vendredi, 07 juillet 2006
Narciso YEPES
Né à Lorca, province de Murcie, le 14 novembre 1927, le petit Narciso reçu sa première guitare, achetée dans une foire, à l'âge de 4 ans.
Deux ans plus tard, voyant l'enfant pleurer en écoutant un disque de musique classique, son père décide de l'inscrire à des cours de solfège, puis de piano et de guitare. En 1940, il entre au Conservatoire de Valence et suit des cours d'harmonie et de composition.
C'est à 16 ans qu'il fait une rencontre déterminante : celle du pianiste et compositeur, Vicente ASENCIO. Celui-ci exige de son élève qu'il exécute avec la guitare des gammes aussi rapides et détachées que celles qu'il obtient au piano. Narciso YEPES développe alors des techniques personnelles de gamme, utilisant tous les doigts de la main droite, sauf l'auriculaire, et, capable enfin de jouer ses gammes "prestissimo", il retourne chez son professeur. ASENCIO aura alors de nouvelles exigences que Narciso réussira toujours à satisfaire au grand bénéfice de l'évolution des techniques guitaristiques. En 1946, Narciso YEPES s'installe à MADRID sur les conseils d'Ataulfo ARGENTA, directeur de l'Orchestre National espagnol. L'année suivante, pour son premier concert, il donne avec le même chef d'orchestre, le Concerto de Aranjuez (dont il gravera la permière version enregistrée en 1955).
Ce premier triomphe ouvre à Narciso YEPES une carrière internationale : première tournée européenne, débutant à GENEVE, en 1948 ; premier concert à PARIS, salle Gaveau en 1950.
Dès lors, Narciso YEPES donne en moyenne plus de cent concerts par an dont un très grand nombre, ce qui n'est pas si courant pour un guitariste, avec des chefs d'orchestre de la stature d'Igor Markevitch.
Narciso YEPES obtient un grand succès populaire avec la composition et l'enregistrement en 1952 de la musique d'un film de René Clément, Jeux Interdits.
Cette carrière prestigieuse n'empêche pas Narciso YEPES de consacrer une partie de son temps à la recherche musicale.
Le résultat le plus important en est certainement la mise au point, en 1964, d'une guitare à dix cordes, dont les deux premiers modèles furent construits par José Ramirez et Ignacio Fleta.
C'est bien grâce à Narciso YEPES que la guitare à dix cordes n'est plus une simple curiosité mais un instrument à part entière qui possède maintenant sa propre littérature (en particulier les très belles oeuvres de Maurice OHANA).
L'adjonction de 4 cordes graves donne un plus grand équilibre sonore, chacun des douze sons de la gamme chromatique possédant une résonnance par sympathie sur une corde à vide. Surtout, le nouvel instrument a permis à YEPES d'exhumer et
de jouer sans transcription un très grand nombre d'oeuvres pour le luth, la vihuela ou la guitare baroque. Cest aussi à Narciso YEPES que nous devons le premier enregistrement intégral des 24 études de Fernando SOR (1967).
Mais son travail en faveur de la musique ancienne ne détourne pas pour autant Narciso YEPES de la musique contemporaine : il a créé les oeuvres que de nombreux compositeurs actuels, tels OHANA, MORENO, TORROBA, BACARISSE, HALFFTER, RUIZ PIPO, MADERNA, BALADA ... lui ont dédiées ou ont écrites pour lui.
Ajoutons que le maître a dirigé quelques cours d'interprétation à MADRID et à CHAMONIX.
Narciso YEPES avait d'autres passions : les échecs, la natation, le yoga, la composition musicale mais aussi la littérature.
Il est décédé le 3 mai 1997 en Espagne.
22:25 Publié dans guitare | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : culture, musique, guitare
jeudi, 06 juillet 2006
DOUCEUR
Eugène GUILLEVIC (1907-1997), poète d'un lyrisme concis qui s'applique, en vrai matérialiste, à "tout rendre concret, palpable", est l'auteur de nombreux recueils dont Exécutoire (1947), Carnac (1961), Sphère (1963), Ville (1971), Inclus (1973).
Voici un de ses poèmes :
Douceur,
Je dis : douceur.
Je dis : douceur des mots
Quand tu rentres le soir du travail harassant
Et que des mots t'accueillent
Qui te donnent du temps.
Car on tue dans le monde
Et tout massacre nous veillit.
Je dis : douceur,
Pensant aussi
A des feuilles en voie de sortir du bourgeon,
A des cieux, à de l'eau dans les journées d'été,
A des poignées de main.
Je dis : douceur, pensant aux heures d'amitié,
A des moments qui disent
Le temps de la douceur venant pour tout de bon,
Cet air tout neuf,
Qui pour durer s'installera.
14:40 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Poésie
lundi, 03 juillet 2006
LA FAMILLE
Les recherches et expériences cliniques des thérapeutes de famille montrent combien la famille continue à exercer une influence déterminante dans la vie de chaque personne lors de chaque étape du cycle de vie.
La façon de communiquer en famille imprègne en profondeur le fonctionnement psychique de chacun de ses membres et constitue un type spécifique d'apprentissage.
Dans chaque famille, la distribution des dettes et des mérites entre les membres est inscrite dans le Grand Livre Invisible qui définit la position de redevance ou d'exigence de chacun par rapport aux autres. L'un aura pour mandat de rater sa vie amoureuse, familiale ou affective, un autre devra accumuler toutes les maladies graves, ou subir les rechutes indéfinies de la même maladie parce que son père est devenu un assisté précoce de la société et parce qu'il est hors de question de lui infliger le spectable d'un fils qui réussit.
Selon qu'un enfant doit "éponger la dette" de son père ou de sa mère envers la génération précédente, son destin pourra être jalonné de maux, malheurs, accidents en chaîne, altérations répétées de la santé mentale ou psychique et cela parce que sa vie entière est dictée par les attentes claires ou cachées de ses ascendants".
Gérard SALEM - Maître d'enseignement et de recherches FMH Psychiatrie et psychothérapie Lausanne)
11:43 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : psychologie, psychiatrie, débats de société









