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dimanche, 29 octobre 2006

UN POETE ET CHANTEUR CANADIEN

Gilles VIGNEAULT est né en 1928 à NATASHQUAN au Nord du QUEBEC, dans un village de pêcheurs isolé.

Il écrit des poèmes pendant ses années collège et fonde une revue de poésie pendant ses années d'études de lettres à l'Université LAVAL de QUEBEC.

Il fait aussi du théatre.

En 1959, il enregistre ses premières chansons "à personnages", un hommage à des gens "vrais".

En août 1960, il se produit pour la première fois en public sur la scène de la Boîte à Chanson au QUEBEC.

En février 1962, il enregistre son premier album, "Gilles VIGNEAULT" qui remporte le Grand Prix du disque canadien avec des titres comme "Jack Monoly" ou "La danse de Saint Dilon". En 1965, il écrit "Mon pays" pour le film "il a neigé sur la Manicouagan" d'Arthur LAMOTHE. La chanson remporte de nombreux prix et devient pendant un temps l'hymne des indépendantistes québécois ardemment soutenus par Gilles Vigneault. Son militantisme ne l'empêche pas de parcourir le monde : en 1969 il était à l'Olympia à Paris. En août 1974, il se produit devant 100 000 personnes au Québec avec Robert CHARLEBOIS et Félix LECLERC. En 1977, il était à Bobino pour 50 spectacles.

Il produit environ un album par an jusqu'à la fin des années 1980.

Parallèlement, il publie des recueils de poésies, des contes, écrit des spectacles notamment pour les enfants; écrit des textes pour d'autres interprètes, écrit pour le cinéma quand il n'est pas lui même l'objet de films (Miroir de Gilles Vigneault, en 1972) ou de livres (Gilles Vigneault le poète qui danse - de Jean Paul Sermonte en 1991).

Gilles Vigneault collectionne les prix et les décorations.

UN POEME DE GILLES VIGNEAULT

J'AI POUR TOI UN LAC (1962)

 

J'ai pour toi un lac quelquepart au monde

Un beau lac tout bleu

Comme un oeil ouvert sur la nuit profonde

Un cristal frileux

Qui tremble à ton nom comme tremble feuille

A brise d'automne et chanson d'hiver

S'y mire le temps, s'y meurent et s'y cueillent

Mes jours à l'endroit, mes nuits à l'envers

 

J'ai pour toi, très loin

Une promenade sur un sable doux

Des milliers de pas sans bruits, sans parade

Vers on ne sait où

Et les doigts du vent des saisons entières

Y ont dessiné comme sur nos fronts

Les vagues du jour fendues des croisières

Des beaux naufrages que nous y feront

 

J'ai pour toi défait

Mais refait sans cesse les mille châteaux

D'un nuage ami qui pour ma princesse

Se ferait bateau

Se ferait pommier, se ferait couronne

Se ferait panier plein de fruits vermeils

Et moi je serai celui qui te donne

La terre et la lune avec le soleil

J'ai pour toi l'amour quelquepart au monde

Ne le laisse pas se perdre à la ronde.

22:30 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : Culture, musique

vendredi, 27 octobre 2006

A L'ECOLE MATERNELLE

De mes années passées à l'école maternelle, il me reste peu de souvenirs.

Ce dont je me souviens c'est que je n'ai pas pleuré le premier jour.

Les maîtresses que j'ai eues étaient très sympathiques, très gentilles.

J'ai très peu de souvenirs de la première année de maternelle. Je me revois, avec mes petites camarades, essayer de dessiner, de recopier ce que la maîtresse avait écrit. Nous faisions des collages de papiers de couleurs, nous chantions et la maîtresse nous initiait à la musique avec des tambourins que nous frappions du poing.

J'ai plus de souvenirs de la dernière année car la maîtresse avait décoré la salle de classe avec : des filets de pêche, des étoiles de mer, des photos de bateaux, de mer, de coquillages, de sable, d'algues.

Et surtout, elle nous avait appris à chanter une chanson de Charles TRENET : LA MER !

Elle nous faisait écouter la chanson puis nous apprenait les paroles.

Je ne sais plus si c'était le disque de TRENET qui passait sur son électrophone (chaine HIFI de l'époque). Comme j'aimais chanter, ces moments là étaient les plus marquants pour moi.

A la fin de l'année scolaire, nous avons chanté devant nos papa et maman et nous avons été chaleureusement applaudis.

Je me souviens également de l'odeur de la peinture. Chaque enfant avait une poterie à décorer. La maîtresse nous avait donné un pot à peindre sur lequel elle avait fait des dessins. A nous de peindre le pot et le laisser sécher toute une journée. Le lendemain ou le jour suivant, nous devions y ajouter les motifs avec une peinture d'une autre couleur.

J'ai gardé ce pot et il se trouve actuellement dans ma cuisine, comme souvenir. Bien sûr, il est abimé mais c'est merveilleux de savoir que je l'ai peint quand j'avais 5 ans. Il est rose et les dessins représentent des bateaux verts à voiles blanches.

Je me souviens du cadeau que j'ai reçu au moment du Noël de l'école : une dinette en métal ! J'ai ramené ce cadeau à la maison toute fière...toute heureuse !

Comme l'école était mixte, les filles avaient des petits amoureux, ou fiancés, et les garçons aussi.

Je me souviens être rentrée un soir de l'école en disant à ma mère :"je veux un petit frère qui s'appelle Pascal M...."

Ma mère s'est mise à rire et a compris que j'étais amoureuse de ce petit garçon que je trouvais très beau. Il avait les cheveux blonds et les yeux bleus... Je ne sais pas ce qu'il est devenu ensuite car l'école primaire, à partir de 6 ans, n'était plus mixte. Je crois savoir qu'il avait quitté la ville quelques années après avec ses parents. Mais je ne m'intéressais déjà plus à lui.

mardi, 24 octobre 2006

LA "FIN'AMOR"

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Au XIIe siècle naît en Languedoc, Auvergne, Limousin et Provence le grand élan de l'amour courtois. Avec sa conception très originale de la relation amoureuse, la "fin'amor".

Dans l'opulence des grandes cours du Midi d'un XIIe siècle inspiré, des poètes-chanteurs vont se mettre au service d'un nouvel ordre amoureux : la "fin'amor".

Amour raffiné, amour quête d'absolu, à jamais insatisfait puisqu'il exclut l'acte charnel.

La poésie du trobar, poésie libre, se déclame et se chante, s'organise en école, au rythme d'une étonnante mutation sociale. Les inventeurs -trobadors- vont propager leurs idées dans toute l'Europe à travers leurs interprètes, les joglars, et investir tous les domaines. Ils chantent leur Dame, mais critiquent aussi les rois, fustigent l'Inquisition. Ce grand vent libertaire donne naissance - et ce n'est pas le moindre de ses mérites - à une vision nouvelle de la femme, en rupture avec le passé : la chair impure, la peur de la féminité s'estompent pour quelques siècles. Sous l'influence de cette éducation sentimentale, la tentatrice, l'Eve fatale, la femme objet sexuel est transcendée : elle devient maîtresse raffinée. La Domna, la Dame de noble lignée, se fait inspiratrice, muse. Le projet de l'amour courtois est lumineux : "Plaire aux dames et les conquérir avec des mots, inventer les vers de la séduction avec les sous-entendus les plus imagés". (Gérard Zuccheto)

La fin'amor - c'est là que s'épanouit son chant lyrique, en partie influencé par l'ambiance cathare - se veut sublimation du désir, inachèvement de la conquête, idéalisation de l'amour charnel. L'amor, c'est l'éros supérieur qui transcende et élève l'âme. Il suppose chasteté. Ce "jeu subtil avec le désir contrarié" (Pierre Bec) s'appuie sur les leys d'amor, lois d'amour parfaitement codifiées qui reposent sur la joi (extase, allégresse, bonheur, jouissance), la cortezia (qui consiste à courtiser, honorer, se montrer gracieux) et la mezura (mesure, longue patience, ce qui purifie le désir).

Pudeur des sentiments certes, mais crudité des termes qui ne choquent pas dans une époque dénuée de puritarisme bourgeois : "jamais par amour du con/ Je n'ai demandé son amour à ma Dame/ Mais bien pour sa fraîche couleur/ Et sa bouche souriante/ Car je trouverais assez de cons/ Auprès de bien des femmes si je leur demandais/ C'est pourquoi je préfère la bouche que je baise souvent/ Au conin qui tue le désir..." poétise Raimont Rigaut.

medium_harpiste.jpgPour les amants courtois, l'amour est-il dans la joi du désir plutôt que dans la joi de l'assouvissement ? Qu'à cela ne tienne, la Dame va mettre son amant à l'épreuve d'un rite suprêmement tentateur, l'asag, pour éprouver la loyauté de son amour. Selon René Nelli, dans cette "cérémonie conforme à l'usage", l'amante va le convier à son bain ou l'inviter à s'étendre nu après d'elle. Rappelons qu'au Moyen Age le nu en soi n'est pas impudique, et bien connu est l'aspect convivial du bain privé. Dans l'asag, le bain donne accès au corps de la Dame tant désirée, qui devient objet de rêve érotique. C'est aussi un lieu de rendez-vous amoureux dont on trouve trace dans "Flamenca", le plus beau roman d'amour occitan du XIIe siècle. "Puisse-t-elle de corps non d'âme/ Me recevoir en secret dans sa chambre" rêve le troubadour Arnaut Daniel. Mais l'amant devra se suffire de reposer sur "le coussin (de ma poitrine) et de recevoir un bais amoros (baiser d'amour), s'enflamme la charmante contesse de Die, "pourvu seulement que vous me promettiez d'abord par serment de ne faire que ce que je voudrai". Des échanges sensuels, oui, mais toujours continents.

Si, dans cette épreuve, l' "union des coeurs" triomphe de celle des corps, l'amant, "mis au rand de preux", reçoit en gage d'amour un anneau d'or. Cette union sacrée se révèle indissoluble, la Dame règne sur son coeur et sur son âme. Le poète lui jure une éternelle fidélité, en vassal amoureux. La joi des troubadours ne dura, selon l'expression fleurie des Languedociens, que "le temps d'un déjeuner au soleil". A la fin du XIIIè siècle, l'Eglise rejetait la doctrine de l'amour courtois, selon elle incompatible avec le christianisme. Mais ce qu'elle voulut proscrire parce qu'elle lui échappait, c'est toute la subtilité d'un attachement à la fois affectif, érotique et spirituel, là ou l'Eglise ne reconnut jamais que le dichotomique désordre libertin/ordre conjugal.

Florence Quentin (Diplômée d'égyptologie. Journaliste et écrivain, elle a participé au recueil "Egyptes, de l'Ancien Empire à nos jours" - Maisonneuve et Larose, 1997)

23:05 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : Culture, amour

lundi, 23 octobre 2006

EN VELO AVEC MON PAPA

Mon papa s'apprête à partir travailler. Il y va en vélo car c'est à l'autre bout de la ville. Pour faire plaisir à sa maman et comme je suis trop petite pour aller à l'école, il me prend avec lui. Il m'assied sur le siège attaché au porte bagage. Cela permet de soulager maman qui a beaucoup de travail avec ma petite soeur.

Et nous voilà partis après le repas de midi. Je m'accorche fort à son manteau car j'ai un peu peur. Je ne vois pas la rue qui défile devant moi. Je regarde les maisons qui défilent sur le côté. Arrivé au portail en fer de l'usine, il me laisse sur le vélo et descend pour ouvrir. Derrière le portail, il y a à droite la maison de mon grand père et de ma grand mère. A gauche, ce sont les bâtiments de l'usine puis les bureaux. Au fond de la cour se trouvent aussi des bâtiments où les ouvriers travaillent. Au fond à droite, se dressent de vieux bâtiments qui servent de garage et une grange en bois, comme dans les films de cow-boys, où l'on stocke des cartons.

Mon grand père est déjà au bureau, il travaille comme comptable avec d'autres personnes. Je peux le voir car il a son bureau près de la fenêtre qui donne sur la cour de l'usine. Il me fait signe bonjour. Le dimanche, il m'emmène voir son bureau quand il n'y a personne. Mon papa me dépose chez sa maman qui m'embrasse très fort et mon papa s'en va. Je l'aide à ranger sa cuisine comme je peux. Elle me lit une histoire. Je dessine sur du vieux papier avec des vieux crayons de couleurs. Nous allons ensuite ramasser les oeufs que les poules ont laissé un peu partout : dans la paille de la réserve à charbon, dans certains coins du jardin. Il faut bien regarder et surtout ne pas les laisser tomber. Je m'amuse aussi quelquefois avec les poules qui s'échappent dès que je veux les toucher. Mais j'ai l'habitude. Ensuite, ma grand mère me donne un biscuit pour le gouter car l'air de la campagne ça creuse. Elle m'emmène dans le jardin potager car il faut penser au repas du soir. J'y vois des salades, des poireaux et d'autres légumes ainsi que quelques fleurs.

Quand mon papa a fini sa journée de travail, il rentre avec mon grand-père qui m'embrasse et nous buvons un verre de jus de fruit pour moi et du café pour mes grands-parents et mon papa. Ils parlent de choses que je ne comprends pas.

Il est l'heure de rentrer pour retrouver mon frère et ma soeur qui sont déjà revenus de l'école. Je fais la route en sens inverse ce qui me permet de voir les maisons de l'autre côté de la rue. J'aime avoir les cheveux dans le vent, même s'il fait quelquefois très froid. Mais je suis bien couverte. L'après-midi s'est bien passée et je suis contente de revenir à ma maison. La table est déjà mise et je sens l'odeur de la soupe dès que j'arrive. Bon appétit.