage ?

C'est eux qui t'ont donné la main,

Et qui t'ont prêté leur épaule,

Et qui t'ont dit : "Regarde là ?..."

Hélas ! pourquoi tous ces gens là

Ne m'ont-ils pas laissé un rôle ?

J'aurais tant aimé t'emporter

Loin, toute seule, et t'inventer

De merveilleux itinéraires !

Je t'aurais révélé les soirs et les étés,

Appris le goût des longues routes solitaires,

Et dit les noms des beaux villages aperçus.

Je t'aurais présenté la Terre.

Je crois que j'aurais très bien su.

Et de tant d'horizons splendides,

De tant de villes, de pays,

Peut être aurait-il rejailli

Un peu de gloire sur le guide...

Ah ! tous ces gens, petit chéri,

Savent-ils bien ce qu'ils m'ont pris ?

C'est fini. L'on n'y peut rien faire.

C'est l'irréparable. Voilà.

Et cependant tous ces gens là

Ont l'air de gens très ordinaires.

Sois certaine qu'entre nous deux,

Si nous sentons aussi souvent des différences,

Ce n'est qu'à cause d'eux, oui, d'eux,

Qui, sous prétexte de vacances,

Te menèrent de-ci, de-là,

Et mirent leur empreinte, avant moi, sur ta vie...

Ne pensons plus à tout cela.

Range-moi ces photographies.

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lundi, 10 septembre 2018

CITATIONS

JALOUSIE.

Un amour qui a passé par la jalousie est comme un joli visage qui a passé par la petite vérole : il est toujours un peu grêlé (Paul BOURGET).

https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Bourget

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La jalousie, passion éminemment crédule, soupçonneuse, est celle où la fantaisie a le plus d'action ; mais elle ne donne pas d'esprit, elle en ôte (Honoré de BALZAC).

La jalousie voit tout, excepté ce qui est (Xavier FOURNERET).

La jalousie d'autrui a du moins cet avantage parfois de nous faire découvrir notre propre bonheur (Charles REGISMANSET).

https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_R%C3%A9gismanset

 

lundi, 27 août 2018

VINGT-QUATRE HEURES DE LA VIE D'UNE FEMME de Stefan Zweig (extrait)

"... ce soir là, étant entrée au Casino, après être passée devant deux tables plus qu'encombrées et m'être approchée d'une troisième, au moment où je préparais déjà quelques pièces d'or, j'entendis avec surprise, à cet instant de pause entièrement muette, pleine de tension et dans laquelle le silence semble vibrer, qui se produit toujours lorsque la boule déjà prête à s'immobiliser n'oscille plus qu'entre deux numéros - j'entendis, dis-je, tout en face de moi un bruit singulier, un craquement et un claquement comme provenant d'articulations qui se brisent. Malgré moi, je regardais étonnée de l'autre côté du tapis"...

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RESUME : 

Au début du siècle, une petite pension sur la Côte d'Azur, ou plutôt sur la Riviera, comme on disait alors. Grand émoi chez les clients de l'établissement : la femme d'un des pensionnaires, Mme Henriette, est partie avec un jeune homme qui pourtant n'avait séjourné là qu'une journée.

Seul le narrateur prend la défense de cette créature sans moralité. Et il ne trouvera comme alliée qu'une vieille dame anglaise, sèche et distinguée. C'est elle qui, au cours d'une longue conversation, lui expliquera quels feux mal éteints cette aventure a ranimés chez elle.

 

STEFAN ZWEIG est né à Vienne (Autriche) en 1881. Il s'est essayé dans les genres littéraires les plus divers : poésie, théâtre, traductions, biographies romancées et critiques littéraires. Mais ce sont ses nouvelles brèves qui l'ont rendu célèbre dans le monde entier. Citons La Confusion des sentiments, Amok, Le Joueur d'échecs. Profondément marqué par la montée et les victoires du nazisme, Stefan Sweig a émigré au Brésil. Il s'est suicidé en même temps que sa seconde femme à Prétropolis le 22 février 1942.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Stefan_Zweig

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vendredi, 17 août 2018

LE PASSE RESSUSCITE de Franz Werfel (Extrait)

Franz Werfel est né à Prague en 1890. Poète lyrique, dramaturge, romancier, ses oeuvres les plus célèbres sont Les quarante jours de Musa Dagh, Saint Paul parmi les Juifs, Ce n'est pas l'assassin mais la victime qui est coupable. Avec sa femme, Alma Mahler, il réussit en 1940 à fuir via la France, avant de se réfugier aux Etats Unis. Il est mort en Californie en 1945.

"Lorsque Sebastian entra dans la salle réservée du restaurant Adria, la plupart des invités au jubilé étaient déjà réunis. De mains en mains circulait la photographie d'un groupe de jeunes gens massés en pyramide tronquée ; une inscription signalait que ces jeunes gens accroupis, assis, ou debout sur trois rangs, étaient des bacheliers de l'année 1902, du lycée impérial et royal de Saint Nicolas".

RESUME : tous bacheliers de l'année 1902, quinze anciens élèves du lycée Saint Nicolas se sont réunis pour une soirée d'anniversaire. Dans leur petite ville de province autrichienne, ils sont médecins, professeurs, fonctionnaires... installés dans une existence plutôt morne et sans surprise. Que sont-ils devenus, les adolescents de jadis qui écrivaient des vers, montaient des pièces de théâtre, découvraient l'amour ? Le plus brillant d'entre eux était Franz Adler, sans conteste un des meilleurs élèves de la classe, original, étrange, celui qui dérangeait. Pourquoi ? Pourquoi devenait-il à tout propos le souffre-douleur de ses condisciples ? Et pourquoi tant d'années après, sont-ils unanimement prêts à le reconnaître sous les traits d'un assassin présumé ? Est-ce parce qu'il est juif qu'ils n'ont jamais pu supporter sa supériorité - comme en une seule phrase douloureuse, le laisse sous-entendre Franz Werfel ? Sur fond d'un monde en turbulence qu'allait bientôt submerger la tragédie que l'on sait, Le Passé Ressuscité est un superbe roman de l'inquiète adolescence. On retrouve, chez Franz Werfel, un des chefs de file du mouvement expressionniste autrichien, à la fois le tragique de Kafka, l'harmonie de Hofmannsthal, la cruauté de Schnitzler, au milieu d'un jeu de couleurs variées et de musiques voluptueuses.

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